Août 2017
sommaire
Réalités industrielles
Blockchains et smart contracts : des technologies de la confiance ?
Ce numéro a été coordonné
par Jean-Pierre DARDAYROL,
Avant-propos
Par Jean-Pierre DARDAYROL
Enjeux numériques
Les blockchains
La blockchain : concept, technologies, acteurs et usages
Par Côme BERBAIN
Sous-directeur adjoint Expertise à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI)
La blockchain est à la mode : difficile, en effet, d’ignorer ce terme utilisé en abondance, dans des acceptions variées ! Afin d’appréhender ce nouveau phénomène, il est nécessaire de tenter de le définir, d’identifier ses éléments structurants et de s’interroger sur la pertinence de ses propriétés et de ses promesses. La multitude des expérimentations dans un grand nombre de secteurs économiques nous invite à nous interroger sur la pertinence de l’utilisation de la blockchain en fonction des cas d’usage, et sur les motivations réelles des différents acteurs. Bien loin d’être uniquement techniques, les enjeux fondamentaux de la blockchain ont trait à l’organisation, à la gouvernance et à la définition même des solutions permettant de répondre à la question de la confiance dans les interactions humaines. En ce sens, la blockchain est un nouvel outil technique qui induit et participe à la transformation numérique de nombreux secteurs, en particulier de celui des métiers du droit.
Download full article
Les enjeux économiques de la blockchain
Par Patrick WAELBROECK
Professeur à Télécom ParisTech – Institut Mines-Télécom
La blockchain est une technologie qui va bien au-delà de l’horodatage, du bitcoin et de la sécurisation des transactions financières. Le développement d’un écosystème autour des objets connectés intelligents ne pourra sans doute pas se faire sans la blockchain (sous une forme ou sous une autre). La blockchain ouvre les portes de la liquéfaction du monde physique, de l’économie de la micro-transaction en temps réel et du partage intelligent de bases de données. Cependant, il est essentiel de distinguer les différents types de blockchain , en particulier les blockchain s publiques des blockchain s privées, car leurs propriétés économiques respectives sont très contrastées. Par ailleurs, les problèmes de gouvernance des blockchain s publiques laissent à penser que la technologie blockchain ne pourra à elle seule assurer la confiance.
Download full article
La blockchain – Les défis de son implémentation
Par Ilarion PAVEL
Ingénieur en chef des mines, Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies et Laboratoire de physique théorique de l’École normale supérieure
Nous passerons en revue dans cet article plusieurs des difficultés techniques et défis juridiques, sociétaux ou réglementaires rencontrés dans l’implémentation de la blockchain , et nous suggérerons quelques pistes de solutions.
Download full article
Cas d’usage, transformations des entreprises et des secteurs économiques
Technologie des registres distribués : quel impact sur les infrastructures financières ?
Par Alexis COLLOMB
Titulaire de la chaire de Finance du Conservatoire national des Arts et Métiers (CNAM)
Klara SOK
Chercheuse et doctorante au CNAM
et Lucas LÉGER
Chercheur et doctorant au CNAM
On a beaucoup parlé de la technologie des registres distribués, et en particulier des blockchain s, comme étant susceptibles de modifier en profondeur les infrastructures financières. En se focalisant sur les systèmes de paiement et les infrastructures de marché, cet article s’attachera tout d’abord à expliciter les raisons de l’engouement encore prudent des acteurs financiers pour cette technologie. Sont également évoqués les problèmes et les réticences à son adoption, notamment dus au nouveau paradigme de coopétition qu’elle présuppose. Par la suite, nous dresserons un état des lieux concis des dernières initiatives lancées par les institutions de paiement, les banques (en particulier les banques centrales) et les institutions internationales pour mieux saisir les possibilités de la technologie ou même, dans certains cas, la mettre déjà en production. Enfin, en conclusion, nous en évoquerons les perspectives d’avenir.
