Août 2023

sommaire

Réalités industrielles

Les industries des outre-mer et leurs transitions

Numéro complet
Ce numéro a été coordonné
par Hervé MARITON

Introduction

Par Hervé MARITON

Panoramas généraux

Des industries ultramarines contraintes, mais qui résistent Panorama sur les industries des outre-mer

Par Aurélien GUILLOU et Bruno TERRIEN
Économistes-statisticiens à l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM) et à l’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM)

En dépit d’une démographie des entreprises industrielles moins dynamique qu’au plan national (avec des créations moins nombreuses et un poids dans l’ensemble des défaillances plus élevé), l’emploi industriel a bien résisté au cours des dix dernières années dans les outre-mer. Les secteurs employant le plus de personnes sont l’agroalimentaire, l’énergie-eau-gestion des déchets et la métallurgie. La valeur ajoutée a progressé au même rythme que dans l’Hexagone, mais surtout grâce à un effet de composition sectorielle favorable. Pour un secteur donné, le taux de croissance de la valeur ajoutée est souvent inférieur en outre-mer. Le retard en termes d’équipements explique en partie ce différentiel, qui pourrait se réduire dans les années à venir grâce au dynamisme du financement bancaire destiné aux secteurs industriels.

Le développement industriel réunionnais : état des lieux, menaces et perspectives

Par Jean-François HOARAU
Professeur de sciences économiques à l’Université de La Réunion et membre du Centre d’Économie et de Management de l’Océan Indien (CEMOI)

La structure de l’industrie réunionnaise contemporaine est le résultat direct de la collision ancienne entre le modèle colonial d’économie de plantation, caractérisé par la domination de la filière canne-sucre-rhum, et le modèle moderne de la départementalisation, reposant sur la rente administrative, la montée en puissance du pouvoir d’achat de la population locale et la volonté (certes tardive) de diversifier l’industrie dans le cadre d’une logique d’import-substitution. Compte tenu des nombreuses entraves associées à un environnement insulaire tropical, le constat est celui d’une certaine réussite avec un tissu économique qui s’industrialise (même si la part de l’industrie reste modeste), faisant reculer significativement la dépendance réunionnaise aux importations. L’avenir de l’industrie réunionnaise est prometteur avec des défis de taille à relever, comme la consolidation de sa compétitivité, son internationalisation ou encore sa contribution à la souveraineté alimentaire et énergétique de l’île dans le cadre d’un modèle nécessairement plus circulaire.

La décarbonation, une chance pour les outre-mer

Par Matthieu BERGOT
Fondateur de Tabga, Conseil en stratégie de décarbonation

La décarbonation est un enjeu considérable, il l’est encore plus pour les outre-mer qui cumulent les défis du continent à ceux de leur situation insulaire (ou quasi insulaire comme la Guyane). Les outre-mer sont-ils prêts pour affronter le choc de la décarbonation, qui, bien plus qu’une transition, est en réalité une véritable transformation ? On peut en douter. À moins de poser de nouveaux principes pour fonder la suite, qui feront de cette décarbonation, cet obstacle vertigineux et insurmontable, une chance.

L’adaptation normative outre-mer, le BTP toujours au pied du mur

Par Stéphane BROSSARD
Président de la commission technique de la FRBTP de La Réunion

Les territoires ultramarins présentent des spécificités climatiques et géographiques que les normes et règlements du bâtiment, pensés à partir de la métropole, ne prennent pas assez en compte ce que mettait en évidence dès juin 2017 un rapport sénatorial. Il plaidait pour développer et diffuser l’expertise sur les modes de construction adaptés aux outre-mer, faciliter la certification et l’approvisionnement en matériaux, décentraliser la production de normes pour les ultramarins, faciliter l’innovation en réformant les procédures nationales de validation, et devoir les règlements pénalisant la création, par ailleurs nécessaire, de logements. Des progrès sont en cours, qui nécessitent cependant d’être amplifiés et intégrés dans de futurs plans logement en outremer.

Exemples industriels

Labéliser le nickel de Nouvelle-Calédonie pour le rendre plus compétitif et plus soutenable ?

