Juin 1998

sommaire

Gérer & Comprendre

Numéro complet

N° 52

Éditorial

Réalités méconnues

Le sourire en gestion

Par Gilbert LECOINTRE
Maître de Conférences en Sciences de gestion, Université de Caen

Le monde de la gestion est-il à jamais condamné à être celui de la sévérité, voire de l’ennui ? La res economica est-elle maudite ? Peut-on faire sourire avec un truc pareil ? Autant de graves questions que ne peuvent manquer de se poser tous ceux d’entre nous qui, peu ou prou gestionnaires, souffrent d’être mal aimés de leurs contemporains. Si l’aridité de certaines approches gestionnaires semble confirmer cette désespérance, le sourire existe aussi en gestion, et Gérer & Comprendre l’a, maintes fois, rencontré. Alors, délaissons un instant les lunettes du Prince pour celles du Petit Prince et suivons Gilbert Lecointre sur les pentes riantes et trop méconnues de la montagne Economie-Gestion.

Témoignage

Esprit de gestion, marketing et variété requise

Entretien avec Jean BOUNINE
Conseiller d’Entreprises

Par Bernard COLASSE
Université de Paris-Dauphine

et Francis PAVÉ
Centre de Sociologie des Organisations

Comment faire des casseroles avec des portières de 4CV ? Pourquoi la paille française provoque-t-elle moins de casse que la paille marocaine ? Pourquoi la consommatrice américaine choisit-elle une teinture professionnelle plutôt qu’un produit grand public ? Et pourquoi les plus prestigieux cabinets de conseil échouent-ils là où le simple calcul d’erreur réussit à moindres frais ? A toutes ces questions, Jean Bounine, conseiller écouté de François Dalle, répond, après une longue carrière en entreprise : « Ecoutez Ashby : on ne peut répondre à la complexité que par la complexité et le réductionisme ne conduit qu’à l’échec. L’esprit de gestion se nourrit de curiosité et non de modèles ».

L’épreuve des faits

Mythe et vie ordinaire de l’information

Par Béatrice VACHER
Centre de Recherche en Gestion de l’École polytechnique

Après avoir analysé en détail la circulation de l’information dans deux entreprises très différentes, Béatrice Vacher montre que, dans ce domaine, la réalité peut être très éloignée des conceptions généralement admises. Derrière les organisations où l’information circule théoriquement sous le contrôle d’un régulateur central, on découvre des manutentionnaires de l’information dont les tâches obscures et méprisées sont, en fait, le véritable véhicule des échanges d’information dans l’entreprise.

Réalités méconnues

Les services publics africains à l’heure du désengagement de l’État

Changement conservateur ou progressiste ?

Par Patrick PLANE
CERDI – CNRS – Université d’Auvergne

Dans tous les pays où l’Etat, affaibli, est incapable de résister au libéralisme des grands organismes financiers internationaux, la privatisation des infrastructures est souvent subie comme une braderie intolérable des intérêts nationaux. Face à l’hostilité que soulèvent ces processus et au risque, toujours possible, d’une expropriation prématurée d’investissements à rentabilité lointaine, le secteur privé rechigne, de son côté, à y investir. Pour être comprise et efficace, la privatisation doit alors être sous-tendue par une large concertation entre les repreneurs privés de l’activité publique, l’Etat et les salariés. Dans ce cadre, les contrats de concession – dont la France a fait, de longue date, un des vecteurs de son développement – ont l’avantage de préserver les intérêts légitimes des Etats tout en favorisant l’efficacité économique.

Mosaïque

Nourrir le regard de demain

À propos du livre d’Alain Roger « Court traité du paysage », NRF, ed, Gallimard, Bibliothèque des Sciences Humaines

Par Marie-Josèphe CARRIEU-COSTA
ACER Consultants

Sens et usage des projets de changement programmés

À propos de l’ouvrage de Pierre Musso « Télécommunications et philosophies des réseaux », PUF, 1997

Par Jean-Luc METZGER
CERSO, Paris IX Dauphine

Voyage à travers l’Europe de l’emploi

À propos de l’ouvrage dirigé par Danielle Kaisergruber « Négocier la flexibilité, pratiques en Europe », Les Editions d’Organisation, Paris, 1997

Par Dominique TONNEAU
Ecole des Mines de Paris, CGS

Questions pour un monde instable

À propos du livre de Peter Drucker et Isao Nakauchi « De l’Asie et du Monde en général, réflexions pour l’an 2000 », Maxima, coll. Qu’en pensent-ils ? Paris, 1997

Par Hugues MOLET
Ecole des Mines de Paris, CGS

L’épreuve des faits

Trente années de politique financière de Danone au service de sa stratégie industrielle

Par Dominique JACQUET
Professeur Paris X-Nanterre, Professeur visitant INSEAD-CEDEP

De la première OPA lancée en 1968 par un jeune patron nommé Antoine Riboud à la prise de pouvoir par son fils Frank en 1996, le groupe Danone a vécu trente années d’une histoire riche en bouleversements. Cette spectaculaire réussite, le groupe a su la construire par une politique financière à long terme et par une communication en direction des marchés, à la fois récurrente et sincère, qui a largement contribué à sa forte crédibilité auprès des analystes et des investisseurs. En ce sens, l’histoire de BSN/Danone est un exemple de vision et de cohérence.

En quête de théories

Embeddedness et théorie de l’entreprise

Autour des travaux de Mark Granovetter

Par Isabelle HUAULT
Maître de Conférences – Université de Versailles – Saint-Quentin-en-Yvelines – Chercheur LAREG

L’entreprise n’est pas qu’économique mais résulte aussi d’interactions concrètes entre acteurs réels, en liaison avec un environnement socio-politique singulier. Partant de ce postulat, Mark Granovetter s’attache à caractériser la manière dont les acteurs économiques construisent des alliances et mobilisent des ressources à travers des réseaux de contact. Le concept d’embeddedness, qu’il développe alors, conduit à une plus grande prise en compte des processus socio-historiques, des caractéristiques spécifiques des entrepreneurs, des dynamiques de création et de transformation des formes institutionnelles et enrichit la théorie économique.

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