Download full article
Les enjeux de la Blockchain pour la Banque de France et l’Autorité de Contrôle prudentiel et de Résolution (ACPR)
Par Nathalie BEAUDEMOULIN
Coordinatrice du Pôle FinTech Innovation de l’Autorité de Contrôle prudentiel et de Résolution
Didier WARZÉE
Ingénieur des mines, expert au Pôle FinTech Innovation de l’Autorité de Contrôle prudentiel et de Résolution
et Thierry BEDOIN
Chief Digital Officer de la Banque de France
L’Autorité de Contrôle prudentiel et de Résolution (qui contrôle les banques et les assurances) ainsi que la Banque de France se sont structurées pour répondre aux défis de la révolution technologique à l’œuvre dans les services financiers. La blockchain fait partie des sujets technologiques susceptibles d’optimiser, voire de modifier la manière dont les activités financières peuvent être traitées et fournies. Toutefois, cette technologie reste peu mature et devra dépasser quatre grands dilemmes avant de pouvoir être utilisée pour réaliser des opérations financières.
Download full article
La blockchain, un levier de digitalisation pour les banques de financement et d’investissement (BFI)
Par Éric ROSSIGNOL
Chargé de l’analyse quantitative et du laboratoire d’innovation pour le département Titrisation du Crédit Agricole CIB
et Xavier LAURENT
Membre de l'équipe Innovation et du département Strategy & Business Transformation et leader de la Communauté Blockchain du Crédit Agricole CIB
Si les banques de financement et d’investissement (BFI) (ou banques de gros) réalisent de nombreux prototypes sur la base de la blockchain , c’est parce que leurs activités sont largement basées sur la confiance qu’elles apportent à leurs clients. La confiance est en effet également le moteur de la blockchain . À ce jour, les BFI pensent que la blockchain est plus une opportunité de limiter les coûts et de rendre un meilleur service à leurs clients qu’une menace. En effet, les entreprises continuent à avoir besoin d’un fournisseur de liquidités au meilleur prix.
Download full article
Comment La Poste, acteur de confiance séculaire, aborde-t-elle la blockchain, avec l’appui de l’IRT SystemX ?
Par Alain ROSET
La Poste
et François STEPHAN
Directeur général adjoint en charge du développement et de l’international de l’Institut de recherche technologique (IRT) SystemX
D’aucuns prédisent que la blockchain , nouvelle technologie de rupture, permettra une profonde mutation des tiers de confiance rendue possible par la technologie numérique et la puissance de la multitude. Aux yeux de certains, la blockchain semble avoir le pouvoir non seulement de modifier radicalement des modèles économiques historiques établis depuis des décennies ou des siècles, mais aussi de bousculer des modèles économiques très récents (eux-mêmes déjà en rupture). Opérateur historique de confiance depuis des siècles, La Poste renforce depuis plusieurs années sa présence sur Internet et a lancé des services numériques de confiance, confirmant ainsi son rôle de tiers de confiance aussi bien dans l’univers physique que dans l’univers numérique. Le groupe postal français investit depuis 2014 dans la blockchain et a décidé, en 2016, de s’associer à l’IRT SystemX, un institut de recherche associant compétences industrielles et académiques, afin d’accélérer son cycle d’innovation s’appuyant sur cette technologie.
Download full article
Le fonctionnement de la blockchain
Par Gautier MARIN-DAGANNAUD
Élève-ingénieur à Télécom ParisTech – Institut Mines-Télécom et étudiant en master à l’École polytechnique, actuellement chez Ledgys
La blockchain est une technologie profondément disruptive. Pour en saisir le potentiel, il est indispensable de comprendre les bases de son fonctionnement à travers son cas d’usage originel, Bitcoin. Une blockchain est un registre distribué, c’est-à-dire partagé entre les acteurs d’un réseau. Comme dans tout registre, il y a des utilisateurs, qu’il faut pouvoir identifier, et des transactions, qui modifient l’état du registre. Cependant, à la différence de l’immense majorité des registres actuels, la blockchain fonctionne sans autorité centrale de contrôle. Cela implique de nombreux enjeux et problématiques techniques.
Download full article
Blockchains et smart contracts : premiers retours d’expérience dans l’industrie musicale
Par Christophe WAIGNIER
Directeur des ressources et de la stratégie, Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem)
Download full article
Objets d’art : les enjeux de la blockchain
Par Jurgen DSAINBAYONNE
Fondateur de Seezart
Le marché de l’art a entrepris depuis quelques années sa mutation digitale. Plusieurs forces s’exercent, à savoir : l’impact des nouvelles technologies, un renouvellement générationnel du profil des collectionneurs et, enfin, la crise de 2008 qui, ayant mis à mal le marché des rendements obligataires, a eu pour effet de renforcer la vision de l’œuvre d'art en tant qu'actif financier. Cette digitalisation met également en lumière les failles d’un système considéré, à tort ou à raison, comme opaque et marqué par l’entre-soi. De nombreux scandales éclatent, remettant en cause les droits d’auteur, la légalité, l’authenticité, la provenance et jusqu’à la valeur même des œuvres d’art. C’est dans ce contexte que la technologie blockchain , de par ses propriétés intrinsèques, peut renforcer et garantir une confiance numérique et répondre aux enjeux d’un marché en pleine mutation.