Par Hugo LAPEYRONIE
Chargé de recherche au sein du département Diagnostics économiques et Politiques publiques de l’Agence française de développement

La récente proposition par le gouvernement néo-calédonien de créer un label « Nickel vert et éthique » interroge sur les opportunités de conciliation entre les objectifs de compétitivité et ceux de soutenabilité pour cette industrie. Dans cet article, nous reviendrons tout d’abord sur la place du nickel dans la transition énergétique, avant de présenter le contexte de sa production en Nouvelle-Calédonie afin de décrypter les enjeux d’un tel label, mais aussi informer en vue de sa mise en œuvre.

Une transition énergétique ambitieuse en Nouvelle-Calédonie, le regard d’un énergéticien

Par Stefan SONTHEIMER
Directeur de TotalEnergies Renouvelables Pacific

Pour qui s’intéresse aux impératifs de décarbonation et de stabilisation du coût de l’électricité d’une industrie ; pour qui s’intéresse aux ressources minérales nécessaires à la transition énergétique ; pour qui s’intéresse enfin aux projets structurants et novateurs pour notre avenir : la transition énergétique en Nouvelle-Calédonie revêt un caractère essentiel et urgent. Depuis 2016, ce territoire du Pacifique Sud a marqué un tournant dans sa politique énergétique manifestant son souhait de rejoindre les ambitions de l’Accord de Paris. L’industrie des mines de nickel, première activité économique locale et enjeu stratégique national, représente plus de 75 % de l’ensemble de la consommation électrique de l’île, et pèse lourdement dans son bilan carbone. Voyons comment, en engageant tous les acteurs concernés, du gouvernement calédonien à l’État français, des métallurgistes aux acteurs de l’énergie, et enfin des décideurs aux citoyens, il est possible de relever le grand défi de notre époque.

La SLN en Nouvelle-Calédonie vise la production d’un nickel moins carboné

Par Nathalie BAKHACHE
Secrétaire générale de la Société Le Nickel (SLN)

et Charles DUBOIS
Directeur Technique, Stratégie et Excellence opérationnelle de SLN

La Société Le Nickel est l’un des premiers producteurs mondiaux de ferronickel, indispensable à la fabrication d’aciers inoxydables, de batteries et d’aimants permanents, nécessaires à la transition énergétique. Le nickel est ainsi reconnu comme une matière première critique par la Commission européenne. Son exploitation et sa production sont aussi essentielles à la Nouvelle-Calédonie, occupant environ 10 000 emplois directs, indirects et induits. En concurrence mondiale, la Nouvelle-Calédonie doit répondre à deux défis : le prix de l’électricité et l’accès aux ressources, qui présuppose une acceptabilité de l’exploitation par les différentes parties prenantes, ce qui implique notamment une réduction de son empreinte carbone, tant par des économies d’énergie que par de nouvelles sources d’énergies décarbonées pour l’alimenter. L’investissement requis suppose en retour une visibilité de long terme sur l’accès à la ressource.

Produire et stocker l’électricité pour décarboner les systèmes insulaires

Par Thierry DÉAU
Président-directeur général de Meridiam

En région outre-mer, le développement du réseau électrique est confronté à des contraintes majeures, notamment l’isolement géographique et une forte croissance démographique. Le déploiement de la Station de transfert d’énergie par pompage (STEP) en Martinique, présenté dans cet article, illustre comment ces contextes particuliers permettent la mise en œuvre économique et significative d’infrastructures énergétiques, même à petite échelle. Cette infrastructure hybride, combinant une technologie mature avec de nouveaux moyens innovants, contribuera dès 2024 à répondre aux nombreux défis de développement territorial en Martinique, tels que l’indépendance énergétique, la stabilité et décarbonation du réseau, ainsi que le développement de l’économie agricole locale et la sécurité incendie.

