Les neurosciences constituent aujourd’hui un enjeu scientifique, économique, stratégique, médical et géopolitique majeur. Leurs avancées ont considérablement renforcé les capacités d’acquisition, de traitement et d’interprétation des données
cérébrales, ouvrant la voie à de nombreuses applications dans les domaines médical, éducatif, professionnel, sécuritaire, commercial et militaire. Si ces innovations offrent de grandes promesses thérapeutiques, elles soulèvent aussi d’importantes questions éthiques, juridiques, sociales et anthropologiques.
Les neurosciences et les neurotechnologies influencent en effet notre conception du cerveau, de l’identité, de la liberté, de la dignité et de l’autonomie, tout en étant façonnées par les représentations culturelles des sociétés. Face à ces évolutions, la question centrale devient celle des limites que les démocraties
souhaitent fixer afin que l’exploration du cerveau demeure au service de l’être humain. Ce numéro analyse cette convergence et ses implications à travers trois axes : les applications de la neuroéthique médicale ; les réflexions scientifiques
et anthropologiques de la neuroéthique ; et l’articulation des enjeux entre la neuroéthique, la bioéthique et le neurodroit.
Par Laure TABOUY
Docteure (PhD) en neurosciences, doctorante (PhD candidate) en philosophie spécialité éthique / neuroéthique, Aix-Marseille Université, CNRS, CGGG, Centre Gilles Gaston Granger, Aix-en-Provence et Équipe Éthique et Épistémologie du CESP-INSERM U1018, Université de Paris-Saclay
Et Fabrice JOTTERAND
Director & Professor (OHSU) ; Senior Researcher (University of Basel)
au Center for Ethics in Health Care, Oregon Health & Science University, Portland, OR, États-Unis et à l’Institute for Biomedical Ethics, University of Basel, Basel, Switzerland