Septembre
2022

sommairE

ENJEUX

NUMéRIQUES

L’agriculture numérique
Numéro complet
Ce numéro a été coordonné par
Isabelle PIOT-LEPETIT et Véronique BELLON-MAUREL

N° 19

Introduction

Par Isabelle PIOT-LEPETIT
INRAE - UMR MoISA, #DigitAg

et Véronique BELLON-MAUREL
INRAE UMR ITAP, #DigitAg

Mieux produire : vers une agro-écologie numérique ?

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.

How can precision livestock farming contribute to the principles of agroecology?

By Ludovic BROSSARD
PEGASE, INRAE, Institut Agro, F-35590, Saint Gilles, France

and Clément ALLAIN
Institut de l’Elevage, Monvoisin 35650 Le Rheu, France

and Jean-Baptiste MENASSOL
SELMET, L’Institut Agro Montpellier, CIRAD, INRAE, Univ Montpellier, F-34000 Montpellier, France

Livestock farming systems are facing major currents of transitions with growing consideration for agroecology, “One Health and One Welfare” concepts, and increasing integration of digital technologies and sciences. Precision livestock farming technologies can contribute to the pillars of agroecology, for instance through precision feeding to reduce the inputs required for production; sensors and automata can also help to adopt management practices to improve global health and welfare of animals and farmers. Furthermore, digital technologies can help maintain or promote agroecological livestock farming systems through solutions that monitor animals, and facilitate the management and traceability of practices in more extensive systems, such as mountain farming or pastoralism. Therefore, new technologies have the potential to support agroecological transitions, but will not be the driving force behind these transitions. Possible negative externalities, such as environmental impact of digital technologies must also be weighed against their positive internalities for a successful and sustainable integration of digital tools into agroecological livestock farming systems.

Le développement du numérique : quelles perspectives pour l’agriculture biologique ?

Par Éléonore SCHNEBELIN, Pierre LABARTHE & Jean-Marc TOUZARD
Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE)

Les technologies numériques sont mises en avant pour répondre aux enjeux de l’agriculture, quel que soit son modèle de production, conventionnel ou biologique. Pourtant les recherches conduites dans le cadre d’une thèse en région Occitanie montrent que les acteurs de l’agriculture biologique ont pour ces technologies des attentes, des perceptions, des projets et des usages en partie spécifiques. Si des enjeux du numérique sont communs à l’ensemble du secteur agricole, en particulier pour le partage d’information ou l’amélioration de conditions de travail, l’agriculture biologique se distingue par des pratiques techniques, des besoins de conception de systèmes, des normes et des valeurs qui jouent sur les attentes de ses acteurs envers le numérique. Les résultats révèlent des oppositions entre l’agriculture biologique et certains types de technologies numériques, mais ils pointent aussi l’existence de trajectoires d’innovation qui associent le numérique à cette agriculture, ce qui met en question l’évolution de son modèle.

De la donnée au traitement autonome pour l’agroécologie

Par Roland LENAIN et Christophe AUBÉ
INRAE

Le développement des sciences du numérique est un véritable enjeu pour améliorer la prise de décision en agriculture, et tendre vers l’application de principes moins dommageables et plus agroécologiques. Au-delà de la décision, la réalisation de tâches agronomiques exigeant de hauts niveaux de précision, des fréquences de passage accrues et des capacités de discrimination, nécessite également des avancées significatives, empruntant aux technologies robotiques. Nous montrons dans cet article l’intérêt de telles technologies pour l’agriculture en général, et pour l’agroécologie en particulier. Après avoir dressé un court panorama de l’existant, nous présentons les attentes des différentes filières agricoles, les verrous persistants ainsi que les perspectives relatives pour cette robotique agricole, domaine émergent dans l’agriculture numérique. Ce domaine apparaît ainsi clairement comme une composante essentielle de l’évolution agricole vers des pratiques plus vertueuses.