Download full article
La chaîne du livre et les chaînes de blocs
Par Arnaud ROBERT
Directeur juridique du Groupe Hachette Livre
Hormis pour quelques experts et au sein de quelques expérimentations, la blockchain en est encore au stade des promesses. Celles d’usages nouveaux rendus possibles par les qualités majeures qu’on lui prête : celles d’être ouverte mais infalsifiable, d’être fiable même en l’absence de tiers de confiance. Le monde du livre pourrait y trouver de considérables gains d’efficacité dans ses activités digitales si elle tenait ses promesses de registre inviolable, de médium sécurisé de transfert de fichiers, voire de machine automatique à autoriser, contrôler et percevoir des redevances. Néanmoins, pour qu’elle constitue l’outil révolutionnaire que l’on annonce, il faudra qu’elle tienne sa promesse la plus ambitieuse, celle d’être un outil de relation d’égal à égal, de pair à pair, au service de tous, et non le jouet de nouveaux intermédiaires monopolistiques.
Download full article
La blockchain au service de l’action publique
Par Malo CARTON
Ingénieur des mines, Agence des participations de l’État (APE)
et Pierre JÉRÉMIE
Ingénieur des mines, chef du service de prévention des risques et des nuisances, direction régionale et interdépartementale de l'environnement et de l'énergie (DRIEE) d’Île-de-France
La technologie blockchain offre la possibilité de construire des registres décentralisés et de partager la confiance entre opérateurs dans la validité de ces registres. La décentralisation des bases de données sous-jacentes à une blockchain est consubstantielle à cette technologie. Dans le cas de l’action publique, une telle décentralisation constitue un changement de paradigme pour l’organisation habituelle de données publiques jusque-là stockées par un ou plusieurs opérateurs publics étroitement surveillés. Nous présenterons ici deux champs d’action publique pour lesquels la mise en œuvre de solutions utilisant cette technologie est actuellement à l’étude : la mise en place d’une nouvelle chaîne de titres pour assurer une circulation des titres financiers plus fluide, mais aussi plus aisément contrôlable, et les possibilités offertes par la blockchain pour l’enregistrement des droits et des servitudes sur les sols au service d’une meilleure information des acquéreurs.
Download full article
Les infrastructures et les services de l’Internet
Par Stéphane BORTZMEYER
Ingénieur à la direction des systèmes d’information et des opérations de l’Association française pour le nommage Internet en coopération (AFNIC)
De nombreuses applications ont été proposées pour la chaîne de blocs ( blockchain ). Mais on doit constater que, dans beaucoup de cas, la description de « comment » la chaîne de blocs pourrait être utilisée pour cette application est tellement approximative qu’il est impossible d’évaluer si l’utilisation de la chaîne de blocs est, dans ce cas, raisonnable. Or, cette chaîne n’est pas utile pour toutes les applications. Nous explorerons ici deux applications liées à l’infrastructure de l’Internet : les journaux (au sens de journal de bord) et, surtout, les registres de noms, pour lesquels il y a déjà eu d’innombrables débats sur leur fonctionnement. Comment un registre de noms peut-il être réalisé sur une chaîne de blocs ? Qu’y gagnerait-on ? Quels seraient les problèmes et les obstacles ?
