Juin 2015

sommaire

Gérer & Comprendre

Numéro complet

N° 120

Editorial

Par Pascal LEFEBVRE
Editorialiste

Réalités méconnues

Ar(t)chitectes et management : histoires d’introduction d’outils de management chez les architectes

Par Miguel DELATTRE
Maître de Conférences, ISEOR, Magellan, IAE Lyon, Université Jean Moulin

Renaud PETIT
Maître de Conférences, Université de Franche Comté, Centre de Recherches En Gestion des Organisations (CREGO), Chercheur associé à l’ISEOR

et Véronique ZARDET
Professeur, ISEOR, Magellan, IAE Lyon, Université Jean Moulin

Cet article aborde la question de la (ré)conciliation entre « l’essence artistique » et la pérennité économique et sociale des agences d’architecture. Ces dernières vivent une crise identitaire et une crise de positionnement managérial liées à des contraintes économiques, sociales, environnementales et normatives, auxquelles elles n’avaient pas été préparées. L’objectif est de mieux comprendre ce phénomène à partir d’une analyse de la situation socio-organisationnelle, managériale et économique initiale d’un groupe de six agences, et leur situation après plusieurs mois de recherche-intervention. Nous proposons une analyse des modalités de l'articulation entre les activités de management et le métier d’architecte-concepteur, qui montrera que le renforcement de la cohésion interne et de la qualité de vie professionnelle constitue un facteur de différenciation, et probablement une condition liminaire pour mieux affronter l’environnement externe et retrouver pleinement le sens du métier d’architecte.

Le « grand retour » des majors du pétrole à la faveur du troisième choc pétrolier

Classes d’entreprises et groupes stratégiques de l’industrie pétrolière

Par Rodolphe GREGGIO
Professeur de classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), Lycée Carnot, Paris

et Benoît MAFFEI
Directeur de recherche, École des hautes études commerciales (EDHEC), Paris

Le secteur pétrolier se caractérise depuis un certain nombre de décennies par un profond paradoxe : tout en ayant été exclues des gisements les plus rentables par des vagues de nationalisations intervenues notamment depuis les années 1970, et bien que désormais largement minoritaires en termes de parts de la production mondiale, les multinationales occidentales du pétrole ont réussi à conserver un solide leadership financier, technologique et stratégique, tandis que l’autonomie des opérateurs issus notamment des pays émergents demeure, quant à elle, tout à fait relative. La stabilité des positions comparées des acteurs présents dans la filière pétrolière induit à proposer une interprétation en termes de « classes d’entreprises », de préférence à la catégorie communément admise de « groupes stratégiques » - autrement dit à privilégier une subdivision sectorielle en catégories d’entreprises relativement étanches (bien qu’en constante rivalité/collaboration entre elles) dont les stratégies sont surdéterminées par des contraintes géopolitiques et industrielles qu’il est difficile de subvertir.

La traduction du français en anglais transforme-t-elle le sens du discours des présidents des sociétés du CAC 40 ?

Par Michaël VALLÉE
Enseignant-chercheur, EDC Paris Business School

Ce travail se propose de montrer des différences dans les traductions du français en anglais des messages des présidents des sociétés du CAC 40. Alors que la traduction en anglais devrait être le plus fidèle que possible au texte originel en français, on observe des contextes dans lesquels certains choix de traduction marquent de grandes différences. La tendance générale consiste à présenter en français l’entreprise de manière factuelle et neutre, alors que la traduction en anglais en donne une vision beaucoup plus positive et valorisante.

L’épreuve des faits

La coopétition, une stratégie stabilisatrice des filières traditionnelles ?

Une histoire raisonnée de l’indication géographique protégée « Volailles fermières des Landes »

Par Stéphanie PETZOLD
Enseignant-chercheur, Kedge Business School

et Marie CARPENTER
Maître de conférences, Télécom École de Management

La coopétition fait l'objet de nombreuses recherches portant sur des secteurs technologiques. Mais elle concerne également de nombreux autres secteurs dans lesquels les entreprises ont un besoin de ressources complémentaires pour rester compétitives. C'est le cas de l'agroalimentaire, qui est pourtant aujourd'hui encore en manque d'études empiriques à ce sujet. Dans cet article, à partir de l'étude du cas de l’IGP « Volailles fermières des Landes » (VFL), nous nous interrogerons, d'une part, sur la façon dont les acteurs d'une filière engagée dans un processus de labellisation telle qu’une IGP (Indication Géographique Protégée) gèrent le nécessaire arbitrage entre la coopération et la concurrence et, d'autre part, sur l'impact de cet arbitrage sur la pérennisation d’une IGP. Nous mettrons en perspective les résultats d'une démarche d'histoire raisonnée effectuée dans le contexte de cette filière avec ceux obtenus dans les secteurs technologiques, ce qui nous permettra d'apporter des éléments de réponse à la question de l'effet stabilisateur (ou non) d’une stratégie de coopétition dans une filière traditionnelle, en l’occurrence, celle de l’agroalimentaire.