Mieux s’insérer dans les filières : achat, vente, confiance, régionalisation

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.

Perspectives logistiques et marketing de la traçabilité agri-alimentaire par la blockchain : Études de cas des usages de Walmart et Carrefour

Par Florent SAUCÈDE
Maître de conférences à l’Institut Agro Montpellier, UMR MoISA

Pour restaurer la confiance des consommateurs dans les systèmes alimentaires, certains distributeurs ou fabricants mobilisent la technologie blockchain en support de la traçabilité totale de leurs chaînes d’approvisionnement, ou supply chains . Nous analysons comment Walmart et Carrefour, deux pionniers des blockchains alimentaires, utilisent cette technologie. Nous montrons comment elle contribue aux dimensions et enjeux de la traçabilité. Nous caractérisons deux approches contrastées. La première a pour objectif de maîtriser la sécurité sanitaire de l’alimentation en s’appuyant sur l’amélioration du pilotage et du fonctionnement de la supply chain , que la technologie permet. La seconde, orientée marketing, vise à restaurer la confiance des consommateurs en mobilisant les acteurs de la supply chain pour co-construire un ensemble de faits et de preuves, mis en récit pour apporter de la transparence sur l’origine des produits et les pratiques vertueuses des acteurs qui participent à leur qualité.

Les plateformes numériques de vente : quelle(s) opportunité(s) pour les producteurs ?

Par Romane GUILLOT
Doctorante DigitAg, Université de Montpellier, MRM

et Magali AUBERT
Ingénieur d’Études, INRAE, UMR MoISA

et Anne MIONE
Professeur des Universités, Université de Montpellier, MRM

Le e -commerce pénètre aujourd’hui le secteur alimentaire, notamment via les plateformes numériques de commercialisation. Les acteurs du système alimentaire s’interrogent : ces organisations renforcent-elles le lien entre les producteurs et les consommateurs ? Favorisent-elles une rémunération plus juste des agriculteurs ? Introduisent-elles de nouveaux risques pour eux ? Ces plateformes facilitent l’échange d’informations et limitent certains coûts associés à la commercialisation. Elles peuvent néanmoins créer des asymétries de pouvoir et des déséquilibres dans le partage de la valeur. L’instabilité du secteur et l’arrivée des géants du numérique et de la distribution soulèvent de nombreuses questions quant à l’évolution des plateformes. Dans ce contexte, la vigilance des producteurs est indispensable pour choisir les plateformes les mieux adaptées à leurs besoins.

Reconfiguration of food value chains – between logistics and traceability

By Dr Fatima EL HADAD-GAUTHIER
Lecturer-researcher at the Mediterranean Agronomic Institute of Montpellier (CIHEAM-IAMM)

and Dr Isabelle PIOT-LEPETIT
Senior Research Scientist at INRAE and the Scientific Director of the Digital Agriculture Convergence Lab #DigitAg, Montpellier

The rise of digitalisation is fueling a dynamics of reconfiguration of food value chains. This article explores two rising challenges: Logistics and traceability. These issues are crucial for food value chains because of the very specific characteristics of food products, such as perishability, shelf life constraints, quality variability, sanitary risks, market uncertainty, and the increasing distance between producer and consumer due to the markets’ globalization.

Quel effet de la digitalisation de l’agriculture sur les services de conseil ?

Par Pierre LABARTHE
Directeur de recherche en économie à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) et directeur adjoint de l’UMR AGIR

L’objectif de cet article est de présenter les enjeux associés à la digitalisation de l’agriculture à travers l’exemple de l’effet des technologies numériques sur le conseil agricole. Les services de conseil ont joué un rôle très important dans les dynamiques de changement technique du secteur agricole. Ces services, historiquement fondés sur les compétences des conseillers et sur les interactions directes entre agriculteurs et conseillers (conseil individuel, conseil de groupe, etc.), utilisent de plus en plus d’outils numériques (logiciels, outils d’aide à la décision, applications pour tablettes et smartphones , etc.). Nous mettons en évidence trois enjeux fondamentaux liés à la digitalisation : l’effet des technologies numériques sur l’accès aux connaissances pour une diversité d’agriculteurs ; l’évolution des compétences au sein des organisations prestataires de conseil ; et les transformations plus larges induites dans le système d’innovation agricole.