Download full article
MakerNet : la fabrication distribuée
Par Pierre-Alexis CIAVALDINI
Étudiant-entrepreneur à l’École 42 et cofondateur du BlockFest www.makernet.org
“Release early, release often !". Cet adage bien connu du monde informatique est issu de The Cathedral and the Bazaar (1) (1997), un des ouvrages fondamentaux du mouvement open source qui révèle l’avantage compétitif qu’offre cette nouvelle vision de l’informatique. Applicable au matériel, cette philosophie permet l’élaboration d’un nouveau modèle de fabrication distribuée sécurisable grâce à la blockchain . La France a délocalisé son industrie de pointe et a perdu une grande partie de son savoir-faire en micro-électronique. A contrario, à Shenzhen, en Chine, l’électronique est désormais une forme d’artisanat. Elle permet à la Chine de créer chaque jour des dizaines de nouveaux smartphones que l’on appelle des « Shanzai », une forme d’open hardware standardisé (qui n’existe que là-bas). MakerNet (2) propose la généralisation de ce modèle et son ouverture aux autres cultures au travers d’un écosystème de fabrication distribuée permis par la blockchain .
Download full article
Blockchains et Smart contracts : des perspectives pour l’Internet des objets (IoT) et pour l’e-santé
Par Philippe GENESTIER
Docteur en microélectronique chez Orange Labs
Loïc LETONDEUR
Ingénieur en Recherche et Développement, en fonction au sein d’Orange Labs
Sajida ZOUARHI
Ingénieure et doctorante en informatique et réseaux chez Orange Labs et au LIG (Laboratoire d’informatique de Grenoble INP)
Alain PROLA
Concepteur/développeur d’applications sur plateforme Androïd
et Jean-Marc TEMERSON
Ingénieur de recherche, responsable d’équipe et de projets au sein d’Orange Labs, aujourd’hui à la retraite
Download full article
Les smart contracts et les oracles
La régulation des smart contracts et les smart contracts des régulateurs
Par Catherine BARREAU
Professeur à la Faculté de droit et de science politique de l’Université de Rennes 1, IODE UMR CNRS 6262, Université Bretagne-Loire
Tôt ou tard, toute innovation technologique est saisie par le droit. Le besoin de régulation est exprimé tant par les utilisateurs de l’innovation qui en tirent profit que par ceux qui pourraient en être victimes. Ainsi, les chaînes de blocs prennent discrètement place dans l’environnement légal, dans le domaine du financement des entreprises. Les smart contracts , dont les cas d’usage restent limités, devraient les rejoindre sous peu, la complexité de l’outil requérant un cadre juridique sécurisé pour permettre son développement. Réguler ce nouvel objet exige d’en déterminer la nature pour établir ses usages. Si ceux-ci sont essentiellement privés, un usage public par une autorité de régulation peut néanmoins être envisagé.
Download full article
Smart contracts… Aspects juridiques !
Par Éric BARBRY
Avocat, directeur du pôle Droit du numérique du Cabinet Alain Bensoussan Avocats Lexing
Les smart contracts (traduisez : « contrats intelligents ») ne sont pas une nouvelle forme de contrat qui s’opposerait à des contrats idiots… À vrai dire, les smart contracts ne sont même pas des contrats… Les smart contracts sont une manière de coder un contrat et de rendre son application automatique, donc plus facile, plus rapide et plus sûre. Les smart contracts sont basés sur la technologie de la blockchain ». Celle-ci intéresse de très nombreux secteurs d’activité : la finance, la musique, les intermédiaires ou encore les séquestres… Si, comme toutes les techniques, les smart contracts présentent de nombreux avantages, ils posent aussi de nombreuses questions, parmi lesquelles : quid de la sécurité ? Qu’en est-il des erreurs de programmation ?
Download full article
La mise en œuvre de la blockchain et des smart contracts par les industries culturelles
Par Jérôme PONS
Consultant en technologies et stratégies numériques dans les secteurs de la culture et délégué à la normalisation de la blockchain chez Music won’t stop
La contractualisation est omniprésente dans les industries culturelles, notamment dans les secteurs du cinéma, de la vidéo et de la musique enregistrée. Cependant, les contrats ne sont pas toujours applicables ou exécutés, qu’il s’agisse des contrats d’auteur, d’édition, de licence ou de distribution. Car, en effet, les minima garantis peuvent conduire à un transfert « excessif » de la valeur vers les producteurs et les éditeurs, et l’absence de métadonnées juridiques peut pénaliser la rémunération des ayants droit (les artistes-interprètes, par exemple). Dans ce contexte, est-il utopique d’imaginer une programmation et une exécution automatiques des contrats, qui conduiraient à un partage « équitable » de la valeur entre créateurs, producteurs, éditeurs, distributeurs, diffuseurs et consommateurs de contenus numériques et à une rémunération des ayants droit reflétant la consommation au téléchargement ou à l’écoute près ? La technologie blockchain répond dans une certaine mesure à cette question.
