Septembre 2012
sommaire
Gérer & Comprendre
N° 109
Editorial
Par Pascal LEFEBVRE
Réalités méconnues
Dauphins et requins, Flipper, les dents de la mer et Orca
Par David GUTMANN
Président directeur général de Praxis International (Conseiller de Synthèse, Adviser in Leadership)
et Michaël GUTMANN
Conseiller de Synthèse et photographe
Cette comparaison peut paraître outrancière, mais elle renvoie à bien des égards à un système de représentations et permet de mieux définir et comprendre le rôle et l’action des leaders et managers qui président aux destinées de nos entreprises. Il s’agit ainsi d’en distinguer deux grands types et de pointer les comportements, les qualités et les dysfonctionnements qui leur sont propres, mais aussi de saisir le potentiel de leur complémentarité dans une équipe de dirigeants. Inspirés par l’éthologie, la psychanalyse, la mythologie, l’étymologie, la littérature et le cinéma, nous nous efforcerons de saisir la spécificité de leur mode respectif de management et d’appuyer cette grille de lecture sur des cas concrets. Et si, prolongeant la tradition d’Ésope et de Jean de La Fontaine, nous tentions l’identification entre, d’une part, nos grands dirigeants et, d’autre part, deux des figures animales qui s’inscrivent aujourd’hui au coeur de notre imaginaire et de notre culture populaire, celles du dauphin et du requin.
Théorie du contrat relationnel et gouvernance des relations interentreprises
Autour de l’œuvre de Ian MACNEIL
Par Matthieu MANDARD
Maître de conférences en sciences de gestion, École supérieure d’ingénieurs de Rennes, Centre de recherche en économie et management (CRM-UMR CNRS 6211), Université Rennes 1
Le contrat formel ne permet pas à lui seul de gouverner les relations interentreprises, ni plus généralement, les transactions économiques. Afin d’assurer le succès de ces dernières, le contrat doit nécessairement être complété par une dimension relationnelle d’origine sociale. C’est ce que Ian MacNeil s’est attaché à mettre en évidence au travers d’une oeuvre abondante et influente, mais trop souvent méconnue.
L’épreuve des faits
Leadership charismatique et impuissance de la gestion : crise et effondrement d’une PME
Par Vincent CALVEZ
ESSCA école de Management, UNAM (Université de Nantes, d’Angers et du Mans)
Un entrepreneur autodidacte crée une des plus importantes entreprises françaises de son secteur. Habité par une vision humaniste inspirée du versant social du catholicisme, il veut également bâtir l’« entreprise démocratique » dans laquelle la voix de chaque employé pourra être entendue et respectée. Il crée pour cela un système participatif et un processus de notation et d’élection du patron. Après avoir décrit l’élaboration de cette vision, l’article en propose une analyse afin d’en déceler les faux-semblants. Il y est ainsi montré que l’écart entre le désir du dirigeant charismatique et la réalité singulière de la gestion établit, puis entretient une structure d’évitement qui contribue à nourrir une crise organisationnelle. Ainsi affaiblie, la gestion se montre ensuite impuissante à corriger les problèmes récurrents de l’entreprise. Sa mise en redressement judiciaire, puis son rachat par un repreneur allemand achèvent de briser le rêve grandiose de l’entrepreneur.
Industrialisation des soins et gestion de l’aléa : le « travail d’articulation » au bloc opératoire, déterminants et obstacles
Par Stéphanie GENTIL
Institut d’Économie et de Management de Nantes – IAE
À la lumière du concept d’agencement organisationnel, la recherche questionne les impacts sur le travail réel du tournant gestionnaire des établissements de soins provoqué par les nombreuses réformes du système de santé. Notre étude de cas réalisée au sein du bloc opératoire d’une clinique privée souligne le rôle primordial du travail d’articulation effectué par les personnels pour faire face à l’événement. La communication est placée au coeur de l’agencement qui se construit en situation perturbée. Notre étude montre que les dispositifs gestionnaires déployés dans ce contexte de rationalisation des soins peuvent constituer un soutien essentiel à ce travail d’articulation, finalement apparenté à un travail de régulation au travers duquel les acteurs s’approprient ces dispositifs. Toutefois, nous identifions au sein de l’agencement un certain nombre de contradictions qui pèsent sur ce travail. Nous en appelons alors à de nouvelles formes de rationalisation du cadre de l’action tournées vers le soutien de ce travail de régulation.