Outils numériques : enjeux de coordination d’acteurs, de partage et de valorisation de la donnée

Par Soazig di BIANCO et Mohamed GHALI
Laboratoire de Recherches en sciences sociales (LARESS), École Supérieure d’Agricultures d’Angers

L’essor d’outils numériques et la production massive de données qui l’accompagne transforment les modes de coordination des acteurs dans les processus d’innovation. Dans cet article, nous examinons la transformation et les enjeux de coordination des acteurs autour de deux axes : le partage et la valorisation de données ; la conception et l’utilisation de technologies numériques. À partir de données d’une enquête auprès d’acteurs du secteur bovin laitier et des parties prenantes de la conception et de l’utilisation du robot de traite et du drone agricole, nous montrons que l’essor des technologies numériques renforce les stratégies d’alliances bipartites pour le partage de données, et s’accompagne d’une normalisation des processus d’innovation. Nous discutons des effets de ces recompositions, notamment de la polarisation des jeux d’acteurs sur les dynamiques d’innovation en agriculture.

Mieux partager, mieux apprendre

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.

Comment réussir un projet de crowdsourcing d’observations spatialisées en agriculture ?

Par Léo PICHON
Ingénieur agronome, docteur en sciences agronomiques et maître de conférences à l’Institut Agro Montpellier

L’agriculture a engagé des transitions (agro-écologique, numérique, etc.) pour répondre aux enjeux complexes et parfois contradictoires auxquels elle est confrontée. La collecte collaborative d’observations spatialisées est un outil pertinent pour construire collectivement les nouvelles connaissances nécessaires à ces transitions. Ce type de projet est pourtant encore peu développé en agriculture. Notre objectif avec cet article est de proposer des éléments de compréhension des spécificités des projets de crowdsourcing d’observations spatialisées en agriculture, afin d’identifier les facteurs ou les caractéristiques à favoriser dans ces projets pour qu’ils se développent plus largement. Les structures spatiale et temporelle des phénomènes étudiés, le caractère asynchrone et hétérotope des jeux de données obtenus et le fait que les participants soient des professionnels semblent être les caractéristiques principales à considérer pour favoriser la réussite de ce type de projet.

Le numérique au service des différentes phases de création et d’utilisation des jeux sérieux en agriculture

Par Gilles MARTEL
UMR BAGAP, INRAE, Institut-Agro, ESA, Angers

et Médulline TERRIER-GESBERT
Département ACT, INRAE, Rennes

et François JOHANY
Université Clermont Auvergne, INRAE, AgroParis Tech, VetAgro Sup, Plateforme GAMAE, UMR Territoires, Aubière

et Sylvain DERNAT
Université Clermont Auvergne, INRAE, AgroParis Tech, VetAgro Sup, Plateforme GAMAE, UMR Territoires, Aubière

Les jeux sérieux se développent de façon importante, y compris dans le monde agricole. Bien que sérieux, ils doivent tout de même inclure les caractéristiques des jeux que sont le second degré, la prise de décision, les règles, l’incertitude et la minimisation des conséquences. En dehors de jeux vidéo comme Farming Simulator , l’offre de jeux du domaine agricole est très diversifiée, mais principalement « analogique ». Néanmoins, le numérique est présent dans les différentes étapes de création d’un jeu : la création des données incluses dans le jeu, le fonctionnement du jeu et la simulation des effets des décisions des joueurs, la capacité immersive du jeu, la diffusion et la capitalisation sur l’utilisation et les apprentissages liés au jeu. Le numérique est donc un allié de poids dans le développement des jeux sérieux, et dépasse largement une simple mobilisation dans le cadre des jeux vidéo.

