Février 2024
sommaire
Réalités industrielles
Former pour un métier
Ce numéro a été coordonné
par Serge CATOIRE
Introduction
Par Serge CATOIRE
Ingénieur général des mines honoraire, président du comité de rédaction de Réalités industrielles
L’action de la délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP)
Par Bruno LUCAS
Inspecteur général des affaires sociales
Les métiers, les compétences
Le marché du travail engagé dans une triple transition
Par Jean FLAMAND
Le vieillissement de la population, la numérisation des usages et la réduction de l’empreinte carbone orientent d’ores et déjà l’évolution du marché du travail. Cet article analyse trois familles de métiers étroitement associées à cette triple transition : les métiers du soin, les métiers « cœur du numérique » et les métiers du bâtiment. À l’appui du dernier exercice national de Prospective des métiers et des qualifications, on identifie un risque de pénurie de main-d’œuvre à l’horizon 2030 dans ces différents métiers compte tenu des besoins de recrutement importants qui sont anticipés et du niveau actuel des difficultés de recrutement. Pour y faire face, la formation reste un levier essentiel mais d’autres sont à considérer, que ce soit l’amélioration de la qualité de l’emploi, la promotion de la mixité professionnelle ou encore le développement des transitions professionnelles.
Pénurie de compétences et réindustrialisation : un étonnant paradoxe
Par Guillaume BASSET
et Olivier LLUANSI Associé de PwC Strategy&, enseignant à l’École des Mines de Paris Le mouvement de réindustrialisation dans notre pays reste fragile. 1 La part de l’industrie dans la valeur ajoutée totale n’avait pas encore retrouvé fin 2022 son niveau avant Covid et l’examen attentif des indicateurs depuis septembre 2023 doivent nous conduire à la plus grande vigilance. Si le potentiel de nos filières et de nos territoires est considérable, il est bridé par une pénurie généralisée de compétences, frappant notamment les métiers industriels. Le nombre d’emplois industriels vacants a ainsi été multiplié par trois entre 2017 et 2022, pour atteindre environ 60 000. Pourtant, notre appareil de formation est théoriquement en mesure de pourvoir la main-d’œuvre nécessaire : le nombre de jeunes formés chaque année aux métiers industriels correspond – en volume – aux besoins de recrutement. C’est ce paradoxe que nous souhaitons expliciter et interroger. .
Face à un monde évolutif, se former pour rester maître de sa destinée
Par Sophie VIGER
Pénurie de masques, de semi-conducteurs, de matériaux… les ruptures de chaînes d’approvisionnement se sont multipliées sous l’effet de la crise sanitaire. L’idée de réindustrialiser la France s’est alors imposée rapidement et matérialisée par des engagements forts des pouvoirs publics dès 2020 avec un écho favorable auprès des entreprises et porteurs de projets. Malgré les conséquences de l’invasion de l’Ukraine sur les coûts de l’énergie qui pénalisent particulièrement le secteur, la France a confirmé cette ambition avec le plan Industrie verte. Mais les entreprises qui souhaitent créer de nouvelles activités doivent faire face à d’autres pénuries : en foncier et … en profils qualifiés. L’industrie du XXIe siècle, respectueuse de nos engagements environnementaux et utilisant la puissance du numérique, doit et devra faire appel à de nouvelles compétences. Alors faut-il une vaste campagne de valorisation de ces métiers ? Faut-il un plan massif de formation ? Quels objectifs pédagogiques viser quand il s’agit de pourvoir des postes dans des fonctions évolutives ? Le modèle pédagogique de 42, plébiscité au niveau international, peut-il devenir une source d’inspiration pour les métiers présents et à venir de l’industrie ?
