Mars 2014
sommaire
Gérer & Comprendre
N° 115
Editorial
Par Pascal LEFEBVRE
Éditorialiste
Débat
Langue et pensée dans le champ de la recherche en gestion : constats et enjeux et atouts de la langue française
Par Jean-François CHANLAT
Professeur des Universités – Université Paris-Dauphine
Depuis un certain nombre d’années, nous assistons en France à des débats nourris et vigoureux autour de la langue de publication à privilégier dans le champ de la recherche en gestion, voire au-delà. Autant d’interrogations qui ne sont pas spécifiques au champ francophone, puisqu’elles concernent d’autres champs linguistiques, notamment les plus importants. La question du choix de la langue de publication est essentielle dans l’évolution d’un champ scientifique, notamment dans un contexte où peu à peu la pluralité linguistique a laissé la place à l’hégémonie de l’anglo-américain. Au regard de ce constat que nous préciserons, nous présenterons les enjeux qui s’attachent au choix de la langue de publication et les atouts de la langue française dans le champ de la recherche en gestion.
Publish… and perish !
Par Sylvie CHEVRIER
Professeure à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée – Directrice adjointe de l’Institut de Recherche en Gestion (IRG)
L’obsession du monde académique pour la rédaction d’articles dans les revues les mieux cotées fait-elle vraiment avancer les sciences de gestion ? Nous soutenons au contraire que l’évaluation de la recherche à l’aune du nombre et des « étoiles » des publications éloigne les « publiants » de la recherche ! Nous défendrons dans cet article des formes de recherche plus proches des objets étudiés, des formes de recherche qui ne trouvent pas nécessairement leur place dans les articles formatés des revues, mais qui permettent davantage d’innovations et de créativité.
Réalités méconnues
Les MOOCs (MASSIVE OPEN ONLINE COURSES), entre mythes et réalités
Par Philippe DURANCE
Professeur au Conservatoire national des Arts & Métiers (CNAM) – Paris, titulaire de la chaire « Prospective et développement durable », chercheur au Laboratoire interdisciplinaire de recherche en sciences de l’action (LIRSA). Président de l’Institut des Futurs souhaitables (IFs)
L’engouement pour les MOOCs, ces cours en ligne ouverts et massifs, ne faiblit pas à travers le monde. Ce phénomène constitue un cas particulièrement représentatif de l’accélération de l’histoire : en à peine deux ans, l’univers de l’enseignement supérieur semble avoir basculé. Cet article, après un retour sur la brève histoire de ce mouvement, en présentera les principales caractéristiques et évoquera certains des défis majeurs qu’il représente pour l’avenir de l’enseignement et, plus généralement, pour la diffusion de connaissances.
Les obstacles à la gestion des risques psycho-sociaux : quatre pistes d’analyse
Par Wim VAN WASSENHOVE
Docteur, Chargé de recherche au CRC – Mines ParisTech
Nous proposons dans cet article une analyse de la gestion des risques psychosociaux (RPS) au sein des entreprises. Cette gestion se heurte à plusieurs obstacles. Premièrement, le caractère polymorphe et plurifactoriel des RPS n’aide pas à leur compréhension dans le monde professionnel. En deuxième lieu, les coûts associés sont peu visibles pour l’entreprise, ce qui n’incite pas à l’action. De plus, les méthodes et outils d’évaluation généralement disponibles sont peu adaptés aux pratiques traditionnelles en matière de santé et de sécurité au travail (par exemple, la réalisation d’un document unique d’évaluation des risques professionnels [DUER]). Enfin, il existe un levier d’action important, qui se situe au niveau de l’organisation du travail, mais qui n’est que rarement pris en considération. Dans cet article, nous ferons un point sur cette question, puis nous analyserons ces blocages et nous proposerons des pistes pour l’action.