L’accès aux données agricoles : les domaines d’intervention de la loi et du contrat

Par Laura TOMASSO
Doctorante en droit privé à l’Université de Montpellier

L’accès aux données interroge les acteurs de l’agriculture numérique tant les textes de lois se font de plus en plus nombreux et laissent de moins en moins la place à la loi des parties. Néanmoins, le contrat vient en complément de la loi et conserve une place fondamentale puisqu’il est l’instrument juridique permettant d’encadrer les relations commerciales. Il est donc nécessaire d’étudier les domaines d’intervention de la loi et ceux du contrat au sujet de l’accès aux données agricoles, qu’elles soient publiques, privées, personnelles, non personnelles, agrégées ou non.

Le rôle des organisations professionnelles agricoles dans la construction d’un climat de confiance propice aux échanges et à la valorisation des données du secteur agricole

Par Guillaume JOYAU
Secrétaire général de l’association Numagri

Les données sont une source de grande préoccupation pour le secteur agricole. En effet, le potentiel de valorisation est très important, et il est absolument évident que, pour répondre positivement aux objectifs fixés par les différentes politiques nationales et européennes, l’exploitation des données du secteur agricole sera indispensable. Cependant, il semble crucial pour les organisations professionnelles agricoles que cette exploitation se fasse au bénéfice de tous, y compris des agriculteurs. Car ces derniers sont bien souvent les opérateurs économiques à l’origine des données, mais ils n’ont pas les capacités de conduire seuls l’exploitation et l’analyse de ces jeux de données. Aussi, les organisations professionnelles, et en premier lieu le syndicalisme agricole, se rassemblent sur ces questions en anticipation afin de mobiliser les outils adaptés et de poser un cadre règlementaire le plus équilibré possible. Enfin, l’initiative de la Commission européenne, initiée avec « la stratégie européenne pour les données » en février 2020, et les quatre règlements qui en découlent, rejoignent totalement les préoccupations portées par ces organisations.

La formation des agriculteurs peut-elle accompagner le développement de l’agriculture numérique ?

Par Béatrice DINGLI
Directrice générale de VIVEA

et Sylvie BOURGEAIS
Directrice Développement et Innovation de VIVEA

Certain du rôle de la formation quant au développement du numérique au sein des entreprises agricoles, le conseil d’administration de VIVEA, le fonds d’assurance de formation des chefs d’exploitation agricole, a ouvert dès 2020 une nouvelle priorité de développement et de financement dans son Plan stratégique 2021-2026. Après une étude prospective intitulée « Quelles compétences pour une agriculture numérique ? », menée en 2019 par les cabinets JBG consultants et Eurynome associés, et financée par VIVEA et la Direccte Occitanie, VIVEA a animé plusieurs ateliers en 2022 afin de déterminer, à ce jour, les compétences qui pourraient ou devraient être rapidement développées pour permettre aux agricultrices et agriculteurs qui le souhaitent de conduire leur(s) exploitation(s) en utilisant les outils numériques et alléger ainsi leur travail. L’agriculture numérique, c’est aussi construire l’échange, la concertation et le retour d’expérience. Cet article vous présentera les enjeux du numérique en agriculture et les perspectives d’évolution à cinq ans, la vision des experts et la vision des chefs d’exploitation agricole et conseillers agricoles, une approche par filière de l’adoption du numérique, les freins repérés quant à son développement, l’impact sur le métier. Nous terminerons par les besoins repérés en formation et les cinq types de compétences que nous souhaitons mettre en avant et renforcer. VIVEA accompagnera le développement d’une offre de formation visant à réfléchir aux besoins des chefs d’entreprise agricole induisant un choix éclairé sur les solutions numériques. Une appropriation de méthodes sur l’analyse des données nous semble également indispensable. Il nous appartiendra également de rendre accessible le numérique aux personnes les plus éloignées, et d’agir pour le bien commun de tous.

