Septembre 2010

sommaire

Gérer & Comprendre

Numéro complet

N° 101

Editorial

Par Pascal LEFEBVRE

Réalités méconnues

Le comportement stratégique des entreprises sucrières face au mouvement de reconfiguration de la filière sucre mondiale

Par Mohamed Akli ACHABOU
Enseignant chercheur IPAG Paris

L’objectif principal de cet article est d’identifier les changements qui s’opèrent au sein de la filière sucre mondiale et les stratégies choisies par les entreprises sucrières pour s’adapter. Pour ce faire, nous avons mobilisé les apports de l’approche chaîne globale de valeur (CGV). Les résultats montrent une tendance vers l’investissement dans la production de biocarburants. Le déclin de l’activité sucrière et le contexte favorable aux énergies renouvelables peuvent expliquer ce choix stratégique.

La collaboration entre concurrents pour gérer le bien commun : le cas des entreprises de collecte et de stockage de céréales d'Alsace

Par Mourad HANNACHI
Doctorant en Sciences de Gestion, INRA UMR 1048 SADAPT /LAREQUOI, UVSQ

François-Christophe COLENO
Chargé de Recherche, INRA UMR 1048 SADAPT

et Christophe ASSENS
Maître de Conférences HDR, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ), LAREQUOI, laboratoire de recherche en Management

Comment développer un avantage concurrentiel sur un territoire, qui ne soit pas transférable ou délocalisable vers d'autres territoires ? Quelles sont les compétences distinctives d'un territoire ? Comment préserver les ressources locales dont dépend la dynamique d'un territoire ? Autant de questions que nous aborderons dans cet article en exposant le cas des entreprises de collecte et de stockage de céréales du bassin de production alsacien. Confrontées à une crise majeure frappant la filière, ces entreprises concurrentes y ont apporté une réponse concertée dépassant en cela des rivalités ou des enjeux purement individuels. Ce faisant, le territoire apparaît comme un bien commun, dont l'enjeu stratégique est aussi important que la logique de marché, pour toutes les entreprises locales.

Les labels IGP et la grande distribution : une analyse réseau du pruneau d’Agen

Par Marie CARPENTER
Enseignant-chercheur à BEM, Bordeaux Management School

et Stéphanie PETZOLD
Enseignant-chercheur et coordinatrice de l’Équipe de Recherche PME et Innovation à BEM, Bordeaux Management School

La réussite de la commercialisation d’une Indication Géographique Protégée (IGP) au sein de la grande distribution française est analysée ici en faisant appel à l’approche réseau qu’a développée le groupe International Marketing and Purchasing Group (IMP). L’étude de cas détaillée portant sur le fonctionnement du réseau de producteurs et de transformateurs qui fournissent les pruneaux « d’Agen » à la grande distribution française enrichit notre compréhension des bénéfices potentiels de l'adoption d'un signe d'origine pour un produit agro-alimentaire, face à la puissance de la grande distribution. Cette analyse présuppose une représentation fine de la forme prise par la mobilisation du réseau de fournisseurs en amont, afin de cerner précisément quels sont les enjeux sur le terrain commercial.

Les relations entre la production et la distribution : le cas du partage de la valeur ajoutée dans la filière laitière française

Par Olivier MEVEL
Maître de conférences, Université de Brest, IUT de BREST Laboratoire ICI-M@RSOUIN -Professeur associé à l’ICD

Aujourd’hui, l’industrie laitière européenne vit douloureusement un passage accéléré d’une économie hyper-régulée et sécurisée vers une économie de marché soumise à tous les aléas. Dans ce contexte, la dissociation constatée entre les prix payés aux producteurs et ceux supportés par les consommateurs, est-elle le résultat d’une trop grande opacité de la formation des prix dans la grande distribution ? L’objet de cet article est de répondre à ce questionnement sous deux angles : - mettre en perspective l’émergence concomitante de l’OMC et d’un nouveau modèle économique de production à bas coûts (low cost) qui entérine la prise de pouvoir des grands distributeurs sur l’économie mondiale ; - comprendre les fonctionnements amont et aval du canal (afin de juger de la formation des marges des distributeurs français) et dessiner les solutions techniques permettant un retour à un partage équitable des valeurs ajoutées.