Former tout au long de la vie pour des métiers et des compétences en constante évolution
Par Ons JELASSI
Entre impératifs économiques, bouleversements technologiques et enjeux de transition écologique et environnementale, les organisations sont confrontées à des tensions croissantes. Les pouvoirs publics ont un devoir de souveraineté numérique et industrielle. La société vit des changements profonds avec des fractures générationnelles et une durée de vie au travail qui a sensiblement augmenté. La formation tout au long de la vie et l’acquisition et le développement de compétences permettent de répondre aux besoins économiques, industriels et de lutte contre le réchauffement climatique. Ils offrent des perspectives adaptées à l’évolution du marché du travail et constituent une réponse à des enjeux structurels du monde actuel. Télécom Paris, première grande école d’ingénieurs sur le numérique a placé ces enjeux au cœur de sa mission de développement des talents et des compétences et propose une offre de formation au service des entreprises et des professionnels qui réunit l’ensemble des savoir-faire de l’école et emploie des modalités pédagogiques et de certifications des plus innovantes.
Les besoins de l’économie
Besoins des employeurs dans les métiers du numérique et adéquation de l’appareil de formation
Par Michel SCHMITT
Dans le domaine du numérique, les employeurs font état de difficultés très importantes pour recruter les talents dont ils ont besoin, au point que cela freine leur croissance. Après avoir objectivé ce constat, nous analysons l’offre de formation et constatons que ce n’est pas tant l’offre de formation qui fait défaut que l’attractivité de ces formations. Enfin, face aux évolutions très rapides des compétences demandées, nous proposons de remettre en œuvre la démarche « Vision prospective partagée des emplois et des compétences » dans le domaine des métiers du numérique.
Transition écologique : l’opérateur de compétences interindustriel OPCO 2i s’engage
Par Stéphanie LAGALLE-BARANЀS
Le monde change, l’industrie aussi. La transition écologique fait évoluer des métiers et les compétences qu’ils mobilisent. À l’horizon 2025, les besoins métiers des entreprises évoluent : certains vont muter ou se renforcer en volume, tandis que d’autres se doteront de compétences complémentaires sans induire de modification profonde du geste métier. Afin de soutenir cette évolution et d’anticiper les nouvelles compétences nécessaires, OPCO 2i, l’opérateur de compétences interindustriel, a entrepris un travail prospectif et prépare les 60 000 entreprises de l’industrie à répondre à ces nouveaux défis.
L’action du Secrétariat général pour l’investissement (SGPI), notamment dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt « compétences et métiers d’avenir »
Par François GERMINET
Alors que la France investit massivement pour se construire une industrie verte de premier plan, qui permettra tout à la fois de gagner en souveraineté et de répondre aux enjeux de la transition écologique, s’engagent une bataille pour former en nombre suffisant les talents dont cette industrie verte aura besoin. C’est la raison pour laquelle l’audacieux plan d’investissement France 2030, au-delà du financement de nouvelles usines, des technologies de demain ou encore des filières d’approvisionnement en matières premières, a réservé 2,5 milliards d’euros pour cette bataille des compétences. Pour la première fois depuis le lancement des investissements d’avenir en 2010, l’offre de formation, sa transformation et son attractivité est directement financée de manière à répondre à ce grand appel de la nation, dans le cadre, notamment, de l’appel à manifestation d’intérêt : « compétences et métiers d’avenir ».
Le réseau de centres de formation de l’UIMM, La Fabrique de l’Avenir
Par David DERRÉ
L’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM), organisation patronale de la branche de la métallurgie (42 000 entreprises et 1,6 million de salariés), s’est investie dès les années 1920 dans la formation professionnelle et l’apprentissage. Pour faire face aux besoins de recrutements et de compétences des entreprises industrielles françaises, elle s’est dotée de son propre réseau territorial d’organismes de formation professionnelle et d’apprentissage depuis les années 1980 (Pôles formation UIMM, CESI). Pour compenser les insuffisances de l’offre de formation existante, publique ou privée, ce réseau est piloté par les UIMM territoriales pour offrir une réponse de proximité aux entreprises (136 sites de formation), aux jeunes, aux demandeurs d’emploi et aux salariés, mais aussi pour impulser le développement de l’apprentissage industriel (du CAP à l’ingénieur), expérimenter des dispositifs pédagogiques innovants (IFTI, approche emploi compétences…), et mettre en œuvre la politique paritaire de certification professionnelle en développant les CQPM.