Cartes de géographie et outils de gestion

Par Régis MARTINEAU
groupe ESC Troyes

Nous proposons de décrire le fonctionnement intime des outils de gestion en utilisant la métaphore cartographique. En effet, une carte géographique et les instruments de gestion ont ceci en commun qu’ils sont tous deux des artefacts physiques qui représentent des objets extérieurs (la première, un territoire, et, les seconds, une activité ou une organisation) en les simplifiant afin d’aider un sujet à s’y orienter (un voyageur, pour la carte /un manager, pour l’outil de gestion). La connaissance des cartes étant bien plus avancée que celle des instruments de gestion, c’est d’elles que nous tirons quelques pistes de réflexion pour la conception d’outils de gestion mieux adaptés.

Des managers en formation au Louvre : usages de la peinture dans un cursus de formation continue

Par Christophe FALCOZ
Professeur associé IAE Lyon, directeur RCF Management

et Yves-Frédéric LIVIAN
Professeur émérite IAE Lyon

Emmener au Louvre 24 groupes de managers pour suivre une formation au management est une expérience rare. Cet article, qui s'inscrit dans le courant des Critical Management Education, décrit la réalisation d'un module de formation portant sur la peinture comme élément de réflexion sur le Pouvoir, et s’inscrivant dans le cadre d'un programme de perfectionnement de managers d'une entreprise multinationale implantée en France. Dans ses succès comme dans ses limites, l'expérience invite à poursuivre le nécessaire renouvellement des pratiques de formation au management, enjeu de taille à l’heure où la production des élites économiques est remise en cause par une crise qui s'éternise.

En quête de théorie

Quand l’art parle de restructurations d’entreprises

Dévoilement des impensés et connaissance expérientielle

Par Géraldine SCHMIDT
GREGOR, Chaire MAI, IAE de Paris, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Rachel BEAUJOLIN
GREGOR (Groupe de Recherche en Gestion des Organisations de l’Institut d’Administration des Entreprises de Paris), Chaire MAI et Neoma Business School

Damien MOUREY
GREGOR, Chaire MAI, IAE de Paris, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Natalia BOBADILLA
GREGOR, Chaire MAI, IAE de Paris, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Stéphane DEBENEDETTI
Dauphine Recherches en Management, Université Paris Dauphine

Philippe MAIRESSE
ACTE, Art et Flux, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Véronique PERRET
Dauphine Recherches en Management, Université Paris Dauphine

François PICHAULT
LENTIC, HEC Liège

et Virginie XHAUFLAIR
Chaire Baillet Latour, HEC Liège

L’art est-il susceptible d’apporter un nouveau type de connaissance sur les restructurations d’entreprises ? C'est autour de cette question que s'est construit le projet de recherche européen qui est à la base de cet article. Nous rendons compte ici des premiers résultats de ce programme de recherche qui a réuni chercheurs, artistes et acteurs des restructurations autour de productions artistiques en nous efforçant d’identifier et de qualifier la nature spécifique des connaissances que le recours à la représentation artistique peut permettre de produire. Suivant l’invitation qui nous est faite par Becker (2007) de considérer la représentation artistique comme une représentation possible et potentiellement riche de la société, nous défendons l’idée que les représentations artistiques des restructurations d’entreprises sont susceptibles d’enrichir, voire de renouveler, la nature et les modes de production des connaissances académiques sur ce phénomène, plus précisément par le recours à deux œuvres artistiques de natures différentes (un film, un travail photographique, une pièce de théâtre). Cet article présente les œuvres d’art comme un matériau riche et complexe permettant le dévoilement de certaines dimensions, délibérément ou involontairement cachées ou occultées, des processus de restructurations. Par le biais d’une connaissance expérientielle, les œuvres d’art fournissent en effet un regard décalé, tantôt complémentaire, tantôt contradictoire, sur les représentations des restructurations majoritairement proposées par la recherche académique.

Mosaïque

Comment rendre les entreprises redevables à l’égard de la société ?

À propos du livre de Michel Capron et Françoise Quairel-Lanoizelée, L’entreprise dans la société. Une question politique, Éditions La Découverte, Collection Grands Repères

Par Franck AGGERI
Professeur, MINES ParisTech, PSL research university, Centre de Gestion Scientifique (CGS), UMR CNRS i3 9217, France

Le coût de la panne

À propos du livre de Bruno Jarrosson, La panne de l’intelligence stratégique - Pourquoi les peuples creusent-ils leur tombe en sifflotant ?, L’Harmattan, 2014

Par Arnaud TONNELÉ

Marchés contestés

À propos du livre de Philippe Steiner et Marie Trespeuch (dir), Marchés contestés. Quand le marché rencontre la morale, Presse Universitaires du Mirail, 2014

La mise en marché : une mise à l’épreuve de nos conceptions morales ?

Par Michel VILLETTE
Centre Maurice Halbwachs, ENS/EHESS/CNRS

La revue complète

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