Mai 2006
sommaire
Réalités industrielles
La chaîne logistique, entre espace dilaté et temps réduit
Ce numéro a été coordonné
par Pascal Eymery
Editorial
Par François Valérian
Rédacteur en chef des Annales des Mines
Après 20 ans de supply chain management, quelles évaluations, quelles perspectives ?
Par Pascal EYMERY
Partner d'Accenture, dirigeant du centre d'expertise en supply chain management
La gestion de la chaîne logistique, qui s’est imposée progressivement comme une compétence stratégique, aborde depuis une vingtaine d’années une nouvelle ère, plus complexe. La mondialisation de l’économie, la croissance des activités de service et la montée en puissance des nouvelles technologies de l’information ont modifié en profondeur les relations qu’ont les entreprises avec leurs fournisseurs, leurs clients et leurs partenaires, ce qui contribue à redéfinir les approches de supply chain management. A une vision linéaire, stable et localisée de la chaîne logistique succède désormais une logistique mouvante, en réseaux ouverts, à réinventer continuellement
Pourquoi le supply chain management est-il devenu un enjeu si difficile à maitriser ?
Par Philippe-Pierre DORNIER
Professeur à l'ESSEC, Président directeur général, Newton Vaureal Consulting
Dans une économie mondialisée de plus en plus complexe, force est de constater que les niveaux de performances dans la supply chain stagnent, alors qu’on s’était habitué à des améliorations successives depuis des années. Le supply chain management est pris dans des champs de déséquilibre qui ne s’avèrent plus seulement temporaires, mais qui tendent, au contraire, à devenir permanents. Il faut donc savoir passer d’organisations, dont la compétence essentielle résidait dans la gestion, à des organisations capables de soutenir un rythme élevé de changements structurels.
Profits des entreprises : du bon usage de la mondialisation
Par Jon BUMSTEAD, Excel et Malcolm WHEATLEY
rédacteur professionnel
Si le coût sortie d’usine des produits émanant de pays situés à l’autre bout du monde peut paraître attractif aux entreprises, les longs délais d’approvisionnement sont un obstacle à leur réactivité et une menace pour les profits escomptés. Les entreprises du textile, par exemple, préfèrent s’approvisionner tout près de leur marché domestique et payer des coûts de confection plus élevés que de supporter un délai d’approvisionnement d’environ 16 semaines à partir de la Chine. Pourtant, de nouvelles stratégies – dont l’aménagement d’un fret hybride ou mixte - peuvent permettre de capturer les bénéfices de l’approvisionnement mondialisé à bas coûts, sans perdre les opportunités offertes par un approvisionnement national, ou limitrophe.
Le direct sourcing dans le groupe kingfisher
Par Patrick GENTINE
Directeur de la Supply Chain Groupe Kingfisher
Propos recueillis par François Valérian
Un programme de « Cost Price Reduction » (CPR) a été mis en place par Kingfisher, troisième groupe mondial d’amélioration de l’habitat ou, plus traditionnellement, de bricolage. Leviers de réduction des coûts : l’harmonisation des gammes, le développement de marques propres au groupe, mais surtout le développement du direct sourcing. Cette activité d’approvisionnement à la source représente aujourd’hui un peu plus de 10 % des achats des enseignes européennes du groupe, avec actuellement quatre bureaux (la Chine – le plus gros bureau - l’Inde, la Pologne et l’Afrique du Sud) qui ont pour mission de capturer un nouveau marché : celui d’agents, d’importateurs ou de grossistes.
Revoir les paradigmes de la chaine d'approvisionnement
Par Olivier VIDAL
Partner d'Accenture, en charge du Groupe de compétence Supply Cain pour la France et le Benelux de 1994 à 2005
Mondialisation, délocalisation, flexibilité, réactivité aux marchés, concentration des investissements capacitaires, innovation technologique incessante et réduction des délais de mise en marché, compétitivité de la main d’œuvre, projection de l’incidence du coût de l’énergie sur le marché des transports, importance croissante du développement durable… : les raisons de garder la chaîne d’approvisionnement au centre des préoccupations managériales ne manquent pas. La démonstration récente de la corrélation existant entre la performance Supply Chain des entreprises et celle de leurs titres sur les marchés financiers devrait finir de convaincre les Directions générales de donner à ce domaine l’attention qu’il mérite.
