Novembre 2007
sommaire
Réalités industrielles
"Emploi industriel " : quels emplois pour quelle industrie ?
Ce numéro a été coordonné
par Grégoire Postel-Vinay, Ingénieur général des mines, responsable des études, de la prospective et de l’évaluation Direction générale des entreprises
Editorial
Par François Valérian
Rédacteur en chef des Annales des Mines
Stratégies gagnantes et métiers d’avenir
Donner un nouvel élan à l’industrie en France
Par François Bouvard
Directeur associé senior
et Philippe Duclos
Directeur associé, McKinsey & Company
Développement des services, production en dents de scie, délocalisations, fermetures d’usines, essor des pays émergents dans les échanges mondiaux… Sous la lentille grossissante du traitement médiatique, l’industrie française paraît fragilisée, quand elle ne donne pas l’impression de vaciller sur ses bases. Au point que certains en viennent à douter de sa pérennité. Pourtant, un examen approfondi des activités menées sur notre territoire conduit à un tableau bien plus nuancé : le déclin tant redouté n’est que relatif, mais la perte de compétitivité de l’industrie, bien réelle, légitime les préoccupations.
Les métiers porteurs
Par Elisabeth Rignols
Ministère de l'Economie, des Finances et de l'Emploi, SESSI
L’augmentation des départs à la retraite des baby-boomers va accroître le nombre de postes à pourvoir. Les métiers exercés dans l’industrie sont toutefois très divers et tous ne sont pas appelés à se développer. À long terme, les métiers porteurs seront ceux qui permettront aux entreprises d’être réactives et innovantes pour faire face à la concurrence internationale. Développer ses activités sur des segments à haute valeur ajoutée en faisant appel à du personnel qualifié est donc un enjeu pour l’industrie. Néanmoins, à court terme, des demandes d’emplois insuffisantes face aux offres amèneront les Pouvoirs publics à prendre des mesures d’incitation financière pour renforcer l’attractivité de ces métiers.
Les éco-entreprises
Par Thierry Chambolle
Ingénieur général des Ponts et Chaussées honoraire Membre de l'Académie des technologies, Membre du Haut conseil de la coopération internationale
Développer l’emploi industriel, c’est aussi savoir se tourner vers les marchés porteurs. Or, quel marché plus porteur que celui de l’environnement, à court et à long terme et sur le plan mondial ? Voilà donc une source importante de création d’emplois, à condition de bien choisir le segment et la technologie.
Services a l’industrie : nouvelle valeur, et nouveau modelé de l’industrie
Par Georges Drouin
Président du Groupement des professions de service (GPS) Membre de la Commission des comptes des services
et Camal Gallouj
Professeur à l'IAE de Brest, Université de Bretagne Occidentale Membre de la Commission des comptes des services
La complexité croissante de la vie de l’entreprise, et les enjeux d’adaptation auxquelles elle est confrontée, ont suscité l’expansion des services à l’industrie. Ce secteur est devenu comparable à un secteur industriel à part entière, ce qui amène à repenser la frontière traditionnelle entre industrie et services.
L’industrie, grandeur ou servitude ?
Par Sophie de Menthon
Présidente d'ETHIC
Il n’y a pas de sot métier… L’adage pourrait retrouver une jeunesse dans une France qui cherche ses emplois. On ne pourra lutter contre le chômage par les seuls métiers non industriels. Il convient d’abaisser la charge fiscale que supportent les entreprises, de mieux former aux métiers manuels, et de ne pas mépriser des activités nouvelles, comme les centres d’appel, que d’autres pays sont prompts à nous ravir.
Travail ou emploi : création d’entreprises, gazelles et business angels
Par Jean-Michel Yolin
Conseil général des Mines
En vingt ans, l’emploi marchand n’a pratiquement pas bougé en France, alors qu’en Grande-Bretagne, il a augmenté de 6 millions. Sur les 100 premières entreprises américaines, 63 ont moins de 25 ans, alors qu'en France, en comptant large, une main suffit. A l’origine de ces insuffisances françaises, une incapacité à susciter la création en nombre d’entreprises viables. Pourquoi une telle incapacité ? Les représentations culturelles et les dispositifs fiscaux ont longtemps contrarié l’investissement des individus dans les sociétés nouvelles. Peut-être, demain, les assujettis à l’ISF pourront-ils se muer en business angels…
Politiques en débat
Les politiques macroéconomiques et l’emploi
Par Thomas Cazenave et Arnaud Geslin
Inspecteurs des Finances
Les politiques macroéconomiques de soutien à l’emploi, qu’on disait dépassées, sont aujourd’hui de retour. Elles permettent en effet de lutter contre la transformation du chômage conjoncturel en chômage durable, et d’accroître la compétitivité de l’économie par l’utilisation, notamment, de l’outil budgétaire et fiscal.