Les voies de l’innovation en agriculture numérique

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.

Start-ups and digital innovation in the agri-food sector

By Dr Isabelle PIOT-LEPETIT
Senior Research Scientist in Economics and Management at INRAE and the Scientific Director of #DigitAg – Digital Agriculture Convergence Lab

and Mauro FLOREZ
PhD candidate at the University of Montpellier, INRAE and #DigitAg – Digital Agriculture Convergence Lab

Start-up companies represent a powerful innovation process to push forward digital innovation and develop disruptive products and services based on digital technologies. At the same time, they challenge well-established companies that need to involve themselves in more ambidextrous innovation processes to stay competitive, pushing them to launch initiatives focusing on both internal innovations and organizational changes and external or open innovation opportunities.

Les voies de l’innovation en agriculture numérique : les living labs et Digifermes®, des dispositifs pour la co-innovation

Par Jacques-Eric BERGEZ
AGIR, Univ Toulouse, INRAE, Castanet-Tolosan, France

et Mehdi SINÉ
ACTA - les instituts techniques agricoles, Paris, France

et Muriel MAMBRINI
Collège de Direction, INRAE, Paris, France

La transition agroécologique nécessite des changements profonds des systèmes de production, de transformation et de consommation, qui requièrent des modes de gouvernance nouveaux. Les laboratoires vivants proposent un schéma de co-développement d’innovation responsable et partagé. Cependant, l’aspect intrinsèquement pluriel des données, des connaissances, des dispositifs, etc. milite pour la mobilisation de solutions numériques nouvelles. Notre hypothèse est que les laboratoires vivants pour la transition agroécologique vont ouvrir, dans le domaine du numérique, des capacités à se saisir de questions plus complexes, et des occasions pour mettre l’usager au centre. En tout état de cause, ce sera un numérique ayant en perspective le service au bien commun, un numérique responsable. À travers un cadre d’analyse et l’opérationnalisation de ce cadre sur deux exemples (les Digifermes® et Occitanum), nous montrons les propriétés émergentes de ce numérique et les leviers qu’il reste à franchir pour un bénéfice partagé et durable.

Quelle place pour les hackathons pour accompagner l’innovation numérique en agriculture ?

Par François BRUN
Responsable du pôle Agriculture numérique et Science des données à l’Acta, les instituts techniques agricoles

et Mathieu RAJAOBA
Doctorant en sociologie, Centre de sociologie de l’innovation, i3 (UMR 9217), Mines Paris, Université PSL

et François GAUDIN
Conseiller productions volailles, chambre d’agriculture de la Drôme

L’agriculture française et internationale est en pleine transformation numérique, mobilisant différentes technologies venant offrir un potentiel de développement de nouveaux services pour les agriculteurs et le monde agricole. Différentes formes d’animation ont émergé au sein de la communauté agriculture numérique : start-up week-ends , hackathons ou encore data challenges . Que se cache-t-il sous ces différentes animations et quel est leur rôle dans le processus d’innovation collectif ? Quel intérêt à organiser un hackathon au plus près des agriculteurs ? Quel apport des hackathons en agriculture pour l’innovation autour des données ?

