Juin 2016

sommaire

Gérer & Comprendre

Numéro complet

N° 124

Editorial

Par Pascal LEFEBVRE
Editorialiste

Réalités méconnues

Investissements chinois sortant de Chine : quelles en sont les motivations ?

Par Dominique JOLLY
Professeur de stratégie d’entreprise et directeur de la Walker School of Business and Technology de la Webster University Geneva

et Bernard BELLOC
Conseiller stratégique pour SKEMA Business School

Les investissements directs chinois à l’étranger sont montés en flèche depuis 2004. Avec le temps, les cibles gagnent en importance et concernent de moins en moins des entreprises en difficulté. Ces IDE sortants se font sous le contrôle total du gouvernement chinois. Nous défendons ici l’idée que ce sont les énormes réserves de change du pays qui constituent une force de frappe quasi gratuite pour investir à l’étranger, alors que le yuan est de facto non convertible. Nous reprenons l’idée de la nécessité de différencier des autres IDE ceux visant la sécurisation de l’accès chinois à diverses matières premières et sources d’énergie. Pour ce second type d’IDE, nous suggérons que les IDE chinois relèvent de trois catégories de stratégie : a) élargir l’accès des entreprises étrangères au marché chinois, b) permettre à la Chine d’accéder à des actifs lui faisant défaut et c) se diversifier pour réduire les risques.

La prévention de la fraude dans les établissements financiers, un enjeu d’appropriation croisée

Par Nicolas DUFOUR
Docteur en gestion, professeur affilié, Paris School of Business

et Emmanuel LAFFORT
Consultant en organisation et chercheur associé au Centre de recherches et d’études en gestion de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour

L’objet de cet article est d’envisager la manière dont les établissements financiers peuvent tenter d’anticiper les fraudes survenant sur les activités de marché. Nous avons eu recours à deux recherches qualitatives : la première est centrée sur les opérateurs de marchés et la seconde aborde ce sujet sous l’angle du risque opérationnel en étant centrée sur les contrôleurs des risques. Les entretiens semi-directifs réalisés dans le cadre de ces deux recherches sont comparés : ils montrent que l’organisation du contrôle autour de l’appropriation croisée permet de favoriser l’identification des fraudes pour les opérateurs de marchés et les contrôleurs des risques.

L'épreuve des faits

Rôle et posture d’un manager dans la co-construction de sens commun autour du déploiement d’une démarche qualité dans une organisation de solidarité internationale

Par Christelle PERRIN
Maître de conférences à l’Université de Versailles St-Quentin en Yvelines

et Rémi FABBRI
Docteur en sciences de gestion au Centre européen de recherche en économie financière et gestion des entreprises (Université de Lorraine)

Cet article discute le rôle et la posture du manager humanitaire dans l’implantation d’une démarche qualité. En effet, les acteurs humanitaires se soucient de plus en plus de la qualité de leurs services et s’interrogent sur les meilleures manières de les mettre en œuvre dans leur organisation. Une recherche inductive portant sur le cas de l’implantation d’une démarche qualité à la Croix-Rouge luxembourgeoise nous conduit à présenter le manager comme étant un « facilitateur de sens » pour rallier ses équipes à la réalisation d’un tel projet. Pour mettre en avant cette posture, nous nous appuyons sur plusieurs travaux de chercheurs, dont ceux de Weick, en mobilisant sa théorie sur le sensemaking. Les résultats de cette recherche, bien qu’appliqués au cas des organisations non gouvernementales, peuvent s’appliquer à tout type d’organisation. Ils présentent une méthode managériale ascendante, là où la plupart des organisations adoptent encore une posture managériale très top down.

Le briefing-débriefing : une procédure pour lever les barrières pesant sur l’apprentissage organisationnel ?

Par Pierre BARBAROUX
Enseignant-chercheur à l’École de l’air, Centre de recherche de l’Armée de l’air (CReA)

et Cécile GODÉ
Professeur des universités, Université Lumière Lyon 2, COACTIS

Cet article interroge la façon dont les organisations gèrent les facteurs défavorables à l’apprentissage organisationnel. S’inscrivant dans le cadre des théories de l’apprentissage dans et par l’action, la question posée dans cette contribution est la suivante : comment les procédures de briefing-débriefing permettent-elles de lever les barrières pesant sur l’apprentissage organisationnel ? L’analyse d’une étude de cas réalisée au sein de différents escadrons de l’Armée de l’air révèle que le briefing-débriefing repose sur une variété de mécanismes d’apprentissage, de valeurs, d’attitudes comportementales et d’artefacts technologiques, dont l’articulation est enactée par les acteurs afin de favoriser l’apprentissage. Ensemble, ces ressources permettent aux équipes de lever les barrières techniques, socioculturelles et psychologiques pesant sur l’apprentissage organisationnel.

En quête de théorie

Les stratégies d’internationalisation des entreprises françaises et des entreprises allemandes : deux modèles d’entrée opposés

Par Pierre-André BUIGUES et Denis LACOSTE
Professeur de stratégie à Toulouse Business School

L’objet de cet article est de comparer les modèles d’internationalisation des entreprises françaises et des entreprises allemandes. À partir de données portant sur les plus grandes entreprises et de données macro-économiques, nous montrerons l’existence de deux modèles opposés de stratégie d’internationalisation des entreprises allemandes et françaises. Ces différences portent sur les choix relatifs à l’exportation, au volume et à la nature des investissements à l’étranger et, enfin, sur les modalités de mise en œuvre de ces investissements à l ’étranger. Nous proposerons plusieurs explications possibles aux différences de stratégie d’internationalisation des entreprises allemandes et françaises. Les choix stratégiques des entreprises, les facteurs de coût, l’environnement institutionnel et culturel sont autant de variables qui peuvent expliquer ces différences notoires dans les stratégies internationales entre entreprises françaises et entreprises allemandes.

Quels intérêts pour des clients B2B à co-créer un service ?

Par Élodie JOUNY-RIVIER
Docteur en sciences de gestion de l’Université d’Orléans, professeur à l’École supérieure des sciences commerciales d’Angers (ESSCA)

Le développement de l’implication des clients dans la conception de produits ou services fait aujourd’hui partie de la stratégie de nombreuses organisations. Face à l’accroissement de cette pratique appelée « co-création », nombre de recherches en sciences de gestion s’intéressent à la façon dont les clients co-créent avec les entreprises. Cependant, rares sont ces recherches à souligner les bénéfices pour les clients de s’engager dans ce type de collaboration de manière empirique, et aucune ne le fait dans un contexte de services B2B. Or, une telle participation n’est pas toujours rétribuée. Qu’est-ce qui incite dès lors des clients à s’engager dans ce type de démarche ? Pour répondre à cette question, nous avons mené trois études de cas portant sur de nouveaux services. Les résultats de nos études montrent notamment que ce sont les bénéfices organisationnels et sociaux qui sont les plus déterminants dans l’engagement des clients B2B dans la co-création d’un service.

Mosaïque

« On m’avait dit que c’était impossible ! »

À propos du livre de Jean-Baptiste Rudelle, On m’avait dit que c’était impossible - Le manifeste du fondateur de CRITEO, Stock 2015

Par Dominique JACQUET

Liberté, immoralité, rentabilité

À propos de l’ouvrage de Mathieu Detchessahar, Le Marché n’a pas de morale, Éditions du Cerf, Paris, novembre 2015

Par Frédéric KLETZ

La revue complète

Digital issues: abstracts

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