Mars 2019

sommaire

Gérer & Comprendre

Numéro complet

N° 135

Réalités méconnues

Césure entre création et diffusion théâtrales dans les lieux intermédiaires : coup de théâtre ou modèle tenable ?

Par Julia PARIGOT
Institut supérieur de Gestion

Le secteur du théâtre en France est confronté à une situation particulière. Au sein de sa chaîne de valeur, l’activité de diffusion prend le pas sur celle de création. Pour y remédier, un nouveau type d’organisation émerge : les lieux intermédiaires. Ces derniers opèrent une césure entre les activités de création et de diffusion afin de se libérer des contraintes liées à cette dernière. Cet article pointe les caractéristiques de ce nouveau modèle dans le secteur du théâtre et s’intéresse aux défis auxquels il se trouve confronté. En mobilisant toutes les ressources autour de l’activité de création, les lieux intermédiaires voient leurs sources de financements ainsi que leurs pratiques modifiées. Les difficultés qu’ils rencontrent posent cependant la question de la pérennité du modèle.

L’épreuve des faits

Permettre le développement de l’entreprise dans un environnement corruptif : les cas de la Chine et de l’Inde

Par Paul LABIC, Pierre MEMHELD
Université de Strasbourg

Cet article propose une approche nouvelle pour des entreprises confrontées à la corruption sur de nouveaux marchés. Devant la multiplicité des formes de corruption, nous nous sommes limités aux cas particuliers d’entreprises occidentales voulant se développer sur les marchés chinois et indiens. Nous commençons par une revue de la littérature et le classement de l’ensemble des facteurs favorisant la corruption en facteurs internes ou externes, organisationnels ou individuels. Nous établissons que si les facteurs internes font l’objet de nombreuses études, les facteurs externes sont souvent sous-estimés. Puis nous montrons que dans le cas de la Chine et de l’Inde, les facteurs externes sont dominants. Nous caractérisons ces facteurs et déterminons comment ils influent sur les processus de décision dans ces pays. Enfin nous nous focalisons sur les éléments culturels et sociologiques constitutifs de l’organisation des sociétés chinoises et, séparément, indiennes : comment doivent-ils être pris en compte ? Nous établissons les schémas de fonctionnement de la corruption. Cette analyse nous permet alors de reformuler la corruption comme un mode de captation de la valeur. Nous proposons en définitive des solutions spécifiques à la Chine, différentes pour l’Inde, permettant cette captation de la valeur par le développement d’activités annexes au domaine premier de l’entreprise, tout en restant conformes à l’éthique et aux lois et en protégeant les équipes.

En quête de théorie

Recherche en finance : quand la performativité invite à la réflexivité

Par Hélène RAINELLI-WEISS
IGR-IAE, Université de Rennes 1

Cet article se propose de faire le bilan de l’impact de la recherche en finance sur ces soixante dernières années. Il tente de mesurer l’influence des théories sur les pratiques et la croissance de l’industrie financière mais aussi sur les normes sociales et les arrangements institutionnels qui organisent le monde de la finance. Notre principale contribution est d’insister sur le rôle de la théorie dans la construction sociale du monde financier et sur la nécessité pour la théorie financière de cesser d’ignorer ses effets performatifs, afin de s’inscrire, de manière plus ambitieuse, dans les débats sur l’utilité sociale de la finance et de tracer des perspectives novatrices, notamment en matière de régulation financière.

Autres temps, autres lieux

Existe-t-il un effet Hawthorne ?

Par François GEOFFROY
CRIISEA (EA 4286), IAE Amiens

Cet article présente les différentes expériences menées par Elton Mayo et son équipe d’Harvard dans les ateliers Hawthorne de la Western Electric. Le principal apport de ces recherches est le fameux « effet Hawthorne » : l’attitude amicale de la direction est un facteur motivationnel affectant le comportement du salarié. Cependant, de plus en plus de travaux contestent aussi bien les résultats que les conclusions trouvées. Nous proposons ici une relecture historique et critique de ces expérimentations s’appuyant sur une revue de la littérature pluridisciplinaire.

Du paternalisme au patronhumanisme

Par Amélie VILLÉGER
CEREGE (CEntre de REcherche en GEstion), Université de Poitiers

Que ce soit dans les écrits populaires ou dans la littérature académique, le paternalisme est souvent présenté comme un mode de gouvernance pernicieux et rétrograde. Partant de la mise en évidence de deux antagonismes qui le sous-tendent, cet article conceptuel propose d’envisager une approche moins manichéenne du phénomène. D’abord, dans le cas du paternalisme originel, le traditionalisme s’est finalement révélé être au service du progressisme. Ensuite, tiraillé entre la nécessaire organisation du lien de subordination au travail et la juste reconnaissance des droits et libertés de chacun, le paternalisme a évolué jusqu’à trouver un équilibre dans la mise en place d’un néo-paternalisme fortement influencé par les valeurs humanistes et pouvant, à ce titre, être qualifié de « patronhumanisme ».

Réponse de Pierre MESSULAM — Pour une généalogie du paternalisme

Réponse d’Hervé DUMEZ — À propos du paternalisme. Petite critique d’une approche trop doctrinale et culturaliste

Mosaïque

De la distinction par des petits rien : consommation et classes aspirationnelles

À propos de l’essai d’Elizabeth CURRID-HALKETT, The sum of small things: da theory of the aspirational class, Princeton Press, 2017.

Par Pierre MESSULAM

La fabrique des données

À propos de l’ouvrage de Jérôme DENIS, Le Travail invisible des données. Éléments pour une sociologie des infrastructures scripturales, Paris, Presses des Mines, 2018.

Par Jean-Marc WELLER

Management : la comédie, c’est fini ?

À propos de l’ouvrage de Nicolas BOUZOU et Julia de FUNÈS, La Comédie (in)humaine, Paris, Éditions de l’Observatoire, 2018.

Par Antoine MASINGUE

L’entreprise à mission : un modèle de gouvernance pour l’innovation

À propos du livre de Kevin LEVILLAIN, Les Entreprises à mission ˗ Un modèle de gouvernance pour l’innovation, Paris, Vuibert, 2017.

Par Matthieu BATTISTELLI

Peut-on réussir des réformes en France ? La méthode Bailly

À propos de l’essai de Jean-Paul BAILLY, Réformez ! par le dialogue et la confiance, Paris, éditions Descartes & Cie, 2016.

Par Jacques SARRAZIN

La revue complète

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