Les sucreries de La Réunion au cœur de la transition écologique

Par Éric de BOLLIVIER
Directeur industriel de Tereos Océan Indien

La filière canne-sucre-rhum-énergie de La Réunion est au cœur du développement d’un ensemble économique lié à l’agriculture, à l’industrie, à l’énergie, à l’environnement ou encore au tourisme. Riche de plus de 200 ans d’histoire et dépassant l’enjeu sucrier, la filière a toujours su innover pour devenir aujourd’hui un véritable modèle d’économie circulaire en synergie avec les autres filières. Pionnière mondiale de la production d’énergie à partir de la canne à sucre, l’industrie sucrière est à l’origine de nombreuses innovations. Aujourd’hui, la bagasse ‒ résidu fibreux obtenu après extraction du sucre ‒ constitue la première source d’énergie renouvelable de l’île. Depuis 2019, la mélasse est également utilisée pour fabriquer de l’éthanol combustible qui alimente la turbine à combustion en service dans le sud de l’île. Au cœur des enjeux de transition écologique, l’industrie sucrière poursuit ses recherches pour augmenter la part de la filière correspondante dans la production d’énergie renouvelable. Les futures avancées techniques devront également garantir la qualité des sucres et les coproduits indispensables aux autres filières, et ainsi permettre de maintenir le rôle essentiel de la filière dans l’atteinte des objectifs du territoire en matière de transition écologique.

La production de rhum agricole en Martinique : objectif zéro déchet et neutralité carbone

Par Emmanuel BÉCHEAU
Directeur de la Distillerie de Fonds-Préville (Macouba-Martinique)

Fanny POUGEOISE
Responsable QHSE-RSE de la Distillerie de Fonds-Préville

et Leïla PUEYO
Stagiaire à la Distillerie de Fonds-Préville

La Distillerie de Fonds-Préville en Martinique s’est inscrite au fil du temps parmi les distilleries les plus connues et les plus productives de son domaine : le rhum agricole. Après dix années à développer et moderniser les outils de production, la distillerie a dû faire face à une augmentation progressive de ses déchets, aujourd’hui appelés « coproduits ». À la suite d’études terrains en interne ou avec des organismes de recherche comme l’INRAE, tous les coproduits de la distillerie sont de nos jours revalorisés. Une partie dans le process industriel (bagasse), une autre pour l’irrigation (vinasse) et la dernière pour l’amendement des champs de canne (compost). Le volet environnemental est une des préoccupations premières de la distillerie, et cette dernière cherche sans cesse à être plus vertueuse. Le bilan carbone réalisé en avril 2023 par la distillerie donnera de nouvelles pistes à celle-ci pour parfaire ses convictions écologiques.

Décarbonation, histoire et perspectives du SWAC (Sea Water Air Conditioning)

Par Richard H. BAILEY
Président de Pacific Beachcomber (PBSC)

et Franck LUCAS
Université de Polynésie française

Le conditionnement de l’air à partir de l’eau de mer a fait l’objet d’une expérimentation sur l’île de Bora Bora, à l’issue d’une conversation sur l’île de Tetiaora entre Richard H. Bailey et Marlon Brando ; une expérimentation qui s’est avérée nécessaire pour le développement touristique de l’île et économiquement rentable compte tenu des prix locaux de l’électricité, et ce tout en réduisant drastiquement les émissions carbonées par rapport aux procédés usuels de climatisation (systèmes à détente directe ou systèmes centralisés de groupe à eau glacée). Le retour d’investissement de cette expérimentation est évalué entre cinq et sept ans. Le procédé pourrait être étendu à d’autres cas. Il présente un intérêt certain dans un contexte où l’Agence internationale pour l’énergie estime que la consommation électrique mondiale liée à la climatisation va tripler d’ici à 2050 et la recherche de son efficience revêt un haut degré de priorité.