Les institutions académiques face aux comportements déviants de leurs étudiants : le cas d’une business school française
Par Safwan MCHAWRAB
Professeur associé à Grenoble École de Management
Aurélien ROUQUET
Professeur à NEOMA Business School – CMAC, membre du CRET-LOG (Aix-Marseille Université)
et Jean-Baptiste SUQUET
Professeur à NEOMA Business School – CMAC, membre de l’IRG (Université Paris-Est Marne-la-Vallée)
Dans cet article, nous nous intéresserons à certains comportements déviants chez des étudiants. Notre article adoptera le point de vue des institutions académiques et visera à mieux conceptualiser la manière dont celles-ci peuvent faire face à de tels comportements. À partir de l’étude du processus de la réalisation de mémoires de fin d’études au sein d’une business school française, nous proposerons trois apports. Premièrement, nous montrerons l’ampleur et la diversité des comportements déviants qu’une institution académique doit affronter. Deuxièmement, nous introduirons une typologie des réponses qu’une institution peut apporter en réaction à ces comportements. Enfin, troisièmement, nous soulignerons plusieurs enjeux organisationnels importants qui doivent être pris en compte par une institution académique si elle veut développer un véritable pilotage des comportements déviants des étudiants, en mettant en évidence le dilemme que représente pour ce type d’institution sa réaction aux déviances.
L'épreuve des faits
Contre la thèse de la marchandisation du social : l’exemple des travailleurs handicapés en établissements et services d’aide par le travail (ESAT)
Par Benoit CRET
Maître de conférences en sociologie – IFROSS, Université Jean-Moulin Lyon 3
et Guillaume JAUBERT
Ingénieur de recherche – IFROSS, Université Jean-Moulin Lyon 3
À partir de l’étude monographique de 19 Établissements et Services d’Aide par le Travail (ESAT) de la région Rhône-Alpes, nous questionnons dans cet article la thèse de la marchandisation du secteur médico-social en mettant au centre de notre analyse les capacités d’action des directeurs de ces structures qui ont la particularité d’articuler une mission sociale avec une mission économique. Ces directeurs construisent une stratégie de diversification des activités de leurs établissements, adaptent leurs structures organisationnelles et modifient leur positionnement vis-à-vis de leurs partenaires (les pouvoirs publics et les usagers).
En quête de théorie
Pour une sociologie utile : la sociologie d’intervention
Par Denis BERNARDEAU MOREAU
Université Paris-Est Marne la Vallée, laboratoire ACP
Poser la question de l’utilité de la sociologie nous conduit à interroger les rôles, les postures et les missions que se donnent les sociologues pour contribuer à l’avancement des connaissances sur les situations et les faits sociaux. Parmi ces postures, nous voulons évoquer plus particulièrement celle du scientifique se réclamant de la sociologie d’intervention. Celle-ci est une pratique de cette discipline conduisant le sociologue à s’immerger dans une situation locale afin d’agir sur celle-ci. En se positionnant comme un tiers rapprochant autant que possible les savoirs savants et les savoirs « profanes », le sociologue d’intervention se place entre les individus pour les aider à mieux gérer leur vie en collectivité. Sa posture répond à un souci d’utilité.
Mosaïque
De la violence ordinaire dans les organisations
À propos du livre de Gilles HERREROS, La violence ordinaire dans les organisations. Plaidoyer pour des organisations réflexives, Toulouse, Éditions Érès, 2012
Par Pascal FUGIER
Laboratoire de changement social et politique (LCSP), Université Paris Diderot-Paris 7
Reimagining business history
À propos du livre de Philip SCRANTON et Patrick FRIDENSON, Reimagining Business History, Baltimore, John Hopkins University Press, 260 p., 2013
Par Yannick LEMARCHAND
Professeur émérite en sciences de gestion – LEMNA, Université de Nantes
Survivre, c’est résister un appel à la résistance lancé aux cadres
À propos de l’ouvrage de Jean-Philippe BOUILLOUD, Entre l’enclume et le marteau : les cadres pris au piège, Seuil, 2012
Par Christophe VIGNON
KEDGE Business School BP 921 – 13288 Marseille Cedex 09 – CERGAM
