Février 2014

sommaire

Réalités industrielles

Quel partenariat entre recherche publique et industrie ?

Numéro complet
Ce numéro a été coordonné
par Jacques SERRIS,

Avant-propos

Par Anne LAUVERGEON
Présidente de la Commission Innovation 2030, Présidente-directrice générale d’ALP SA

Introduction : Quelle place pour le partenariat de recherche public-privé en France ? par Jacques SERRIS,

Par Benoit LEGAIT
Ingénieur général des mines (Conseil général de l’Économie, de l’Industrie, de l’Énergie et des Technologies – CGEIET)

L'analyse

La recherche partenariale est-elle soluble dans les politiques publiques de recherche ?

Par Frédérique PALLEZ
Professeur Mines ParisTech

En France, la recherche partenariale est considérée comme un des moyens d’augmenter la compétitivité des entreprises. À ce titre, elle est soutenue par divers dispositifs publics. Ses principes semblent en outre compatibles avec les principaux axes des politiques publiques de recherche, qui mettent de plus en plus l’accent sur le nécessaire partenariat entre recherche et industrie. Cela dit, quand on s’intéresse aux moteurs principaux du comportement des acteurs de la recherche publique, à savoir les chercheurs ou les enseignants-chercheurs, on constate que des mécanismes puissants (tenant notamment aux modes d’évaluation et aux modes de financement) freinent encore ces rapprochements. La voie permettant de surmonter ces obstacles est étroite.

Quelles politiques publiques pour favoriser l’innovation et la croissance économique ?

Par Alain VILLEMEUR
Professeur associé à l’Université Paris Dauphine, co-auteur de L’innovation au cœur de la nouvelle croissance, avec Jean-Hervé Lorenzi (Economica, 2009)

La France est confrontée à une double faiblesse, celle de son innovation et celle de sa croissance économique, comme l’ont montré de récents rapports [1, 2, 3]. Depuis une dizaine d’années, de nombreux dispositifs en faveur de l’innovation ont été mis en place dans l’espoir de doper la croissance économique. Cependant, ces dispositifs n’ont pas réellement réussi à inverser les tendances. Dès lors, quelles politiques publiques d’innovation pourraient être mises en œuvre pour redynamiser, à l’avenir, la croissance économique ? Il faut revenir aux facteurs clés identifiés par les économistes de l’innovation et de la croissance économique comme structurant l’écosystème de l’innovation : le rapprochement entre universités et entreprises, les nouveaux produits et le renouvellement des entreprises. Il s’avère dès lors que la France a besoin d’un véritable choc de politiques publiques en faveur des nouveaux produits et du renouvellement des entreprises.

Les attentes des industriels

Au cœur d’une initiative globale d’innovation ouverte pour préparer chez PSA Peugeot Citroën l’automobile du futur

Par Gregory BLOKKEEL et Sylvain ALLANO
Direction de la Recherche, de l’Innovation et des Technologies avancées du groupe PSA Peugeot Citroën

Être capable d’innover, c’est être capable à chaque instant de saisir et de gérer des opportunités, c’est savoir prendre le risque de partir explorer l’inconnu. À cette fin, les entreprises doivent maximiser leur exposition au monde qui les entoure pour accroître leur capacité à accéder à la connaissance scientifique et à celle des nouveaux usages. C’est ce que recouvre le concept d’Open innovation ou d’Innovation ouverte développé par Henry Chesbrough. Pour ce faire, les entreprises doivent mettre en place de véritables partenariats avec l’ensemble des acteurs de leurs écosystèmes d’innovation. C’est cette politique d’open innovation qui est mise en œuvre par le groupe PSA Peugeot Citroën et qui est décrite dans cet article sous l’angle de trois de ces écosystèmes : l’écosystème « Académique », l’écosystème « Entreprise » et l’écosystème « Individus ».

Entre recherche publique et industrie, quels types de partenariats ? Les attentes d’une petite entreprise

Par Pierre-André MARCHAL
Directeur exécutif d’Enersens.

La société Enersens produit des matériaux super-isolants élaborés à base d’aérogel de silice, une technologie qui est notamment le fruit d’une recherche partenariale menée en collaboration avec Mines ParisTech. Enersens a ainsi fait le choix de la recherche collaborative pour accroître sa capacité d’innovation et jouer un rôle de leader dans le domaine des matériaux de haute performance qui est soumis à une forte concurrence internationale.