Flexibilité de l’outil de transformation, un impératif pour réussir un projet industriel en Polynési

Par Bruno BELLANGER
Groupe Brasserie de Tahiti

La Polynésie, territoire français autonome de 300 000 habitants isolés au milieu de l’océan Pacifique,doit relever, dans un proche avenir, les challenges de diminuer sa dépendance aux importations et de créer les emplois qui financeront sa politique sociale. Pour cela, elle doit s’équiper d’équipements de transformation qui lui permettront de produire une plus grande partie de ce qu’elle consomme, sans pour autant peser sur le pouvoir d’achat. À cette fin, il faut que les producteurs s’équipent d’outils qui leur permettront de rester rentables tout en proposant des tarifs équivalents à ceux des produits concurrents importés. Pour réussir ce défi, trouver des outils de transformation capables de produire un large spectre de produits est la condition sine qua non du succès, la taille et la capacité de production des outils classiques habituellement proposés par les fabricants restant surdimensionnés par rapport aux besoins du marché polynésien. La flexibilité de l’outil de transformation sera alors la clef de la réussite de leur projet.

France-Antilles, d’une réalité en crise à la révolution industrielle numérique en outre-mer

Par Claude PERRIER
Directeur général de France-Antilles et de France-Guyane

et Nicolas FRANÇOIS
Directeur industriel et des sites de production

En 2023, la presse papier est affectée d’une crise internationale. Ce phénomène, qui touche les journaux traditionnels mais aussi les magazines imprimés, apparait sous l’effet de plusieurs facteurs complexes et multidimensionnels. C’est une réalité : sans un sursaut stratégique des groupes de presse, le support papier tendra à disparaitre, et particulièrement en outre-mer. À la suite d’un constat sans équivoque, Claude Perrier, directeur général du Groupe Presse Antilles Guyane, tente l’aventure du 100 % impression numérique, de l’industrie verte et du renouveau de la presse papier aux Antilles. Un résultat positif au rayonnement international dès la première année, en remportant le prix de l’innovation technique de la presse en 2022.

La décarbonation de la place portuaire guyanaise à partir de la valorisation des sargasses

Par Philippe LEMOINE
Président du directoire et directeur général du Grand port maritime (GPM) de la Guyane

Le Grand port maritime de la Guyane (GPM Guyane), établissement public de l’État, a été créé en 2013 pour gérer les installations portuaires de Dégrad des Cannes, sur la commune de Rémire Montjoly, et celles de Pariacabo, sur la commune de Kourou. L’objectif du GPM Guyane est d’accompagner le développement économique de la Guyane en facilitant les importations et les exportations, et ce en mettant ses installations portuaires à disposition de toute activité industrielle nécessitant des échanges par voie maritime, dans un contexte global de transition énergétique et écologique. Partant du constat d’un besoin de fertilisants pour l’agriculture guyanaise et de la nécessité de décarboner la plateforme portuaire, le GPM Guyane a lancé des recherches sur la possibilité de récolter, pour en tirer à la fois de l’engrais et de l’énergie, les sargasses au large des côtes, avant qu’elles n’aillent s’échouer sur celles de l’arc caribéen. Ces transformations nécessitent une production d’électrons verts à partir de la méthanisation des sargasses, de panneaux solaires photovoltaïques et de l’énergie osmotique.

Contributions nationales ou mondiales des DOM COM

Le spatial en Guyane face aux enjeux de la transition énergétique

Par Philippe BAPTISTE
Président Directeur Général du CNES

Jean-Marc ASTORG
Directeur de la Stratégie du CNES

Marie-Anne CLAIR
Directrice du Centre Spatial Guyanais du CNES

Laurence Monnoyer-SMITH
Directrice du Développement Durable du CNES

et Pascal NOIR
Responsable Chef de projet R&T Système Lanceur et Environnement

Le Centre spatial guyanais (CSG) situé à Kourou en Guyane française est au cœur de l’aventure spatiale française et européenne depuis son origine dans les années 1970. C’est depuis le CSG que sont lancées les fusées Ariane depuis 1979, mais aussi le petit lanceur Vega depuis 2012. Ariane 6, dernier lanceur né de la filière, va prochainement remplacer Ariane 5, qui a permis à Arianespace d’être leader mondial sur le marché des services de lancement pendant plus de vingt ans. Dans un contexte de concurrence acharnée face à SpaceX, le CSG entame une phase de modernisation profonde, pour à la fois réduire les coûts de lancement et réaliser sa transition énergétique. Le présent article rappelle les grandes étapes du développement du CSG et des lanceurs européens, présente les enjeux de la transition énergétique du site, puis décrit quelques projets concrets actuellement en phase de réalisation (nouvelle boucle de distribution électrique, centrales photovoltaïques, centrales biomasse et unité de production d’hydrogène vert).