Destruction et création d’emplois, revitalisation de territoires : la dimension territoriale des mutations économiques
Par Claude Trink
Président, Groupe Sofirem
Partout des entreprises se restructurent, et l’on ne peut leur demander d’intégrer dans leur stratégie la revitalisation des territoires qu’elles quittent. La revitalisation, en effet, diffère du simple reclassement des salariés. Tandis que le reclassement puise dans les emplois existants, la revitalisation s’efforce d’en créer de nouveaux. Ainsi la Sofirem, la plus ancienne des sociétes de revitalisation françaises, travaille à la fois sur l’attractivité du territoire et sur les projets d’entreprises, avec pour idée directrice qu’aucun territoire ne doit être laissé à l’abandon après une mutation économique.
La tva sociale : avantages et critiques
Par Denis Kessler et Philippe Trainar
SCOR Global P& C
Le sujet de la TVA sociale, plus compliqué qu’il n’y paraît, masque les vrais enjeux de financement des prestations sociales et de refonte des prélèvements obligatoires. La France ne peut faire l’économie d’un débat global sur ces enjeux, et d’un rapprochement avec les autres systèmes de la zone Euro.
Un point de vue sur les 35 heures
Par Denis Gautier-Sauvagnac
Union des industries et métiers de la métallurgie
Le débat sur la semaine de 35 heures a connu dans notre pays une évolution étonnante. La réduction du temps de travail ayant fait l’objet d’un certain consensus au début des années 1990, le débat ne s’est enflammé qu’après le vote de la loi. Le nouveau dispositif a ensuite été critiqué de toutes parts, mais son abrogation ne semble pas pour autant à l’ordre du jour. Nous avons choisi de publier ce texte pour illustrer les passions que le sujet semble encore susciter.
L’emploi senior a-t-il un avenir en France ?
Par Claude Vimont
Conseil Emploi Formation
Le potentiel d’emploi parmi les seniors de 55-64 ans est très élevé en France, car cette tranche de la population a été particulièrement touchée par les différentes mesures de cessation d’activités dans les trente dernières années. Un consensus, plus ou moins explicite, s’est créé entre les pouvoirs publics, les entreprises, les syndicats et les salariés eux-mêmes, pour considérer qu’un senior doit prendre tôt sa retraite, laissant ainsi, peut-être mais pas toujours, sa place à un jeune. Malheureusement ce consensus, qui distingue la France parmi les pays occidentaux, est peu porteur de croissance.
En guise de conclusion provisoire
Par Grégoire Postel-Vinay
Ingénieur général des mines, responsable des études, de la prospective et de l'évaluation Direction générale des entreprises
Répondre au défi actuel de la concurrence mondiale, c'est accepter de fournir les efforts que d'autres avant nous, Royaume-Uni, Etats-Unis, ont su fournir, tout en tenant compte des atouts propres à notre pays.
Hors dossier
Le PPRM, clé de voute de la politique française De prévention des risques miniers
Par Christophe Didier et Xavier Daupley
Ineris, Direction des risques du sol et du sous-sol
La fin des mines ne signifie pas la fin de la préoccupation minière. Divers désordres peuvent survenir dans l’ancienne emprise minière. Le plan de prévention des risques miniers est l’outil qui permet de prévenir ces désordres, et d’élaborer un aménagement durable du territoire minier.
La politique française de prévention des risques lies a l’après-mine
Par Christophe Didier
Ineris, Direction des risques du sol et du sous-sol
Les plans de prévention des risques miniers (PPRM) s’insèrent dans une politique plus globale de prévention des risques de l’après-mine, qui intègre procédures réglementaires, surveillance scientifique, et dispositifs d’indemnisation.
L’européisation des entreprises de l’électricité : modelé de marche ou modelé intègre ?
Par Jean-Michel Glachant
Université de Paris Sud
Le marché européen de l’énergie ne résulte pas de décisions politiques, mais d’une construction dont les entreprises ont pris l’initiative. Elles se sont elles-mêmes européisées, à la fois dans leurs activités et dans leur aire d’exercice. Il n’empêche que la politique est nécessaire pour orienter l’européisation des entreprises, par le rapprochement des réglementations et le contrôle de la concurrence.