Le mobilab AgroTIC pour aller à la rencontre des agriculteurs

Par Bruno TISSEYRE, et Simon MOINARD
UMR ITAP, Institut Agro Montpellier, INRAE

Introduit par le MIT en 2014, le concept du “ High-Low Tech ” concerne des innovations de nouvelles technologies à faible coût pouvant être réalisées en auto-construction. Leur prix accessible et leur utilité suscite un intérêt fort en agriculture, mais elles nécessitent certaines compétences qui ne sont pas assimilées aujourd’hui par le monde agricole. Afin de vulgariser cet environnement auprès du secteur de l’agriculture, l’Institut Agro Montpellier a mis en place le mobilab AgroTIC, un dispositif mobile permettant de se déplacer chez les agriculteurs pour leur présenter toute la diversité des outils numériques High-Low Tech . Les animations du mobilab AgroTIC font émerger des besoins concrets de la part des agriculteurs, et les projets montés à la suite de ces besoins permettent d’alimenter des questions scientifiques et d’enseignements. La dynamique intéresse également les entreprises, qui y voient un moyen de sonder les agriculteurs sur la question du numérique.

Le panorama mondial de l’agriculture numérique

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.

Global adoption of digital agriculture

By Simon COOK
College of Science, Health, Education and Engineering (SHEE), Murdoch University

and Elizabeth JACKSON
Curtin University

and Davide CAMMARANO
Aarhus University, Dept. of Agroecology, iClimate, Centre for Circular Bioeconomy (CBIO)

The term “digital agriculture” inspires excitement, confusion, and skepticism amongst investors and scientists alike. Rapid growth in the use of digital technology in agriculture seems inevitable, if only because adoption in food systems must, at some stage, accelerate simply to match that of other sectors. But how is this adoption occurring globally? This short paper explains the contrasting forms digital agriculture is likely to take in four types of systems that are based on: Commodities; high-value product; subsistence farming; and nature-based solutions.

Une agriculture numérique inclusive ? Le cas de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest

Par Pascal BONNET, Jean-Daniel CESARO, Chloé ALEXANDRE, Anna SOW, Mathieu ROCHE et Nicolas PAGET
CIRAD, TA C DIR/B Campus international de Baillarguet

Les auteurs présentent une analyse préliminaire de l’arrivée des technologies numériques dans l’agriculture familiale africaine, et ouvrent des pistes de recherche sur les conditions dans lesquelles le numérique peut contribuer à un développement inclusif ou au contraire creuser des fractures déjà fortement ancrées entre villes et campagnes, et entre l’agriculture salariale d’exportation et l’agriculture familiale, prédominante sur le continent et dont les besoins diffèrent. Au travers de quelques illustrations de services et de technologies utilisés par les ménages agricoles, les auteurs montrent que l’agriculture numérique sensu largo est prédominante par rapport à l’agriculture de précision sensu stricto . Ils y présentent les acteurs impliqués dans le développement des services : entreprises de filière, État, organisations professionnelles. Enfin, ils concluent sur quelques cadres d’analyse qu’il serait utile de mobiliser pour conduire de futurs travaux de recherche sur l’effet de ces technologies en matière d’inclusivité et de fracture.

Déploiement du numérique en agriculture en France

Par Sarah DJAFOUR et Bruno TISSEYRE
L’Institut Agro Montpellier

L’Observatoire des usages du numérique en agriculture a été créé en 2016 avec le soutien d’une chaire d’entreprises (Chaire AgroTIC) et d’un « Institut Convergences » (institut #DigitAg). Son objectif est d’apporter des informations objectives sur l’adoption des outils et services professionnels numériques en agriculture en France. Les études réalisées reposent sur une approche participative impliquant fortement les entreprises de services du numérique en agriculture. Ces études se focalisent sur un outil ou un service numérique particulier, et visent à quantifier son niveau d’adoption. Depuis la création de l’Observatoire, onze études ont été menées sur différentes technologies, ce qui permet de consolider une vision exhaustive de l’adoption des outils et services numériques en France. Au regard de ces études, les technologies numériques les plus adoptées sont celles qui apportent un bénéfice perçu immédiat (confort de travail, ergonomie, etc.), qui sont faciles à utiliser et dont le déploiement n’est pas affecté par des problèmes de compatibilité avec les autres équipements de l’exploitation agricole.

La revue complète

Digital issues: abstracts

Retour en haut