Novembre 2013

sommaire

Réalités industrielles

Les industries de l'art de vivre

Numéro complet
Ce numéro a été coordonné
par Thomas PARIS,

Avant-propos

Par Arnaud Montebourg
Ministre du Redressement productif

Introduction

Par Thomas PARIS
PREG-CRG, École Polytechnique

Un enjeu pour la France

L’art de vivre à la française : délocalisation, ou disparition ?

Par Patrick THOMAS

L’art de vivre à la française est un concept clair dans beaucoup d’esprits, et pourtant il est difficile à cerner objectivement. Composé de matériel et d’immatériel, il s’exporte avec succès jusqu’à peser aujourd’hui dans la balance commerciale de la France. En revanche, les expériences de délocalisation ont souvent été des échecs. Peut-on séparer le produit de son âme sans qu’il la perde ? N’y a-t-il pas un plus grand danger encore, qui menace notre art de vivre à la française ?

Le Comité Stratégique de Filière (CSF) des industries de la Mode et du Luxe

Par Benjamin LEPERCHEY

Les industries du luxe (hors tourisme) emploient, en France, 170 000 personnes, pour un chiffre d’affaires de 43 milliards d’euros. Le secteur du luxe est donc stratégique pour la France de par le poids important et croissant qui est le sien dans l’économie. Ce secteur fait donc logiquement l’objet d’une attention particulière de la part des pouvoirs publics. Ainsi, à la suite des États généraux de l’Industrie (EGI), a été installé, en 2010, un Comité Stratégique de Filière (CSF) des industries de la Mode et du Luxe, qui a pour ambition d’élaborer en associant toutes les parties prenantes un plan d’action stratégique devant permettre de pérenniser la filière, de la renforcer et d’accroître ses performances à l’export.

Les raisons de la réussite du Guide Michelin au Japon

Par Gwendal POULLENNEC

Le Guide Parker, le classement de Shanghai, les notes de Fitch ou de Moody’s sont aujourd’hui des références mondiales. En matière de gastronomie, la bible est le Guide Michelin. Comment cette institution tellement française, si éminemment locale dans son histoire et sa conception, a-t-elle pu s’imposer dans d’autres cultures ? L’exemple du Japon montre qu’à côté de qualités universelles comme l’objectivité et l’indépendance, se joue aussi une rencontre interculturelle, qui seule permet une réelle appropriation du produit.

Le tourisme en France : une mine d’or à l’abandon

Par Julien BARNU

La richesse de son patrimoine historique et culturel, ses grandes marques emblématiques de réputation mondiale, son art de vivre et ses grands magasins ont fait de la France une destination touristique incontournable. Elle est devenue, depuis les années 1990, la destination la plus prisée au monde. Mais si le secteur du tourisme bénéficie d’importants atouts, il connaît aussi de nombreuses faiblesses, notamment en matière d’accueil et de service. De nombreux rapports ont parfaitement identifié les actions à engager pour y remédier, mais le principal obstacle à leur mise en œuvre est d’ordre culturel. Il est donc indispensable, comme l’ont fait d’autres pays, de développer une « conscience touristique » tant au niveau politique qu’au niveau de la population.

L'art de vivre par ses acteurs

Un métier de l’art de vivre : le parfumeur

Par Jean-Claude ELLENA

La mondialisation s’accompagne d’une standardisation du goût. Dans un tel contexte, la stratégie développée par les grands groupes industriels est d’orienter le marché à partir des façons de consommer, privilégiant ainsi la demande à l’offre. Dès lors, l’avenir des métiers d’art – et donc celui des parfumeurs – est plus que jamais lié à la distinction, à la diversité, à la création. Pour exister, ils sont condamnés à inventer. Rompant avec cette logique de standardisation, la maison Hermès a confié, en 2004, la création de ses parfums à un parfumeur-créateur, à un « nez », redonnant ainsi toute sa place au talent individuel. En effet, ce qui fait un parfum ce n’est pas son coût, mais son rendu émotionnel. La création d’un parfum est avant tout une œuvre de l’esprit.

Les deux mondes du vin

Par Éric GOETTELMANN

Le vin engendre les passions : celles de l’émotion et de l’amour, mais aussi celles des marchés et de l’argent. Le secteur des vins et spiritueux représente dix années d’excédents commerciaux dont a bénéficié l’économie française (dont 9,5 milliards d’euros d’excédent en 2012). Trois éléments essentiels font un vin : son terroir, son millésime et les hommes qui l’ont élaboré ; des éléments qui sont autant de sources d’incertitudes pour tout investisseur. La logique financière comme le processus de mondialisation, qui caractérisent aujourd’hui le monde du vin, conduisent sous l’action de l’œnologie moderne à une standardisation qui présente peu de risques et offre des marges considérables. L’enjeu pour le sommelier que je suis est de faire en sorte que le vin reste une source de plaisir et ne devienne pas un simple produit spéculatif ou standard. * Cet article est issu du compte rendu d’une séance du « Séminaire Création » de l’École de Paris du Management, tenue le 8 novembre 2013. Nous remercions l’École de nous avoir autorisés à publier ce texte.

Jazz en cuisine

Par Alain PASSARD

Alain Passard est le chef du restaurant L’Arpège situé à Paris. Une aporie créative et une révélation l’ont amené à rompre avec le tissu animal sur lequel il avait bâti son savoir-faire, pour se consacrer à la cuisine du légume. Cela l’a conduit à développer ses propres jardins pour pouvoir connaître les légumes dans leur diversité. Son histoire permet de mieux comprendre son métier, celui de cuisinier. * Cet article est issu du compte rendu d’une séance du « Séminaire Création » de l’École de Paris du Management, tenue le 15 mai 2012. Nous remercions l’École de nous avoir autorisés à publier ce texte.

