Août 2011

sommaire

Réalités industrielles

Un ingénieur d'exception : Georges BESSE

Numéro complet
Ce numéro a été coordonné
par Christian MARBACH, X 56, Membre de l’Académie des technologies, membre du conseil de surveillance de Lagardère SCA, président d’honneur de la Sabix

Editorial

Par Pierre COUVEINHES
Rédacteur en chef des Annales des Mines

Avant-propos : Un ingénieur d’exception : Georges BESSE

Par Jacques Alexandre MOATTI
Ingénieur général des Mines, Président de la SABIX

Esquisse d'un portrait

Brève chronologie

Brève chronologie Georges BESSE (1927-1986)

La jeunesse d'un polytechnicien

Par Christian MARBACH
X 56, Membre de l’Académie des technologies, membre du conseil de surveillance de Lagardère SCA, président d’honneur de la Sabix

C’est l’histoire d’un enfant. C’est l’histoire d’un enfant issu d’une famille modeste, doué, intelligent, encouragé dans ses études et qui réussit au concours d’entrée à Polytechnique. Un parcours que certains ont pu à juste titre appeler un destin français. Oui : un destin français. Un très beau parcours, mais qui, pour les vingt premières années de formation, n’est pas tellement exceptionnel dans notre pays : on peut trouver des similitudes entre les débuts de Georges Besse et les débuts de nombreux polytechniciens, avec le même ensemble d’ingrédients : une famille simple ; le repérage par un système enseignant capable d’évaluer et de sentir chez un gamin des qualités sortant de l’ordinaire ; des parents d’abord un peu craintifs devant l’inconnu, puis fiers et consentants à laisser leur rejeton poursuivre ses études, dès qu’ils auront appris que l’Ecole Polytechnique, où la formation sera gratuite, représente à la fois la certitude d’un beau métier et l’ouverture vers de nombreuses possibilités orientées d’abord vers le service de la collectivité.

Un caractère

Par Christian MARBACH
X 56, Membre de l’Académie des technologies, membre du conseil de surveillance de Lagardère SCA, président d’honneur de la Sabix

Après avoir invité notre lecteur à accompagner le jeune Georges Besse durant ses années d’initiation, nous allons essayer de dresser de lui un portrait, avant d’aborder, dans une troisième partie, ses méthodes de management. A notre tour de proposer une sorte de triptyque. Ce portrait sera esquissé avec modestie ; j’ai tenté de relier entre elles toutes les informations que j’ai reçues de divers témoins. Cela, avec la prudence requise : Georges Besse était en effet discret et, comme tout un chacun, il a évolué avec le temps : les personnalités les plus affirmées changent, avec les années et les épreuves.

Le management selon Georges BESSE

Par Christian MARBACH
X 56, Membre de l’Académie des technologies, membre du conseil de surveillance de Lagardère SCA, président d’honneur de la Sabix

Au moment de donner un titre à ce texte, je me suis interrogé sur les termes à employer. Si j’ai utilisé le mot franglais de management plutôt que celui de gestion, ou de direction (plus vague) ou de commandement (plus militaire), c’est évidemment pour associer au concept de gestion (qui suppose des qualités d’organisation) celui de leadership (encore de l’anglais !), qui suppose autorité, décision, présence et charisme. Le lecteur retrouvera ces différents aspects dans les pages qui suivent et il pourra à son tour répondre à la question que l’on peut se poser à propos de tous les patrons : quelle sorte de manager était Georges Besse ?

Georges BESSE arrive chez PUK: lisons la presse !

Par Christian MARBACH
X 56, Membre de l’Académie des technologies, membre du conseil de surveillance de Lagardère SCA, président d’honneur de la Sabix

Ce texte a été rédigé à partir de la lecture d’un dossier comprenant tous les articles de presse parus la semaine qui a suivi les nominations par le gouvernement, en 1982, des futurs PDG des entreprises nouvellement nationalisées. Il s’agit donc d’une sorte d’exercice à figures imposées : écrire un texte de nature historique en n’utilisant que les articles de journaux de cette semaine particulière pour dresser le portrait de Georges Besse, tel que la presse le voyait à ce moment-là. Evidemment, cette règle du jeu n’a pas été respectée à la lettre. Je connais en effet trop de choses sur les acteurs et sur les événements de cette époque pour m’effacer tout à fait derrière les écrits des journalistes et je n’ai pas pu oublier, en écrivant, tous les commentaires que m’ont faits des personnes interrogées par ailleurs sur le Georges Besse d’alors. Je n’ai pas non plus oublié ce qui s’est passé plus tard : l’historien, même non professionnel, a sur le journaliste des quotidiens de 1982 l’avantage de connaître la suite des événements ! J’ai pourtant essayé, dans les lignes qui suivent, de bien marquer, par exemple typographiquement, ce qui est effectivement de la plume des journalistes et ce qui relève du commentaire.

Georges BESSE arrive chez Renault : lisons les journaux !

Par Christian MARBACH
X 56, Membre de l’Académie des technologies, membre du conseil de surveillance de Lagardère SCA, président d’honneur de la Sabix

Mon article précédent, écrit à partir de la presse de la semaine suivant la nomination de Georges Besse portait sur son arrivée chez PUK. Je peux le résumer ici en notant que les journalistes, lors de cette semaine, présentent Besse comme un homme qui convient parfaitement à PUK à la fois du fait de son expérience et de sa compétence, et compte tenu des métiers de la société à redresser. J’ajoute que, certes, le débat sur l’opportunité des nationalisations n’est pas clos en février 1982 et qu’une partie de la presse n’oublie pas d’en critiquer le principe, mais cela ne l’empêche pas de souligner que, les choses étant ce qu’elles sont et le patron de l’époque ayant fait savoir qu’il ne voulait pas demeurer à son poste après une nationalisation, Besse est un très bon choix pour PUK. L’arrivée de Georges Besse chez Renault se fait dans des conditions très différentes…

Témoignages sur Georges BESSE

Une leçon pour l'avenir ?