La recherche développement et l’innovation dans le secteur du numérique – Illustration des attentes des industriels

Par Stéphane DISTINGUIN
Fondateur de FABERNOVEL et Président de Cap Digital

Philippe ROY
Délégué adjoint, Cap Digital

et Isabelle RYL
Directeur du centre de recherche Inria Paris–Rocquencourt

La révolution du numérique n’en est qu’à ses débuts, mais la vitesse et la mobilité de ce jeune secteur opèrent et nécessitent déjà une modification des liens traditionnels entre recherche publique et industrie. En effet, le numérique est un domaine dans lequel la collaboration est essentielle, notamment entre les deux mondes précités. Acteurs éminents de cette recherche, les industriels et les grands groupes favorisent cette collaboration qui prend de nouvelles formes et soulève de nouveaux enjeux. Open Innovation, accélération des cycles de développement de produits, évolutivité permanente, industrie exponentielle et adoption rapide par les utilisateurs sont autant de facteurs de croissance et de changement. Par sa rapidité, ce changement est parfois d’une grande violence (mondialisation et concurrence exacerbée en sont l’illustration) qui exerce une pression importante sur la recherche et l’innovation.

Les attentes des chercheurs publics

L’Université et l’entreprise

Par Bertrand MONTHUBERT
Mathématicien, Président de l'Université Toulouse III-Paul Sabatier

Loin des clichés sur l’université-tour d’ivoire, les liens universitésentreprises sont déjà nombreux et continuent de se développer. Si les relations entre l’Université et les entreprises sont importantes, nous devons envisager les conditions dans lesquelles celles-ci peuvent être harmonieuses, et donc équilibrées et respectueuses des missions de service public. La structuration de ces liens reste un défi à relever pour sortir de relations parcellaires sur le plan de la recherche et de la formation initiale ou continue et pour intégrer ces diverses dimensions dans une sorte de hub de l’innovation.

Quel partenariat entre recherche publique et industrie ? Être chercheur et créer une entreprise innovant

Par Alain THOREL
Directeur de Recherche à Mines ParisTech

Cet article retrace les étapes du projet de création de DiamLite (une start-up dédiée à la fabrication industrielle de nanodiamants fluorescents), depuis les premières expériences ayant conduit aux idées et concepts de base sur lesquels elle s’appuie jusqu’au processus de création impulsé par les aides du ministère de la Recherche. Ce projet est le fruit d’une dizaine d’années de collaboration entre le Centre des Matériaux de Mines ParisTech et l’Unité Inserm 829. Le récit de cette expérience, qui a été jalonnée de difficultés mais aussi d’opportunités, permet d’identifier certains points (positifs ou négatifs) qui ont fortement influencé cette aventure, et de tirer quelques enseignements plus généraux illustrant les rôles complémentaires de la recherche fondamentale, qui est à l’origine des ruptures technologiques, et de la recherche partenariale, qui constitue la courroie de transmission essentielle entre les concepts académiques et la satisfaction des besoins de la société.

Les politiques publiques en France et à l'étranger

De L’Anvar à Bpifrance, en passant par Oséo : les grandes étapes du financement public de l’innovation

Par Laure REINHART
Directeur des Partenariats à la Direction Innovation de Bpifrance Financement

En France, le transfert de technologies entre les laboratoires publics de recherche et l’économie est depuis plus de 50 ans au cœur des préoccupations des ministres en charge de la Recherche et de l’Industrie. Aux approches de type technology push des années 1970 a succédé la prise en compte des besoins des entreprises (des PME, en particulier) dans l’organisation de ce transfert. Après le milieu de la décennie 2000, qui vit la mise en valeur des vertus de l’innovation ouverte avec la création des pôles de compétitivité et de l’Agence de l’Innovation industrielle (AII), l’effort est mis aujourd’hui sur toutes les composantes de l’innovation et sur l’accompagnement des entreprises en faisant appel à de nouvelles compétences issues notamment des sciences humaines et sociales.

Quelle évolution pour les politiques publiques de recherche partenariale ?