Les métiers d’art, les réalités économiques d’un secteur méconnu

Par Anne JOURDAIN

Les métiers d’art connaissent en France une situation paradoxale. S’il est répété à l’envi dans les communications des pouvoirs publics que ces métiers représentent un secteur à fort potentiel économique, ce potentiel est davantage supposé que constaté. En effet, les métiers d’art restent largement méconnus au sein de la sphère politique et de la société française en général. Le très faible nombre des études consacrées aux entreprises de métiers d’art participe de cette méconnaissance générale. À partir d’une enquête sociologique recourant aux méthodes qualitatives et quantitatives, nous proposons ici de remédier à cette méconnaissance en donnant à voir les réalités économiques et sociales des métiers d’art.

Les dynamiques des industries de l'art de vivre

Le luxe « à la française », un marché porteur, ou une stratégie originale et dominante ?

Par Vincent BASTIEN

Art de vivre et luxe sont étroitement liés. Parler d’art de vivre, c’est donc parler notamment de luxe. Or, si l’art de vivre est une notion très abstraite, celle de luxe est fort concrète et nous disposons de beaucoup de chiffres sur le sujet. C’est du luxe dont il va être question dans cet article, et plus particulièrement de dépasser le concept de « marché du luxe » pour nous intéresser à celui de « stratégie du luxe ».

L’économie de la mode

Par Dominique JACOMET

La mode représente un concept essentiel pour comprendre l’économie et la société contemporaines. Celle-ci est pourtant sujette en France à des représentations contrastées : laudatrices, parce qu’elle renvoie à une réalité brillante de la tradition française, mais parfois, réprobatrices, car elle peut être assimilée à un univers futile. Il s’agit ici de dépasser ces images d’Épinal pour souligner l’importance de la mode, que mettront en évidence trois angles d’analyse : le périmètre de l’économie de la mode, la place de la mode au sein des industries créatives et la mode en tant que système.

Le design apporte de l’art de vivre à tous les objets de notre vie quotidienne

Par Anne-Marie BOUTIN

L’Agence pour la Promotion de la Création Industrielle (APCI) est un observateur privilégié du rôle particulier que joue le design dans la promotion de l’art de vivre à la française. Les industries traditionnelles de l’art de vivre, à l’instar des entreprises les plus compétitives de tous les secteurs de l’économie, revisitent leur savoir-faire à l’initiative de designers et grâce au recours à de nouveaux matériaux ou de nouvelles technologies, avec pour ambition de s’ouvrir à de nouveaux marchés et de perpétuer ainsi le rayonnement de l’art de vivre à la française au niveau international.

Le style, moteur du positionnement de PSA Peugeot-Citroën

Par Jean-Pierre PLOUÉ

Jean-Pierre Ploué dirige le style du groupe PSA Peugeot-Citroën. Dans le contexte de la globalisation, le style devient un élément important dans l’affirmation d’une identité de marque. Ce constat l’a conduit à orchestrer une réflexion sur les positionnements respectifs des marques du groupe et à lancer une nouvelle ligne, DS, qui devra capitaliser sur le « luxe à la française », sur cet « esprit de Paris » qui apparaît comme un élément fort de compétitivité face à des constructeurs mieux positionnés en termes de prix ou de qualité perçue. Lorsque l’on sait l’incarner dans des produits, l’art de vivre à la française devient alors un facteur de compétitivité. * Cet article est issu du compte rendu d’une séance du « Séminaire Création » de l’École de Paris du Management, tenue le 3 avril 2013. Nous remercions l’École de nous avoir autorisés à publier ce texte.

Industries de l’art de vivre et création d’emplois

Par Jean-Luc DÉCHERY

La France est reconnue pour ses atouts favorisant le développement d’industries de l’art de vivre. Mais cela n’est pas pour autant une garantie de succès. Il faut, pour réussir, compter sur la durée et sur l’excellence de ses produits ou services, mais aussi mener un effort intense d’internationalisation. En suivant ce fil conducteur, le maroquinier Camille Fournet vient de créer 50 emplois sur son site principal dans l’Aisne, une région industriellement sinistrée. In fine , la force de la marque est le gage de la pérennité de ses emplois, et même de leur croissance. Mais derrière de magnifiques leaders, notre économie manque, dans ce secteur comme dans d’autres, de bataillons de PME à fort potentiel de croissance.

Hors dossier

L’impression tridimensionnelle, une technologie clé pour les usines du futur ?

Par Arthur GUILLOUZOUIC-LE CORFF

Encore très confidentielle il y a peu, l’impression en 3D a gagné en l’espace d’une année une grande notoriété grâce à une présence considérablement augmentée dans les médias destinés au grand public. Celle-ci a été portée par des phénomènes qui peuvent sembler marginaux, comme l’impression d’une arme à feu au domicile d’un citoyen américain (1), ou un financement de la NASA (à hauteur de 125 000 dollars) pour un programme de création d’une pizza par fabrication additive (2). Toutefois, cette attention nouvelle du public accompagne une croissance réelle et rapide de l’usage de cette technologie dans l’industrie, dans des domaines aussi variés que les composants aéronautiques, la joaillerie, les prothèses dentaires ou, encore, les objets en plastique personnalisables. L’intervention publique aux États-Unis et en Chine pour structurer ce nouveau marché et faire émerger dans ces deux pays des acteurs nationaux pose la question de l’opportunité d’actions du même type aux niveaux européen et français.

La revue complète

Digital issues: abstracts

Retour en haut