Les organismes de formation
Le doctorat, une expérience professionnelle scientifique source de multiples compétences
Par Dr Stéphanie Danaux, Dr Linda Lahleh, Dr Godefroy Leménager, Dr Laure Tabouy, Dr Sandra Touati et Dr Ewa Zloteck-Zlotkiewicz
Le doctorat est une expérience professionnelle de recherche qui conduit à l’obtention du plus haut diplôme universitaire reconnu à l’international. Les nombreuses compétences transverses développées pendant le doctorat se construisent tout au long de l’expérience professionnelle de recherche et sont transposables à tous les secteurs professionnels. Dès son origine il y a plus de 50 ans, l’Association Nationale des Docteurs (ANDès) s’est fixée pour but de regrouper et représenter la communauté, notamment pour favoriser la mobilité des docteurs et des idées entre l’université et les entreprises. Pour atteindre cet objectif, l’ANDès s’est fixée trois missions : la première, contribuer au décloisonnement des sphères professionnelles en positionnant les docteurs comme « passeurs de frontières », et tirer parti de leur expertise et savoir-faire pour relever les défis du monde de demain ; la deuxième, mettre en avant la valeur ajoutée que représente l’expérience professionnelle du doctorat ; et, la troisième, créer et mettre en synergie les réseaux de docteurs.
Les Campus des métiers et des qualifications au cœur de la « renaissance industrielle »
Par Alain CADIX
Un Campus des métiers et des qualifications (CMQ) est un réseau de lycées professionnels, de centres de formations d’apprentis, d’entités universitaires, de grandes écoles, d’entreprises… tourné vers un secteur d’activité ou une filière industrielle sur un territoire. Les CMQ ouvrent des perspectives réalistes vers l’enseignement supérieur pour les bacheliers professionnels et ils les préparent à des métiers porteurs. Souvent, ils intègrent la voie technologique de lycées polyvalents de leur territoire. Les CMQ contribuent à réduire les inégalités de chances. Ils opèrent aussi en formation continue qualifiante. Ils contribuent alors à la flexibilité de l’emploi. En développant des projets de natures et d’ampleurs diverses, en réponse aux besoins de compétences, ils créent une dynamique qui s’inscrit dans la « renaissance industrielle » de notre pays. En effet, celle-ci passe largement par les territoires. L’implication des entreprises dans les Campus est réelle. Le soutien récurrent des administrations est inégal d’un territoire à l’autre ; il serait à accroître compte tenu des défis à relever et, en regard, des potentialités des CMQ.
L’Agence nationale pour la Formation professionnelle des adultes (Afpa)
Par Stéphanie LAGALLE-BARANЀS
L’Afpa propose des formations pour adultes dans divers domaines tels que l’industrie, l’informatique, la construction, le tertiaire administratif, le commerce, etc. Ces formations visent à répondre aux besoins du marché et à permettre aux adultes de se reconvertir ou de se perfectionner. L’accent est mis sur la pratique et l’accompagnement personnalisé pour favoriser l’insertion professionnelle. L’Afpa réalise des études sur l’évolution des métiers et des compétences, contribue à l’émergence de nouveaux métiers et s’adapte aux enjeux sociaux et économiques actuels. Elle met l’accent sur les compétences transversales et propose une approche modulaire pour favoriser l’employabilité. La méthodologie pédagogique repose sur l’apprentissage par la mise en situation, l’expérience et le collectif. L’Afpa s’engage également dans la digitalisation de ses formations et développe des ressources telles que des serious games, des Mooc et des simulateurs immersifs. En outre, l’Afpa anticipe les besoins en compétences à travers des incubateurs de compétences, en partenariat avec les entreprises et d’autres acteurs. Ces incubateurs visent à développer les compétences des actifs et à accompagner les entreprises dans la construction des métiers de demain, notamment dans les domaines de la transition numérique et énergétique.