Par Raymond H. LÉVY
X46, président d’honneur de Renault, vice-président honoraire du conseil général des Mines

Raymond H. Lévy a pris la suite de Georges Besse à la tête de Renault, après l’assassinat de ce dernier. Il s’efforce, dans cet article, de tirer les leçons de la vie et de l’action d’une personnalité exceptionnelle-ou, plus simplement, d’un « homme », au sens le plus fort de ce mot.

La nouvelle usine d'enrichissement d'uranium d'AREVA digne héritière de la vision industrielle de Georges BESSE

Par Luc OURSEL
Président du Directoire d'AREVA

AREVA a donné à sa nouvelle usine d’enrichissement d’uranium le nom de Georges Besse, qui fut l’une des grandes figures du programme nucléaire français. Une nouvelle usine qui fait appel aux technologies les plus performantes (comme la centrifugation) et qui s’inscrit dans une démarche de développement durable.

Georges BESSE, Grand ingénieur, grand chef d’entreprise, grand serviteur de l’Etat

Par François de WISSOCQ
Ingénieur général des Mines honoraire

François de Wissocq, qui succéda à Georges Besse à la présidence de la Cogema, eut l’occasion de préparer en 1993 un exposé sur la carrière de son prédécesseur. Il se trouve que ce travail portait principalement sur son passage dans le nucléaire, ce qui est somme toute logique : c’est là que Georges Besse passa l’essentiel de sa carrière et c’est le domaine que François de Wissocq eut à approfondir par lui-même, au sein des services des ministères chargés de l’Industrie et de l’Energie, puis à la Cogema. Les textes de Christian Marbach ne portant pas spécialement sur ce domaine, il a semblé utile de fournir aux lecteurs de ce numéro l’éclairage apporté à ce niveau par François de Wissocq. Ce dernier a volontiers accepté que nous publiions son texte, qu’il avait déjà fourni à l’Institut d’Histoire de l’Industrie, pour la rédaction du livre consacré à Georges Besse. Rappelons par ailleurs que cette contribution date de 1993 et que, très probablement, elle pourrait être enrichie aujourd’hui par des témoignages ou des textes d’archives devenus disponibles depuis lors. * Ce texte est celui d’une conférence prononcée par François de Wissocq à l’Ecole d’ingénieurs de Tours en 1993.

Deux portraits de Georges BESSE

  • IN MEMORIAM : GEORGES BESSE (1927-1986)
  • Extrait du livre un homme de notre siècle
Par Jacques LESOURNE
Ingénieur général des Mines honoraire, Membre de l’académie des technologies, Président des Futuribles International

Annexes documentaires

Georges BESSE, le bicentenaire de l'X et le bicentenaire du corps des mines

Par Christian MARBACH
X 56, Membre de l’Académie des technologies, membre du conseil de surveillance de Lagardère SCA, président d’honneur de la Sabix

La fondation Georges BESSE

La SABIX

Sources utilisées

Hors dossier

Synthèse de la table ronde "quelle politique industrielle pour la France dans l'Europe ? " Table ronde tenue sous la présidence de Christian Marbach le 18 aout 2010 lors du colloque « 200 ans d’histoire du corps des Mines »

Par Franck LIRZIN
Ingénieur des Mines, Adjoint du responsable du pôle Entreprises Emploi et Economie de la direction régionale des entreprises de la concurrence, de la consommation du travail et de l’emploi (DIRECCTE) de Provence-Alpes-Côte d’Azur

et Ludovic WEBER
Ingénieur des Mines, directeur de cabinet du directeur général de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services, ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie

L'année 2010 a été marquée par la célébration du bicentenaire du décret du 18 novembre 1810, qui a organisé le « Corps impérial des Ingénieurs des Mines » et créé le Conseil général des Mines (CGM), dont le Conseil général de l'industrie, de l'énergie et des technologies (CGIET) est pour partie issu. Afin de célébrer ce bicentenaire, le CGIET a organisé tout au long de l’année 2010 diverses manifestations à caractère prospectif ou historique, ainsi que plusieurs expositions. Le point d’orgue des célébrations a été le colloque de clôture tenu à Bercy le 18 novembre 2010, jour anniversaire du décret de 1810, sous la présidence de Christine Lagarde, ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie. Trois tables rondes ont eu lieu lors de ce colloque de clôture. Présidée par Christian Marbach, membre de l'Académie des technologies et animée par le journaliste économique Jean-Marc Sylvestre, la troisième de ces tables rondes a abordé la question de la politique industrielle pour la France dans l'Europe. Le débat a été introduit par des présentations audiovisuelles de quatre grands témoins : Bernard Esambert, Raymond H. Levy, Lionel Stoléru et Gérard Théry. Franck Lirzin et Ludovic Weber ont ensuite présenté la synthèse des contributions de jeunes ingénieurs des Mines qui a servi à préparer les thèmes de la table ronde. Un débat s’est ensuite déroulé avec les interventions d’acteurs de l’industrie et d’experts : Vivek Badrinath, directeur exécutif d'Orange Business Services, Pierre Gattaz, président du directoire de Radiall, président du Groupe des fédérations industrielles, Yvon Jacob, ambassadeur de l'Industrie, Patrick Kron, PDG du groupe Alstom, Vincent Rigal, président de Solar performance et développement, et Nicolas Véron, économiste à Bruegel.

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