Dans la fabrique de la règlementation

Par Patrice DEVOS
Ingénieur Général du Génie Rural et des Eaux et Forêts

Daniel FIXARI
Professeur Mines ParisTech, Chercheurs au CGS (Centre de Gestion Scientifique), Mines ParisTech

et Michel NAKHLA
Professeur Agro ParisTech, Chercheurs au CGS (Centre de Gestion Scientifique), Mines ParisTech

Les empilements juridiques plus ou moins applicables sur le terrain par lesquels se traduisent les différentes générations de réformes sont souvent dénoncés. Mais les processus de la production réglementaire sont rarement décrits et analysés jusqu’au niveau le plus opérationnel (les décrets et les circulaires d’application). On trouvera dans cet article les témoignages de deux experts ministériels mettant en exergue leur action concrète en vue d‘élaborer une réglementation qui soit raisonnablement compliquée. On y vérifie que le diable est dans les détails et qu’il est bien difficile d’anticiper tous les effets des textes élaborés sur les divers acteurs et d’organiser leur nécessaire concertation.

L'épreuve des faits

L’influence du critique américain Robert Parker dans l’univers du vignoble bordelais

Par Jérôme BARTHELEMY
Professeur de stratégie et management, ESSEC Business School

L’objectif de cet article est d’analyser l’influence du critique américain Robert M. Parker dans l’univers du vignoble bordelais. Après avoir rappelé le contexte et les raisons de l’ascendant pris par Parker, nous montrons qu’il a beaucoup contribué au succès des vins bordelais sur les marchés internationaux. Contrairement à certaines idées reçues, il ne semble pas avoir véritablement remis en cause la hiérarchie établie, laquelle est fondée sur les « classements ». En revanche, il a sans doute contribué à l’uniformisation du goût des vins.

Débats

Le climat d’investissement en Égypte – les conditions d’une reforme durable : institutions, ou relations ?

Par Hèla YOUSFI
Maître de conférences, DRM-CREPA, Université Paris Dauphine

Les pays dits « en développement » se voient de plus en plus sommer de réformer leur « climat d’investissement ». En ce sens, les bailleurs de fonds affirment que c’est grâce à des réformes courageuses s’inspirant des bonnes pratiques institutionnelles, qui ont fait leur preuve ailleurs, que ces pays pourraient prendre leur place dans l’économie mondialisée. Or, l’expérience montre qu’il ne suffit pas d’importer de « bonnes » institutions pour que celles-ci produisent leurs bienfaits de manière mécanique. Dans cet article, en nous appuyant sur une étude de cas réalisée en Egypte, nous montrerons, en utilisant une approche ethnographique, que l’amélioration du climat de l’investissement (et plus particulièrement les relations de confiance entre investisseurs privés et pouvoirs publics) est, certes, une question d’institutions, mais encore faut-il que ceux qui les mettent en œuvre y adhèrent et les trouvent suffisamment légitimes pour ne pas être tentés de les contourner.

En quête d'actualité

Prescrire la sureté, négocier l’expertise

Par Grégory ROLINA
Chercheur associé au Centre de gestion scientifique (Mines ParisTech), Consultant auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique et de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire

Du fait de leur impact présumé sur la sécurité des organisations à haut risque, les interactions régulateurs-régulés constituent une des thématiques importantes des recherches dans le domaine de la gestion des risques, tout en restant néanmoins peu explorée. A partir d’une étude d’expertises de sûreté nucléaire réalisées dans le domaine des facteurs humains et organisationnels, nous mettrons en évidence les différentes étapes du processus de production d’expertises et recenserons leurs effets. L’expertise étudiée qualifié de « négociée » est représentative du mode de régulation français de la sûreté des installations nucléaires, qui repose sur le maintien d’un dialogue technique et continu entre les experts et les exploitants (le « French cooking » pour les Anglo-Saxons). De cette analyse des pratiques d’expertise (et donc des logiques d’action mise en œuvre par les experts), nous proposerons une typologie de registres d’actions transposable à d’autres types de risque ou secteurs d’activité et, ainsi, des clefs de compréhension d’une activité particulièrement contemporaine.

Mosaïque

Musée modeste, musée moderne ?

À propos du livre de Robert R. Janes, Museums in a Troubled World. Renewal, irrelevance or collapse ?

Par Emmanuel COBLENCE

Finance servante ou finance trompeuse ?

À propos du livre de Paul Dembinski, Finance servante ou finance trompeuse ?

Par Dominique JACQUET

La gestion en contexte interculturel

À propos du livre ainsi intitulé d’Eduardo Davel, Jean-Pierre Dupuis et Jean-François Chanlat, Approches, problématiques, pratiques et plongées

Par Pascale de ROZARIO

La revue complète

Digital issues: abstracts

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