Le lycée professionnel Airbus
Par Nicolas COADOU
Le lycée Airbus, lycée professionnel d’entreprise, est situé au sein d’un des sites industriels d’Airbus, à Toulouse. Il forme des élèves dans trois baccalauréats professionnels : aéronautique (option avionique, structure ou systèmes), usinage et chaudronnerie. Ainsi qu’un CAP Aéronautique avec deux options Structure et Avionique en 1 an. Il propose aussi en apprentissage une Mention complémentaire Peinture Aéronautique (Bac +1), un BTS Maintenance des Systèmes de Production (Bac +2) en partenariat avec l’UIMM Occitanie et un BTS Aéronautique (Bac +2) en partenariat avec le lycée St Exupéry et l’UIMM. Premier lycée professionnel dans le classement 2023 du Figaro Étudiant, la particularité de ce lycée professionnel réside avant tout dans la passion exprimée spontanément par ses élèves pour le monde de l’aéronautique dans lequel ils évoluent quotidiennement de par leur environnement direct. L’enseignement technique y est d’ailleurs prodigué par des salariés d’Airbus qui ont fait le choix d’enseigner ou de contribuer au fonctionnement du lycée. Il n’est donc pas étonnant que la devise du lycée soit : « Apprendre à voler de ses propres ailes ».
Former à un métier, un impératif pour les armées dans un contexte stratégique en évolution
Par Thibaut de VANSSAY de BLAVOUS
Le ministère des Armées est le premier recruteur de l’État (28 000 recrutements par an) et son troisième employeur (266 000 agents dont trois quarts de militaires). Les armées doivent disposer de femmes et d’hommes aptes à répondre en permanence aux contraintes de l’engagement opérationnel et possédant une véritable expertise technique. À ce titre, la formation initiale et continue est un impératif pour le ministère des Armées qui y consacre d’importants moyens. Face à l’évolution du contexte stratégique et aux innovations technologiques, le ministère des Armées se doit d’adapter en permanence ses métiers et son offre de formation. La formation au sein des armées revêt une dimension sociale assumée : opportunité pour les jeunes, vecteur de promotion au mérite et garantie d’une reconversion réussie dans le civil. Enfin, essentiellement dispensée en interne, la formation repose sur un principe fort : « Former, c’est se former ».
AEROCAMPUS Aquitaine, Campus des Métiers et des Qualifications d’Excellence Aéronautique et Spatial
Par Anne-Catherine GUITARD
AEROCAMPUS Aquitaine, est un Campus des Métiers et des Qualifications d’Excellence Aéronautique et Spatial, agréé Partie-147, unique en Europe, qui dispense des formations en maintenance aéronautique toutes voies, tous publics : en formation initiale (du bac professionnel au BTS, par voie scolaire ou apprentissage), en formation continue pour des salariés de l’aéronautique et en formation professionnelle pour des personnels en reconversion (mécanicien avionique, composite, câblage, ajusteur…). Le campus organise aussi des animations et séjours découverte pour les plus jeunes de 6 à 17 ans. Situé au sein d’un parc arboré et doté d’un château du XIIIe siècle, le site propose des espaces de réception (salles, hébergement, restauration) pour l’organisation d’évènements (colloque, séminaire, atelier, formation, etc.) et ouvre ses infrastructures (bureaux, plateaux techniques) aux industriels et professionnels de la filière. AEROCAMPUS Aquitaine se mobilise pour accompagner et soutenir la filière Aéronautique Spatiale et Défense autour de grands enjeux socio-économiques : l’attractivité, l’employabilité et le rayonnement de la filière ASD.
Former pour un métier : les nouveaux usages du numérique en matière de formation, le cas de Naval Group
Par Hervé GUILLOU
La transformation numérique est en marche. L’évolution permanente des compétences des collaborateurs se retrouve au cœur de toutes les attentions. La formation doit être immédiate, pratique et pragmatique, courte et personnalisée. L’entreprise ne peut plus être en décalage avec cette réalité. Chaque entreprise doit choisir comment investir dans ce changement. Naval Group a fait le choix de se doter d’une entité interne dédiée à l’apprentissage des collaborateurs et des clients : Naval Group University. Le digital est diversement disponible suivant les moyens mis à disposition des salariés. Son évolution est très rapide et requiert d’opérer des mises à jour régulières. Pour les entreprises de la filière et notamment les ETI et PME, la formation digitale est un outil puissant de productivité et d’attractivité à la disposition de tous. Ces coûts élevés plaident en faveur d’une mutualisation des outils pour que les petites structures puissent aussi bénéficier de l’usage du numérique.
