Juin 2019
sommaire
Gérer & Comprendre
N° 136
Réalités méconnues
La longue marche des nouvelles technologies dites « environnementales » de la Chine : capitalisme d’État, avantages comparatifs construits et émergence d’une industrie
Par Édouard LANCKRIET
Ingénieur agronome, titulaire du Master Mines-Tsinghua en environnement, Docteur en économie du développement, EHESS
et Joël RUET
Chercheur CNRS au Centre d’économie de Paris-Nord (UMR CNRS 7234), Associé au Centre de recherche en gestion i3-CRG (UMR 9217) de l’École Polytechnique
La percée des industries chinoises des technologies environnementales – éolien, solaire – en apparence fulgurante, est le fruit d’une stratégie d’État menée sur le long terme. Le pouvoir central a transformé en « avantage industriel construit » à l’aval (sur les technologies) son avantage naturel précédemment construit à l’amont : le monopole mondial de production des terres rares. L’analyse de segments de chaînes de valeur contingentés dans le temps et/ou dans l’espace n’explique pas l’éclosion du système industriel chinois des nouvelles technologies. Au niveau du système national d’innovation, la structuration industrielle a été orchestrée selon une quadruple stratégie scientifique, industrielle, économique, diplomatique.
L’épreuve des faits
Dialogue social ou soliloque ? Quand se formalisent les négociations collectives en PME
Par Marie-Rachel JACOB
emlyon business school
et David SANSON
ENS Lyon / emlyon business school
La réforme du code du travail souhaite étendre la modalité de négociation collective à l’ensemble des entreprises et à celles de petite taille en particulier. L’objectif est double : améliorer la compétitivité des entreprises dans le contexte de concurrence mondiale et favoriser le progrès social en associant les salariés à la définition des règles du travail et de l’emploi. Or, la littérature sur la négociation collective indique une articulation entre négociation et conflit qui suppose un conflit fondamental entre l’employeur et ses salariés. Cet article propose, au travers du cas d’une PME industrielle, d’étudier l’articulation entre conflit et négociation, à la fois dans la logique pragmatique de l’organisation productive et dans la logique antagoniste des rapports sociaux entre dominants et dominés.
Proposition d’un modèle d’apprentissage pour la configuration en ligne d’un produit de luxe
Par Élodie JOUNY-RIVIER, Éric STEVENS
ESSCA School of Management
Cette recherche propose un modèle du processus d’apprentissage pour la customisation en ligne d’un produit de luxe. L’étude permet de valider la pertinence de la théorie de l’apprentissage expérientiel pour analyser la customisation d’un produit à travers l’utilisation d’un outil : le configurateur en ligne. En outre, il apparaît que l’expérience résultant du processus d’apprentissage doit être considérée comme un des attributs du produit et aboutit à l’amélioration des connaissances relatives au produit et à la marque.
En quête de théorie
La fracture numérique française au travers d’une approche par les « capabilités » : l’enjeu d’apprendre à apprendre
Par Julien GRADOZ
Ecole Normale Supérieure Paris-Saclay
et Sandra HOIBIAN
CREDOC
La notion de fracture numérique, au-delà des controverses dont elle fait l’objet, a longtemps fait référence aux retards dans les infrastructures, l’équipement ou dans les usages de certains groupes de population. Dans cet article, nous proposons d’élargir le champ de ces recherches en intégrant une perspective de « capabilités numériques ». Dans un univers en perpétuelle transformation, il nous a semblé opportun d’appréhender, au-delà des questions d’équipements ou d’usages, la capacité des individus à se lancer dans de nouvelles pratiques, à s’approprier les incessantes innovations de l’univers digital. Et pour ce faire, nous nous sommes appuyés sur l’opinion que les individus portent eux-mêmes sur leur propre compétence, ou leur formation au numérique. Dans cette perspective, nous avons proposé, à partir des données uniques du Crédoc, une typologie des utilisateurs mêlant les différentes dimensions (équipement, usages, regard sur sa propre compétence). Celle-ci met en évidence, dans les inégalités numériques, l’importance de la capacité à s’autoformer ainsi qu’un potentiel de résorption des inégalités numériques via la place de l’école et de la formation initiale, notamment si celles-ci sont capables d’insuffler de la confiance aux individus dans leurs propres potentialités, de leur fournir les clés d’apprentissage qui seront de nature à leur permettre d’être capables plus tard de s’approprier de nouveaux usages et équipements (apprendre à apprendre). Cette typologie offre en outre un regard actualisé et empirique sur les liens entre les inégalités numériques et les inégalités sociales, permettant ainsi de contribuer à un certain nombre de débats théoriques sur la fracture numérique.
Autres temps, autres lieux
Innovation comptable et informations financières sur les groupes de sociétés : la contribution de la profession comptable française de 1930 à nos jours
Par Didier BENSADON
Université Paris-Dauphine, PSL
Mosaïque
Actualité et intempestivité de la sociopsychanalyse
À propos de l’ouvrage de Jean-Luc PRADES, Du pouvoir sur nos actes. Sujets de l’actepouvoir et sociopsychanalyse en mouvement, Paris, L’Harmattan, 2017
Par Gabriel MIGHELI
Devenirs de la psychanalyse organisationnelle
À propos du livre de Gilles ARNAUD, Pascal FUGIER & Bénédicte VIDAILLET, Psychanalyse des organisations. Théories, cliniques, interventions, Toulouse, Éditions Erès, 2018.
Par Xavier LÉON
