Décembre 2000

sommaire

Gérer & Comprendre

Numéro complet

N° 62

Éditorial

Par Francis LEFEBVRE

Témoignage

Parcours d’un grand banquier d’affaires

Entretien avec Dickran INDJOUDJIAN

Par Bernard COLASSE
Université de Paris-Dauphine

et Francis PAVÉ
Centre de sociologie des organisations

Quand on est polytechnicien, comment passe-t-on d’un petit service de recherche des PTT au conseil d’administration de RTL ? Comment passe-t-on de la mise au point de missiles sol-air aux concentrations d’entreprises dans le secteur des assurances ? On passe trente-cinq ans au sein de Paribas, l’un des acteurs les plus prestigieux et les plus influents de la banque d’affaires à la française. C’est ce que va faire Dickran Indjoudjian, féru de recherche opérationnelle et co-fondateur, avec Jacques Lesourne, de la SEMA. Cette longue carrière au cœur du « mécano industriel de l’Etat » fait de lui le témoin privilégié du développement de l’économie française tout au long des Trente Glorieuses.

Débat

Les enjeux de la logique compétence

Par Jean-Pierre DURAND
Directeur du Centre Pierre Naville – Université d’Évry – Val d’Essonne

La notion de compétences fait débat : habits neufs du taylorisme le plus opportuniste ou symbole d’un nouvel humanisme industriel ? Soumission de la subjectivité du salarié au risque d’une qualité devenue totalitaire, ou investissement maîtrisé de ses talents au regard d’objectifs négociés et consentis ? Manipulation à laquelle ne peut répondre que la simulation ou libération d’un potentiel d’initiative naguère bloqué, nié, contredit ? Enfin, pour tout dire, dernier avatar en date du capitalisme le plus classique ou évolution sociétale majeure? Dans les deux articles qui suivent, deux sensibilités s’affrontent, incarnées par des auteurs que leur rapport à l’histoire du monde du travail sépare. Les mots sont parfois vifs, mais leur sincérité et leur souci de comprendre, face à l’ambivalence d’un concept non encore apprivoisé, les rapproche. Un bel et bon débat, donc !

Sur la question de la compétence

Réponse à Jean-Pierre DURAND

Par Philippe ZARIFIAN
Directeur de recherches au LATTS, École Nationale des Ponts et Chaussées

L’épreuve des faits

Jeux et enjeux d’un reengineering dans un organisme de prêt social

Par Annie CORNET et Anne-Marie DIEU
Université de Liège (Belgique)

Comment optimiser l’organisation en réalisant un diagnostic et une optimisation de ses processus transversaux ? De quel poids les phases de diagnostic et d’élaboration des solutions pèsent-elles dans le déroulement des projets de restructuration ? En questionnant l’apparente rationalité des premières phases d’un réengineering mené au sein d’un organisme de prêt social, les auteurs montrent qu’elles constituent bien des moments-clés dans l’appropriation du projet de changement par les acteurs concernés.

La participation à un projet

Modalités, antécédents et conséquences

Par Hédia ZANNAD
ESC Rouen

Le développement de la gestion par projet permet, indubitablement, d’améliorer les performances économiques des entreprises, mais il entraîne aussi des problèmes d’ordre socio-organisationnel. Alors, qui sont les gens qui font vivre les projets ? Nouveaux preux de l’industrie ou vieux briscards des ateliers ? Hédia Zannad part à leur rencontre chez Renault, là où ils ont conçu la Twingo, premier véhicule à avoir été développé selon ces nouveaux principes. Quelques années plus tard, alors que se prépare le lancement de la Laguna II, comment les hommes se sont-ils appropriés ce mode de gestion ? Comment vivent-ils, au quotidien, ces nouvelles relations de travail ? Quelles nouvelles identités ses sont-ils forgées, entre métier et projet ? Petit retour sur l’avenir d’un mode d’organisation…

Réalités méconnues

La guerre du thon

Ou l’art d’élever les coûts des concurrents par l’intégration verticale

Par Patrice GUILLOTREAU et Frédéric LE ROY
Université de Nantes

La prise de contrôle d’un fournisseur par deux entreprises est-elle fondée sur la seule volonté de nuire aux concurrents ? Certains travaux récents le pensent et tentent de montrer que la décision d’intégration verticale est fondée sur la seule volonté de nuire aux concurrents. Pourtant dans le secteur de la conserve de thon, le motif d’une telle intégration semble résider dans la volonté de réussir un plan de développement des capacités de production. Ne pourrait-on, alors, observer des phénomènes similaires dans des secteurs d’activité comparables, c’est-à-dire pour lesquels une incertitude structurelle pèse sur l’approvisionnement en matières premières?

Mosaïque

Diderot chez les comptables

À propos de l’ouvrage collectif « Encyclopédie de comptabilité, contrôle de gestion et audit », sous la direction de Bernard COLASSE, Economica, Paris, 2000

Par Frédérique PALLEZ
Centre de gestion scientifique – École des mines de Paris

La qualité, nouvelle ambition gestionnaire ?

À propos de l’ouvrage collectif « The quality imperative. Measurement and management of quality in healthcare », coordonné par John Kimberly et Étienne Minvielle, Imperial College Press, 2000

Par Olivier LENAY
Centre de gestion scientifique – École des mines de Paris

Vastes synthèses théoriques et petits détours didactiques

À propos de l’ouvrage de Mary Jo Hatch « Théorie des organisations : de l’intérêt de perspectives multiples », De Boeck Université, 1999

Par Vincent CALVEZ
Docteur en gestion, professeur ESSCA-Angers

et Alain GUENETTE
Assistant, HEC-Lausanne

Extrêmes unilatéraux et extrêmes bilatéraux

À propos de l’ouvrage de Daniel Zajdenweber « Économie des Extrêmes », Nouvelle Bibliothèque Scientifique, Flammarion, 2000

Par Dominique JACQUET
Nanterre

Et si Descartes s’était trompé ?

À propos du livre d’Ekeland « Le meilleur des mondes possibles. Mathématiques et destinée »

Par Claude RIVELINE
École des mines de Paris

Autres temps, autres lieux

Henri Fayol et la recherche-action

Par Jean-Louis PEAUCELLE
Professeur à l’IAE de Paris

En 1900, Henri Fayol, pour la première fois, invitait à une réflexion inductive sur les questions administratives. A ses débuts le fayolisme, tout comme le taylorisme, la démarche concurrente se veut scientifique et expérimental. Il se fixe pour objectif de construire sa doctrine à partir des faits. De cette approche, il reste des traces dans les écrits de l’époque. Leur analyse permet de comprendre les raisons de l’échec du fayolisme. Cette tentative éclaire, aujourd’hui encore, les risques de la recherche action.

En quête de théorie

Diriger des thèses de « terrain »

Par Michel BERRY
Directeur de recherche au CNRS

Une thèse de terrain ne devrait-elle pas défendre des idées, en se nourrissant d’une forte implication dans une ou plusieurs organisations, et produire des résultats nouveaux qui interpellent l’opinion autant qu’ils enrichissent le savoir théorique ? La difficulté est que le terrain ne se laisse pas observer sans imposer de fortes contraintes. Le rôle du directeur de thèse est alors de soutenir fermement le thésard face aux périls variés qui le guettent jusqu’à la soutenance finale et même après. Mais les thèses à idées sont-elles bien… académiques ?

Diriger des thèses de « terrain » — Un commentaire

Réponse à Michel BERRY

Par Raymond-Alain THIÉTART
Université Paris-Dauphine et Essec

Retour en haut