En quête de théorie
Pourquoi les entreprises sont-elles désormais reconnues comme socialement responsables ?
Par Julie BASTIANUTTI
PREG-CRG, École Polytechnique
et Hervé DUMEZ
CNRS, PREG-CRG, École Polytechnique
Selon la définition donnée par la Commission européenne en 2001, « Être socialement responsable signifie non seulement satisfaire pleinement aux obligations juridiques applicables, mais aussi aller au delà et investir “davantage” dans le capital humain, l’environnement et les relations avec les parties prenantes ». Pour certains, cet au-delà du droit adopté sur un mode volontaire renverrait à un tournant éthique et citoyen pris par les entreprises et a donné lieu à un nouveau champ disciplinaire, en gestion. Pour d’autres, la responsabilité sociale des entreprises relèverait de la « plasticité du capitalisme », c’est-à-dire de sa faculté d’adaptation à des environnements nouveaux. Dépassant cette contradiction, cet article vise à comprendre comment et pourquoi les entreprises vont « volontairement » au-delà de leurs obligations légales.
Autres temps, autres lieux
L’émergence des collectifs de conception inter-industries
Le cas de la Lunar Society dans l’Angleterre du XVIIIe siècle
Par Marine AGOGUÉ
Centre de Gestion Scientifique, Mines ParisTech, France
C’est ainsi que des collectifs inter-industries apparaissent dans le paysage depuis plusieurs années, et que des politiques de relations entre différents clusters incitent à faire tomber les barrières qui séparent les différentes filières et à développer des synergies entre des industries qui n’ont pas l’habitude de collaborer entre elles. À travers l’étude de l’histoire de la Lunar Society, une forme historique de collectif de conception inter-industries créé dans un contexte de forts changements sociétaux et technologiques, cet article a pour ambition d’arriver à mieux comprendre la nature et les processus d’émergence des collectifs contemporains.
Quand l’entreprise remplace des bénévoles par des professionnels
Histoire de la valorisation et de la dévalorisation du réseau des délégués CAMIF
Par Benoît DEMIL, Xavier WEPPE
IAE de Lille - LEM (UMR 8179)
Le développement de la Camif, coopérative de consommation des instituteurs, doit beaucoup à son réseau de délégués bénévoles présents dans chaque département français. De 1947 à la fin des années 1960, ces bénévoles qui s’acquittaient de nombreuses missions tant logistiques que commerciales ont grandement contribué au succès de l’entreprise. Mais avec la professionnalisation de la Camif, cette précieuse ressource est progressivement abandonnée…
Mosaïque
« Capitalisme – Un dieu sans bible » – Idées reçues sur le modèle économique dominant
À propos de l’ouvrage de Jean-Michel Saussois, « Capitalisme – Un dieu sans bible » – Idées reçues sur le modèle économique dominant, Éditions Le Cavalier Bleu, 2011, 167 p.
Par Alain BURLAUD
Le management et son sujet, entre subjectivité et assujettissement
À propos du numéro de la Nouvelle Revue de Psychosociologie, coordonné par Gilles Arnaud et Maryse Dubouloy sur le thème : Le management est-il « hors sujet » ?
Par Anne-Lise MITHOUT
Comptabilité et contrôle : de l’enseignement disciplinaire aux enseignements sociétaux
À propos de l’ouvrage Comptabilité, contrôle et société (Mélanges en l’honneur du professeur Alain Burlaud), coordonné par Christian Hoarau, Jean-Louis Malo et Claude Simon, Vanves, Foucher, décembre 2011, 413 p.
Par Madina RIVAL
Maître de conférences au Cnam
L’éthique est-elle trop subtile pour laisser les hommes d’affaires s’en occuper ?
Compte-rendu de deux livres publiés par Alain Anquetil : Qu’est-ce-que l’éthique des affaires ? (Éd. Vrin, Paris, 2008) et Éthique des affaires, marché, règle et responsabilité (Éd. Vrin, Paris, 2011).
Par Michel VILLETTE
