Novembre 2011
sommaire
Réalités industrielles
La santé : perspectives scientifiques et réalités économiques
Ce numéro a été coordonné
par Jacques N. BIOT,
Editorial
Par Pierre COUVEINNHES
Rédacteur en chef des Annales des Mines
Avant-propos
Par Jacques N. BIOT
Les frontières de la science
Etat de l'art dans le domaine des maladies rares
Par Professeur Alain FISCHER Unité d’Immunologie, d’Hématologie Pédiatriques, Unité INSERM 768 « Développement normal, pathologique du système immunitaire » et Institut IMAGINE
Unité d’Immunologie et d’Hématologie Pédiatriques, Unité INSERM 768 « Développement normal et pathologique du système immunitaire », Institut IMAGINE
Les maladies rares représentent des « phénotypes extrêmes » qui contribuent à la compréhension de mécanismes physiologiques et physiopathologiques utiles à l’élaboration de traitements pour des maladies plus communes. De telles opportunités expliquent que la recherche thérapeutique bénéficie d’une collaboration renouvelée entre le milieu académique et l’industrie, susceptible de déboucher sur des réussites industrielles spectaculaires, mais aussi et surtout sur un bénéfice notable pour les patients traités.
Les enjeux scientifiques de la sécurité sanitaire des médicaments
Par Lamiae GRIMALDI-BENSOUDA
Professeure associée, Cnam, Hygiène et Sécurité, et LA-SER
Jérôme SALOMON
Professeur associé, Cnam, Hygiène et Sécurité, et Institut Pasteur
Mounia N HOCINE
Maître de conférence, Cnam, Hygiène et Sécurité
Laura TEMIME
Maître de conférence, Cnam, Hygiène et Sécurité
et William DAB
Professeur, Cnam, Hygiène et Sécurité
La politique du médicament et de l’évaluation des risques afférents est relativement autonome de la politique de santé publique, elle relève de processus décisionnels et d’institutions qui lui sont spécifiques. Les conditions d’étude des effets des médicaments au cours des essais thérapeutiques sont très éloignées de ce que seront ses conditions réelles d’utilisation. Dans un tel contexte, la fonction de pharmacovigilance est donc importante et sa fiabilité doit être maximisée, ce qui pose de nombreux problèmes méthodologiques. Parmi les différentes méthodes permettant l’évaluation des risques au sein de populations importantes figure la pharmacoépidémiologie, une approche initialement réservée à l’étude de la propagation des maladies infectieuses.
Le financement des systèmes de santé
L'assurance maladie en France : Beveridge et Bismarck enfin reconciliés
Par Gérard de POUVOURVILLE
(X70) - Professeur titulaire de la Chaire Systèmes de Santé, ESSEC
La classification traditionnelle des systèmes de protection sociale renvoie à deux modèles principaux : le modèle dit de l’assurance sociale (ou bismarckien) et le modèle national (ou bévéridgien). Ces deux modèles se caractérisent par deux traits communs : l’universalité de la couverture offerte et, de par le caractère obligatoire de ces deux régimes, le principe d’un financement fondé sur la capacité contributive de l’assuré et non pas sur le niveau de risque estimé. A contrario, ces deux modèles se distinguent par l’assiette du financement (concentrée sur les seuls revenus du travail pour le régime de l’assurance sociale et sur l’ensemble des revenus pour le modèle national) et par le régime de gouvernance (gestion par des organismes placés sous tutelle publique pour le modèle d’assurance sociale et gestion par l’Etat pour le modèle national). Au gré de ses évolutions, le régime de protection sociale français (créé en 1945 par ordonnance) s’inscrit de plus en plus dans une logique bévéridgienne, avec un contrôle croissant de l’Etat sur la gestion paritaire instaurée après-guerre.
Le financement de la production de soins
Par Philippe SAUVAGE
Directeur économique et financier, Assistance Publique Hôpitaux de Paris
Dans les pays les plus riches, les dépenses de santé s’élèvent très souvent à plus de 10 % du PIB national. Dans un tel contexte, la socialisation des dépenses de santé est inéluctable dans la mesure où les sommes en jeu dépassent largement les capacités de paiement d’un individu. Les dépenses publiques du système de santé sont devenues si importantes que leur régulation est devenue indispensable, notamment dans le contexte actuel de crise. Elle exige l’accomplissement d’un effort collectif de façon à mieux comprendre et mieux maîtriser notre système de santé, mais cette nouvelle gouvernance ne peut aller au-delà d’un équilibre forcément difficile à trouver visant à concilier les contraintes de soins avec les contraintes de gestion.
Economie du médicament dans le monde
Si l’industrie pharmaceutique réalise encore aujourd’hui l’essentiel de son chiffre d’affaires dans les pays développés, les marges de croissance de celui-ci se situent désormais dans les pays émergents et reposent sur la production massive de médicaments génériques. Pour continuer à tirer leur épingle du jeu, les entreprises du médicament des pays développés doivent miser sur l’innovation en développant les médicaments à forte spécialisation et ceux issus des biotechnologies. L’avenir est aussi à l’élaboration de médicaments sur mesure, à la bonne dose et administrés au bon moment : un médicament adapté à chaque pathologie et à chaque patient.
La recherche en sciences de la vie
L'organisation des sciences de la vie et de la sante en France
Par Professeur André SYROTA Président-directeur général de l’Inserm
Président-directeur général de l’Inserm
Comprendre les enjeux de l’organisation des sciences de la vie et de la santé demande d’avoir à l’esprit trois évolutions majeures survenues depuis quelques décennies : celles-ci concernent la production du savoir, les enjeux de santé publique et la dimension économique de la recherche.
Le financement associatif et/ou caritatif de la recherche en sciences de la vie
Par Professeur Alice DAUTRY Directrice générale de l’Institut Pasteur, Sylvain COUDON Directeur de la communication, du mécénat et Institut Pasteur
Directrice générale de l’Institut Pasteur
Depuis sa création (le 14 novembre 1888), l’Institut Pasteur, fondation reconnue d’utilité publique, a toujours pu bénéficier de la générosité de donateurs (célèbres ou anonymes) qui l’ont ainsi accompagné dans toutes les étapes de son développement (via l’élargissement du champ de ses recherches). A l’origine, essentiellement le fait d’individus (sous forme de legs ou de dons), cette générosité s’exprime aussi aujourd’hui dans le cadre du mécénat d’entreprises.
Hors dossier
Le rôle du corps des mines dans la politique industrielle française : deux siècles d'action et d'influence
Par Christian STOFFAËS
Ingénieur général des Mines, Président de l’Institut d’Histoire de l’Industrie
Créé à la fin de l’Ancien régime, institué par la Révolution, le Corps des ingénieurs des Mines a toujours affirmé sa permanence (avec des hauts mais aussi des bas) et pris une part active à la définition de la politique industrielle de la France à travers toutes les phases de développement économique et les successions de régimes qu’a connues notre pays : des Encyclopédistes aux saint-simoniens, de la reconstruction aux grands projets (la force de dissuasion nucléaire, la quête de l’indépendance énergétique, le programme électronucléaire,…). Une action à travers les âges qui a eu pour constante la croyance dans les vertus du progrès technique et de l’industrialisation. Avec la crise financière, la politique industrielle n’est plus un débat interdit, elle revient à la mode. C’est le retour à l’économie réelle, domaine de prédilection des ingénieurs des Mines dans la continuité de l’action de leurs illustres prédécesseurs.