Les challenges de l’intégration du transport dans une supply chain agile
Par Roland DACHS
Vice-Président Supply Chain de Crown Cork
Le monde de la logistique n’a pas encore complètement intégré l’interface transport, pourtant maillon essentiel de la chaîne, dans ses modes opératoires. Les mutations en cours sont longues. D’autre part, le secteur du transport doit supporter toute une série de contraintes - réglementations sur le temps de travail ou d’ordre environnemental, évolution du coût du fuel - souvent mal comprises quant à leur impact et, malheureusement, peu prises en compte dans les stratégies en cours.
Qui sont les hommes et les femmes de la supply chain ?
Par Joseph BEAURAIN
Consultant
Recherche de la performance, révolution technologique, diversité infinie des techniques, multiplication des échanges internationaux ont contraint l’entreprise à de plus en plus de réactivité et de diversité. Autant de défis à la logistique. Du logisticien autodidacte venu du terrain à l’ingénieur de troisième cycle, le métier de la supply chain a connu une surprenante évolution. Vendeurs ou entrepreneurs plus que techniciens, les logisticiens considèrent aujourd’hui leur métier comme un élément stratégique de conquête. Quant à leur avenir, ils le voient au-delà de la logistique. La supply chain serait-elle devenue trop importante pour être confiée aux logisticiens ?
Le système d'information : système nerveux des supply chains.de l’intégration a la modularisation
Par Si-Mohamed SAID
Global Marketing Director - SAP AG
De nombreux outils sont apparus ces dernières années dans le monde des progiciels de gestion et d’optimisation de la chaîne logistique (ERP (Enterprise Resource Planning) ou progiciel de gestion intégré (PGI). Chacune de ces innovations est venue compléter le système d’information des supply chains, pour aboutir aujourd’hui à un véritable « système nerveux » plus flexible, plus performant et capable de réagir en temps réel aux aléas d’un réseau. Les entreprises – la maison Valette et Blédina sont citées en exemple - qui ont su rapidement intégrer ces applications ont vite transformé ces avantages en un véritable atout concurrentiel.
La supply chain doit-t-elle être repensée pour les services et l’après-vente ?
Par Angélique REGAL et Pascal EYMERY
Accenture
Nombreux sont les concepts de gestion de la chaîne logistique qui ont été développés dans des contextes de production ou de distribution en grande série, avec une dynamique de flux et de stocks massifs réguliers. La loi statistique des grands nombres leur a été implicitement appliquée, permettant ainsi la mise en place d’approches simplifiées. Mais aujourd’hui les activités de service ne cessent de croître et leur supply chain présente souvent des caractéristiques bien particulières, notamment en raison de volumes sporadiques, qui forcent à sortir des sentiers balisés par la production et la distribution classiques.
Hors dossier
L’espace, facteur d’intégration pour la gestion de la sécurité en Europe ?
Par Bertrand de MONTLUC
conseiller au Centre d'analyse et de prévision du ministère des Affaires étrangères (Paris)
et Florent PERACHE
diplômé de l'Institut d'études politiques
Ouvrant de nouveaux champs d’intégration aussi bien en matière de recherche et de haute technologie que dans le domaine de la sécurité, la politique spatiale est susceptible d’enrichir le projet européen. Si l’espace reste bien l’apanage des nations, on observe, en effet, dans ce domaine, la lente émergence d’un processus de gouvernance européenne, notamment grâce à l’élaboration de programmes communs tels que Galileo et GMES.
Le médicament : une industrie du bien public
Par François BOISIVON
Avec la participation de :
Jean-François BERGMANN, professeur de médecine interne, premier vice-président de la commission d’AMM
Marc de GARIDEL, directeur général d’AMGEN France, et président du Comité Biotechnologie du LEEM
Noël RENAUDIN, président du Comité économique des produits de santé
Débat animé par Jacques BIOT, Président de JNB Développement SA
Les dépenses pharmaceutiques forment un lieu commun du débat récurrent sur les comptes publics. Comment dépasser le simple constat de l’équilibre difficile entre protection sociale et responsabilité des médecins et patients ? Les questions de stratégie industrielle, et de compétition mondiale, compliquent encore le dossier. Il y a cependant des convergences possibles entre les différents points de vue.