L’innovation et l’accélération des start-up dans les outre-mer, véritable levier de développement économique et social

Par ZEBOX Caraïbes

En dépit d’obstacles spécifiques, le développement de l’écosystème start-up dans les outre-mer apparaît dynamique et prometteur, si bien qu’il est permis d’y voir un véritable levier de création de richesses pour ces territoires. Dans la continuité des actions menées par les pouvoirs publics et le monde associatif, les grands groupes ont un rôle à jouer pour accompagner les entrepreneurs locaux dans leurs projets, et participer à la structuration d’un environnement favorable à l’innovation. ZEBOX, le réseau international d’incubateurs de start-up du Groupe CMA CGM, un acteur mondial des solutions de transport et de la logistique, comprend depuis 2022 des locaux en Guadeloupe, accueillant actuellement une dizaine de start-up dans divers domaines stratégiques. Dans une démarche complémentaire, le Phare, incubateur social de la Fondation CMA CGM, a également étendu son action aux Antilles.

La diversité française dans le jeu vidéo, soft power des outre-mer

Par Giovanni CELESTE
Fondateur de la société Dodorassik Games

L’industrie du jeu vidéo est une opportunité pour les départements et les régions d’outre-mer. Pourtant, elle reste méconnue du grand public en France, et souffre d’une méconnaissance par les acteurs institutionnels. L’objectif de cet article est de permettre d’apporter une nouvelle grille de lecture du jeu vidéo, dans un contexte mondial qui mérite que l’on se saisisse de ces sujets, pour valoriser nos patrimoines, pour répondre à des enjeux socio-économiques, mais aussi dans un contexte de crise qui nous oblige à revoir notre copie sur les enjeux environnementaux.

Entreprendre outre-mer, la quête du sens

Par Jérôme ISAUTIER
PDG du Groupe Isautier

À travers une brève histoire économique de La Réunion et du Groupe Isautier, nous interrogeons danscet article les ressorts et perspectives de l’entrepreneuriat outre-mer. La situation spécifique de ces îles françaises et européennes, que ce soit sur le plan géographique ou administratif, détermine leurs contraintes et opportunités, et nécessairement leur potentiel de développement économique et humain. Que le point de vue soit de Paris ou de Saint-Denis, les perceptions, motivations et attentes relatives à la relation entre la « mère patrie » et son département ultramarin sont forcément différentes. Il est raisonnable de penser que chaque partie ambitionne la quête du mieux pour soi. La question se pose de la convergence d’intérêts et du rôle des entrepreneurs dans ces considérations macro-économiques. En écho aux questionnements de la société du moment, et si le sujet se résumait en une « quête de sens commun » ?

Hors dossier

Sortir de l’addiction aux combustibles fossiles : une nécessité, mais quel défi !

Par Gérard BONHOMME
Professeur émérite à l’Institut Jean Lamour, Campus Artem, Université de Lorraine, et président de la commission « Énergie & Environnement » de la Société française de physique

Atteindre l’objectif de la neutralité carbone en 2050 imposera une réduction drastique de notre consommation de combustibles fossiles, qui représentent pourtant aujourd’hui notre source d’énergie principale. L’électrification de nouveaux usages, jointe au déploiement de sources d’électricité bas-carbone, ainsi que la réduction de la consommation par des gains en efficacité énergétique et la mise en œuvre de mesures de sobriété sont les leviers envisagés dans les différents scénarios. Mais face à l’énormité du défi et à ses dimensions planétaires, et au rôle essentiel de l’énergie dans l’économie, un examen objectif et lucide des contraintes et des limites physiques est indispensable. Dans cet article, nous expliquons ainsi pourquoi les sources renouvelables seules ne suffiront pas et pourquoi le recours à l’énergie nucléaire est absolument indispensable.

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