Download full article
L’Oracle hardware : la couche de confiance entre les blockchains et le monde physique
Par Vanessa RABESANDRATANA
Customer Success Manager, Ledger
et Nicolas BACCA
Chief Technical Officer, Ledger
Download full article
Les opportunités, les enjeux
Pourquoi la normalisation s’intéresse-t-elle à la blockchain ?
Par Olivier PEYRAT
Directeur général de l’Association française de normalisation (Afnor)
et Jean-François LEGENDRE
Responsable développement Afnor
La blockchain concerne un ensemble de technologies. Son potentiel de développement est considérable, avec de nombreux cas d’usage envisagés, dont certains sont déjà en phase de déploiement. L’impact potentiel de la blockchain est disruptif, et sans doute stratégique pour de nombreux secteurs. Toutefois, la blockchain devra atteindre un premier niveau de maturité, ce qui implique le développement de normes afin d’apporter la confiance nécessaire sur certains aspects des processus mis en œuvre.
Download full article
Sécurité et insécurité de la blockchain et des smart contracts
Par Jean-Pierre FLORI
Expert en cryptographie à l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI)
La sécurité des nombreuses applications utilisant les blockchain s repose non seulement sur la façon dont sont construites les blockchain s sous-jacentes, mais aussi sur les spécificités de l’application construite à l’aide des données stockées dans ces blockchain s, ainsi que sur le comportement des entités participant à l’expansion de la blockchain . Dans cet article, nous nous intéresserons à ces différents niveaux de sécurité et nous les illustrerons en nous appuyant sur deux applications phares des blockchain s : la crypto-monnaie bitcoin et l’ordinateur-monde d’Ethereum.
Download full article
La (ou les) blockchain(s), une réponse technologique à la crise de confiance
Par Arnaud MANAS
Ingénieur, docteur en économie et en histoire, chercheur associé à l’Université de Paris I – Sorbonne (IDHES)
et Yoram BOSC-HADDAD
Spécialiste de la gouvernance des initiatives émergentes et du pilotage économique
Dans sa forme canonique, la blockchain est un refus des tiers de confiance. Cette technologie repose sur une posture idéologique qui n’est pas exempte de populisme. Ce refus des institutions établies s’explique en partie par la crise de confiance que traversent les sociétés modernes. Le solutionnisme technologique qui voudrait établir la confiance par algorithmes, sans ancrage social ou juridique, est illusoire. Compte tenu des coûts et des risques, l’usage de la blockchain canonique (sans tiers de confiance) présente peu d’intérêt en dehors d’un nombre limité de domaines. En revanche, la mise en œuvre des technologies blockchain par des institutions dépositaires de confiance, à l’intérieur d’un cadre juridique et social, paraît promise à un bel avenir. Mais seule une veille active permettra à ses acteurs d’en bénéficier pleinement.
Download full article
Un nouvel outil numérique pour la fiabilisation des smart contracts: la blockchain
Par Matthieu HUG
Serial entrepreneur, cofondateur et CEO de Tilkal
Les registres numériques distribués ( blockchain s) promettent de réinventer la confiance en rendant possibles des systèmes de notariat désintermédiés et décentralisés. Leur application à l’industrie financière, largement étudiée et commentée, pourrait modifier nos systèmes d’échanges basés sur des tiers de confiance. D’autres applications de ces technologies visent, quant à elles, non pas simplement à se substituer aux mécanismes de confiance existants, mais bien à établir de la confiance là où celle-ci fait défaut. Une application ayant un intérêt sanitaire majeur est l’assurance de la traçabilité des produits de bout en bout, depuis le fabricant jusqu’au consommateur : d’abord pour fournir au consommateur la transparence qu’il réclame sur ce qu’il consomme, et la conformité, dont il veut pouvoir juger, par rapport à ses critères de santé ou d’éthique. Ensuite pour lutter contre l’incroyable croissance de toutes les formes de contrefaçon, qui touchent toutes les industries, du médicament aux aliments pour nourrissons, en passant par les pièces automobiles.
Download full article
Par Louis-François PAU
Rotterdam School of Management and Copenhagen Business School