L’apprentissage dans l’enseignement supérieur
Par Frédéric LALOUE
Le développement spectaculaire de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur est l’une des conséquences les plus significatives de la loi du 5 septembre 2018. L’impact budgétaire de cette évolution est considérable, conduisant les pouvoirs publics à prôner une réorientation des financements vers l’apprentissage dans l’enseignement secondaire, dont l’efficacité est comparativement plus forte en termes d’accès à l’emploi. Cependant, la promesse de mobilité sociale que porte l’apprentissage dans l’enseignement supérieur est rare et précieuse ; elle invite à ne pas considérer ce phénomène sous l’angle exclusif d’une stricte rationalisation budgétaire.
Se former au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam)
Par Bénédicte FAUVARQUE-COSSON
L’éducation, la formation, l’acquisition de compétences nouvelles sont primordiales. Elles assurent une plus grande insertion professionnelle, favorisent l’égalité des chances et l’épanouissement individuel. Dans un monde en mutation, elles sont les clés de la croissance économique, de la compétitivité nationale, de la recherche et de l’innovation. Le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), grand établissement public de l’enseignement supérieur et de la recherche, se transforme pour relever les nouveaux défis de la formation, pour tous et partout. Il s’engage au service de tous et de l’intérêt général. Le Cnam accompagne aussi les politiques publiques en adaptant ses formations aux besoins de la société et aux aspirations de ses publics variés. Alors que les enjeux de souveraineté entre États et d’attractivité internationale font entrer les établissements de formation dans un affrontement inédit, avec l’élitisme comme moteur et les classements internationaux comme guide ultime, le Cnam entend quant à lui assurer à chacun un avenir meilleur. Fidèle à son histoire, à ses valeurs et à ses missions, le Cnam se singularise par l’attention qu’il porte à l’alliance de l’inclusion sociale et de l’excellence.
Centre Inffo : un acteur méconnu mais précieux
Par Pascale ROMENTEAU
Inconnu du grand public, Centre Inffo déploie son expertise au bénéfice de l’écosystème de la formation professionnelle : institutionnels mais aussi petits organismes de formation qui le composent. Il décrypte tout ce que le secteur produit comme normes, référentiels... Il informe, explique et outille ceux qui les appliqueront. Un exemple de sa valeur ajoutée s’illustre dans son action sur la qualité. Acteur de référence du label Qualiopi, il a permis à un grand nombre d’organismes de s’en emparer, au bénéfice de tous. Petit opérateur associatif de l’État, il participe à la bonne mise en œuvre de la politique publique de formation professionnelle, celle-ci se caractérisant par sa technicité et « volatilité » (tous les 15 à 18 mois). Proche de l’État, sans en être le bras armé, au contact des acteurs de terrain, Centre Inffo est l’animateur majeur du débat public sur les questions de formation professionnelle, l’UHFP en étant le point d’orgue. Rendez-vous en janvier 2025, à Cannes.
Hors dossier
Transition énergétique : les matériaux sont-ils prêts pour l’utilisation à grande échelle de l’hydrogène ?
Par Michel DARRIEULAT
Tant comme carburant que comme vecteur d’énergie, l’emploi massif de l’hydrogène est nécessaire pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Des prototypes et des réalisations en vraie grandeur sont disponibles dès à présent. Leur construction a bénéficié du vaste choix de matériaux qui est le fruit de la recherche des années passées. Mais H2 réagit sur tout ce qui est en contact avec lui, surtout si c’est de façon prolongée. La tenue en service départagera les différentes solutions qui auront été essayées. Le présent article passe en revue les principaux problèmes matériaux que posent la production, le stockage, le transport et l’utilisation de H2. Il identifie des verrous et fait une liste de domaines dans lesquels des progrès sont attendus, par exemple en matière de revêtements de surface ou de mise au point de solides à porosité contrôlée. Il évoque aussi les technologies qui pourraient émerger si les matériaux ad hoc sont mis au point. Tout cela devrait solliciter les laboratoires dans les décennies à venir.
Sur le sujet et à retrouver dans le N°113 de Responsabilité & Environnement
Relance du nucléaire : un plan Marshall pour sécuriser les compétences
Par Hélène BADIA