Par Guillaume PRUNIER
Ingénieur des mines, Chef du bureau des Politiques d’innovation et de technologie à la direction générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services (DGCIS)

La politique de recherche partenariale n’est que l’un des pans de la politique d’innovation, mais elle reste un levier de compétitivité encore trop peu exploité en France. Cet article procède à une comparaison entre la politique de recherche partenariale appliquée en France (avec les Instituts Carnot) et celle en vigueur en Allemagne (avec les Instituts Fraunhofer).

Les pratiques de valorisation de la recherche publique : un éclairage international

Par Mario CERVANTES, Dominique GUELLEC et Daniel KUPKA

La valorisation de la recherche publique est aujourd’hui une pratique très répandue dans la plupart des pays et est un thème central des politiques nationales de recherche et d’innovation. Alors que des progrès importants avaient été réalisés durant les premières années de la mise en place de ces politiques, il semble que leurs résultats aient tendance à stagner depuis quelques années. Cela est dû à plusieurs de leurs caractéristiques, que certains pays s’attachent aujourd’hui à dépasser : une focalisation excessive sur les prises de brevets, une approche de la valorisation par trop administrative et insuffisamment économique (déposer un brevet ou créer une entreprise sont des actes administratifs, alors que créer de la valeur à partir de ces actifs est un acte économique), une tendance à négliger le potentiel entrepreneurial que représentent les étudiants, une intégration insuffisante dans leurs stratégies des différents outils de valorisation de la recherche que sont notamment la protection de la propriété intellectuelle, la recherche contractuelle et la création d’entreprises.

Les filières technologiques en Europe à l’horizon 2020

Par Iskren KIRILOV
Responsable de travaux, direction générale pour la Recherche et l’Innovation, Commission européenne

et Jack METTHEY
Directeur de la direction Programme-Cadre –Relations Interinstitutionnelles –Direction générale pour la Recherche et l’Innovation, Commission européenne

Le nouveau programme-cadre européen Horizon 2020 vise à répondre à la nécessité du renouvellement de notre modèle de société qu’a mise en évidence la crise économique (mais aussi sociale et politique) dont l’Europe souffre depuis près de cinq ans. La recherche et l’innovation sont appelées à jouer un rôle important dans cette évolution, dont le champ devrait s’étendre au-delà des transformations strictement économiques. Dans ce contexte, le programme-cadre Horizon 2020 soutiendra un large éventail d’activités allant de la recherche fondamentale à la mise sur le marché de nouveaux produits, au développement de nouveaux processus et de nouveaux systèmes et services y compris en matière d’innovation sociale. La conception d’Horizon 2020 reflète une évolution marquée du modèle de financement traditionnel, qui favorise une approche fortement pluridisciplinaire encourageant des interactions entre les différents secteurs et filières technologiques et la diversification des modes d’intervention.

La recherche partenariale, en France et ailleurs : des paysages en évolution constante

Par Sacha KALLENBACH
Inspectrice générale de l’Administration de l’Éducation nationale et de la Recherche

et Joël JACQUET
Professeur à Supélec, directeur Scientifique de Captoor

L’innovation joue un rôle important dans la compétitivité des entreprises, c’est la raison pour laquelle les États stimulent le partage de la recherche avec les entreprises. Cela permet d’accélérer la traduction des avancées réalisées dans les connaissances en de nouveaux produits. À l’instar d’autres pays, la France a, au cours de ces dernières années, mis en place de nombreux dispositifs visant à rapprocher le monde académique des entreprises en vue de développer la recherche partenariale.

Les aides à l’innovation et la recherche partenariale au Royaume-Uni

Par Cyrille VAN EFFENTERRE
Conseiller pour la Science et la Technologie – Ambassade de France au Royaume-Uni

Le Royaume-Uni dispose d’une recherche académique d’excellence mondiale et se classe en deuxième position derrière l’Allemagne pour la part des crédits alloués au titre du 7e Programme-Cadre européen de Recherche et Développement. Et, en 2011, le financement privé de la R&D s’est établi en Grande Bretagne à 17,4 milliards de livres. Par tradition, le monde académique britannique n’est pas très porté sur la recherche appliquée. Cependant, depuis une dizaine d’années, un effort conséquent a été consacré par les pouvoirs publics aux relations universités/entreprises avec pour objectif de faciliter le passage des technologies clés du laboratoire vers le marché. Sous l’effet de cet effort et de la création récente d’un crédit impôt recherche des résultats sont déjà perceptibles en la matière.

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