Mars 2017

sommaire

Gérer & Comprendre

Numéro complet

N° 127

Réalités méconnues

Quelles stratégies pour les sous-traitants face aux reconfigurations des chaînes de valeur ? Le cas de la joaillerie en France

Par Colette DEPEYRE
Maître de conférences à l’Université Paris-Dauphine, PSL Research University, CNRS, UMR [7088], DRM

Emmanuelle RIGAUD
Professeur à NEOMA Business School et chercheur associé i3-CRG École polytechnique-CNRS-Université Paris Saclay

et Fabien SERAIDARIAN
Mazars, chercheur associé i3-CRG École polytechnique-CNRS-Université Paris Saclay

La reconfiguration des chaînes de valeur est souvent rythmée par des acteurs cherchant à dominer le processus de création de valeur. Mais qu’en est-il pour les acteurs qui sont en situation de plus grande dépendance au sein de la chaîne de valeur ? Quelles stratégies peuvent guider leur repositionnement ? Dans cet article, nous nous intéresserons, en particulier, aux trajectoires d’adaptation des sous-traitants français dans le secteur de la joaillerie, le secteur du luxe étant marqué par une évolution des activités qui vient interroger le positionnement des différents acteurs sur la chaîne de valeur. Les sous-traitants font face à une série de tensions organisationnelles et stratégiques. Quatre trajectoires types d’adaptation sont identifiées en fonction du périmètre d’action des sous-traitants joailliers, de leur degré d’autonomie, de la nature de leur relation avec les donneurs d’ordres et de leurs savoir-faire : la sauvegarde, la spécialisation, la coopération et la coopétition. Elles donnent à voir une diversité de solutions stratégiques, là où les représentations auraient pu se figer.

L’épreuve des faits

Du risque contrôlé au risque régulé : le cas de la médecine nucléaire

Par Bénédicte GEFFROY
Professeur en sciences de gestion, IMT-Atlantique, membre du LEMNA (Laboratoire d’économie et de management de Nantes Atlantique) - Université de Nantes

Sophie BRÉTESCHÉ
Enseignant-chercheur (HDR) en sociologie, IMT-Atlantique, membre du LEMNA (Laboratoire d’économie et de management de Nantes Atlantique) - Université de Nantes

et Romain LONCEINT
Doctorant en sciences de gestion, IMT-Atlantique, membre du LEMNA (Laboratoire d’économie et de management de Nantes Atlantique) - Université de Nantes

Le développement de la médecine nucléaire dans la seconde moitié du XXe siècle pose la question de la gestion des risques, en particulier pour les professionnels de santé exposés quotidiennement à de « faibles doses » de radioactivité dont les effets demeurent incertains. Une forme de précaution a alors prévalu à travers l’instauration de mesures de radioprotection visant à protéger les professionnels des risques éventuels liés à la radioactivité. À partir d’une enquête qualitative menée dans deux services de médecine nucléaire, nous nous intéresserons au rapport au risque des professionnels de santé en médecine nucléaire. Nous montrerons que le travail dans le domaine particulier de la médecine nucléaire, qui consiste à soigner le patient tout en se protégeant de la radioactivité, suscite une gestion du risque fondée sur une forte régulation collective.

En quête de théorie

Une représentation française de la relation interculturelle

quel impact sur les compétences interculturelles des managers français ?

Par Catou FAUST
Professeur associé à l’EM Lyon Business School

Le développement de compétences interculturelles dans les entreprises ne peut avoir lieu sans une réflexion sur la nature même de ces compétences. Dans cette optique, cette recherche propose un angle d’étude jusqu’à présent inexploré, en questionnant l’influence de la culture nationale sur les représentations en jeu dans la relation interculturelle. Nous présentons ici les résultats d’une étude qualitative menée auprès de managers français et internationaux travaillant dans des multinationales du secteur industriel. L’analyse d’entretiens de 62 managers nous a permis de faire émerger une représentation de la relation interculturelle propre aux managers français et de mettre en évidence l’impact de cette représentation sur leurs compétences interculturelles. Le prisme culturel proposé par cette recherche fournit ainsi un nouvel angle d’analyse des succès et des échecs dans la relation interculturelle.

L’entreprise libérée, innovation radicale ou simple avatar du management participatif ?

Par Patrick GILBERT
Professeur des universités à l’IAE Paris I Panthéon-Sorbonne (Sorbonne Business School)

Ann-Charlotte TEGLBORG
Enseignant-chercheur à Novancia Business School Paris, chercheur affilié au Gregor, IAE Paris I Panthéon-Sorbonne (Sorbonne Business School) et chercheur invité à University College of London-IOE

et Nathalie RAULET-CROSET
Maître de conférences à l’IAE Paris I Panthéon-Sorbonne (Sorbonne Business School) et chercheure à I3-CRG École polytechnique

L’engouement pour le phénomène de l’ « entreprise libérée » pose la question de sa réelle nouveauté par rapport à d’autres modèles managériaux qui l’ont précédé. S’agit-il d’une réelle innovation ou bien a-t-on affaire à un nouvel avatar du management participatif ? En quoi l’entreprise libérée s’affranchit-elle des difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de celui-ci ? Pour répondre à ces questions, nous nous sommes appuyés ici sur l’étude de trois cas emblématiques : le fondeur Favi, le biscuitier Poult et le dépanneur de flexibles hydrauliques CHRONO Flex. Il en ressort que l’entreprise libérée est à la fois dans la continuité du modèle participatif et en rupture avec celui-ci, et que, si elle parvient à en surmonter certains écueils, les difficultés liées à sa mise en œuvre n’en sont pas pour autant négligeables.

Autres temps, autres lieux

L’apprentissage unilatéral et conjoint dans les alliances asymétriques Quels effets pour la stabilité de la relation partenariale ?

Par Fadia BAHRI KORBI
Docteure ès-sciences de gestion, Institut supérieur de Management, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (ISM-UVSQ)

Une revue de la littérature souligne la multitude de facteurs impactant la stabilité d’une alliance stratégique et pouvant en précipiter la fin. L’objet de cet article est d’analyser les effets de l’apprentissage sur la stabilité d’une alliance asymétrique. Fondée sur une méthodologie qualitative, cette recherche s’appuie sur l’analyse de huit cas d’alliances asymétriques conclues entre des entreprises tunisiennes et des multinationales évoluant dans les secteurs agroalimentaire et pharmaceutique. Les principaux résultats de cette recherche font ressortir une lecture sectorielle des facteurs d’instabilité des alliances asymétriques. En outre, ils permettent d’enrichir l’approche de l’instabilité des alliances asymétriques fondées sur l’apprentissage en mettant en lumière des implications théoriques et managériales importantes. Grâce à un apprentissage unilatéral, le partenaire dominé peut réduire son niveau de dépendance vis-à-vis du partenaire dominant en valorisant sa recherche et les nouvelles connaissances intégrées, précipitant, de facto, l’instabilité de l’alliance stratégique. En revanche, un apprentissage conjoint par les deux partenaires asymétriques permet de consolider leur interdépendance et d’assurer la longévité de leur relation.

L’usine de produits chimiques de Salindres (1854-1880) : un démarrage en environnement hostile

Par Marie-Claire LOISON
Professeur assistant à em Lyon Business School et membre du centre de recherche OCE

et Oussama OURIEMMI
Professeur associé à ISG International Business School, GrIIsG

Le processus conflictuel qui fait l’objet de cet article débute en 1854 à Salindres, petite commune rurale du Gard. Il oppose pendant 25 ans la première usine du groupe Pechiney à ses voisins, qui se plaignent des nuisances industrielles causées par cette dernière. Ce conflit environnemental est présenté ici dans ses différentes phases : son émergence et les premières réclamations, son apogée et sa judiciarisation, et, enfin, l’affaiblissement du conflit. Ses différentes transformations permettent de mettre en évidence les stratégies employées par les protagonistes et l’idéologie industrialiste dominante de l’époque, ainsi que la faiblesse de la conscience environnementale qui caractérise alors la nouvelle société industrielle.

Mosaïque

La société du paraître

À propos de l’ouvrage de Jean-François Amadieu, « La Société du paraître », Éditions Odile Jacob, septembre 2016

Par Nicolas BERLAND

La SNCF que l’on aimerait

À propos de l’ouvrage de Pierre Messulam et François Regniault, « Que faire de la SNCF ? », Tallandier, octobre 2016

Par Michel BERRY

« Tenure correcte exigée ! »

À propos de l’ouvrage de Michel Anteby, « L’École des patrons. Silence et morales d’entreprise à la Business School de Harvard », Paris, Éditions Rue d’Ulm/Presses de l’École normale supérieure, 2015

Par Stéphane DESCHAINTRE et Emmanuel COBLENCE

Manager, est-ce instrumentaliser des hommes ?

À propos du livre de Thibault Le Texier, « Le Maniement des hommes. Essai sur la rationalité managériale », Paris, Éditions La Découverte, 2016

Par Antoine MASINGUE

The « Gross National Happiness Index » (GNH)

À propos du livre de Karma Ura, Sabian Alkire, Tshoki Zangmo et Karma Wangdi, « An Extensive Analysis of GNH Index », The Centre For Bhutan Studies, Thimphu, Bhutan, 2012, 213 p.

Par Michel VILLETTE

La revue complète

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